Des envies pour se rapprocher d'Hachem



Pendant de longues années, le papa de Daniel lui avait tout donné, absolument tout ce qu'il désirait. L'amour qu'il ressentait pour son fils était si grand qu'il refusait qu'une seule chose puisse manquer à Daniel. C'est pour cela que l'enfant fut élevé en étant gâté, très gâté.

Pourtant, au fil des années, le papa de Daniel constata avec effroi que son fils ne réalisait pas à quel point il l'aimait. En fait, l'ingratitude se faisait de plus en plus fréquente et tout ce qui était donné comme cadeau par l'un était reçu par l'autre comme un dû. La tournure que prenait la relation qu'il avait avec son fils rendait son père de plus en plus aigri et dépité.

Un jour, le papa de Daniel eut une idée géniale.

Plutôt que tout donner par avance à son fils, le papa ferait dorénavant en sorte que ce soit Daniel qui se rende compte qu'il devait se tourner vers son père pour lui demander ce dont il avait besoin. À compter de ce jour, le papa agirait toujours avec autant d'amour, mais avec plus de finesse et d'intelligence.

Arriva la fin de l'automne, l'époque ou habituellement, le papa de Daniel l'amenait dans les grands magasins afin de lui acheter les vêtements dont il aurait besoin pour l'hiver. Cette fois-ci, son papa fit seulement savoir à Daniel qu'il se rendait dans les grands magasins et il lui demanda s'il était intéressé à l'accompagner. Avec joie – et en pensant aux cadeaux qu'il pourrait recevoir – Daniel accepta immédiatement.

Pourtant, après être entré dans plusieurs magasins, Daniel constata que son père s'était acheté ce qu'il désirait, mais qu'il l'avait oublié. Surpris, Daniel ne dit rien et les deux rentrèrent chez eux main dans la main.

Quelques jours plus tard, le père de Daniel lui dit qu'il devait aller dans un centre commercial pour y faire quelques achats. Sans même que son père lui demanda s'il voulait qu'il l'accompagne, Daniel se proposa pour venir et son père accepta avec joie.

Cette fois-ci encore, le même scénario se reproduisit. Le père fit ses achats sans rien proposer à son fils et en fin de journée, les deux rentrèrent à la maison : le fils encore plus étonné que la fois précédente et le père encore plus heureux de son coup.

Les jours se suivirent et Daniel semblait vivre dans un autre monde. Voilà que son père se comportait comme s'il avait besoin de rien, lui qui pourtant, lui avait toujours donné une multitude de cadeaux.

Étant par nature intelligent, Daniel commença à réaliser qu'il devait sans doute demander à son père s'il pouvait lui acheter de nouveaux vêtements, de nouveaux livres... En d'autres mots : Daniel réalisa qu'il devait faire part de ce qu'il manquait à celui qui pouvait combler ses manques.

Ainsi, avec une extrême gentillesse, Daniel faisait part de ses besoins à son père, qui les comblait rapidement. En fin de compte, Daniel avait appris que rien ne doit être pris pour un dû et il commença à découvrir l'importance de la gratitude, des remerciements et des louanges faites à son bienfaiteur.

Hachem se comporte de la même façon avec nous. Lorsqu'il désire nous faire prendre conscience de l'amour que nous devons porter à Son égard, Il fait naître en nous un manque : l'envie de manger une glace, de s'acheter une nouvelle paire de chaussures...

Si nous faisons preuve d'intelligence – à l'image de Daniel – nous prenons conscience que cette envie est envoyée du Ciel et que son objectif consiste à nous mettre à l'épreuve. Allons-nous nous tourner vers le Créateur du monde ou L'ignorerons-nous pour courir seulement après l'argent dont nous avons besoin ?

Si la moindre de nos envies – et les plus grandes à plus forte raison – sont l'objet de prières longues et douces de notre part, alors nous réussissons le test. Si nous pleurons Hachem pour qu'Il nous accorde ce qui nous manque – tout ce qui nous manque – alors chaque envie sera une merveilleuse occasion de nous rapprocher de notre Créateur.

Si nous prenons le temps de réaliser que nos envies ne sont pas réellement les nôtres mais qu'elles sont envoyées du Ciel comme signe d'amour de la part d'Hachem, alors nous serons rempli de joie. Une joie qui ne fera qu'augmenter lorsque nous réalisons qu'aux yeux du Maître du monde nous sommes suffisamment important pour qu'Il puisse s'occuper de nous et s'intéresser à notre sort.

Quelle joie de savoir qu'Hachem pose Ses yeux sur moi ! Quel plaisir de savoir qu'à chaque instant, Hachem peut m'envoyer un message céleste sous la forme d'une envie et que celle-ci me permet de me rapprocher de Lui si je réagis comme il se doit !

Aussi petit je peux être à mes yeux, aussi grand je peux l'être aux yeux du Maître du monde !