Le doute dans notre relation avec Hachem

Il arrive à tout le monde de douter : à propos de son avenir professionnel, de sa santé, de l'avenir de ses enfants... L'incertitude fait partie intégrante de la vie et désirer la proscrire à tout jamais est bien futile. Pourtant, lorsque le doute envahit notre relation avec le Créateur du monde, nous devons adopter une attitude spécifique dont l'objectif consiste à nous renforcer dans notre emouna (foi) et à rejeter d'un revers de main notre perplexité.

Le doute : une arme insidieuse

Dans les différentes facettes de notre vie, le doute est souvent à l'origine d'une réflexion sérieuse à propos d'un sujet qui nous tient à cœur. Ainsi, lorsque nous constatons que les choses ne vont pas dans la meilleure direction dans un domaine précis de notre vie, nous faisons souvent bien de remettre en question notre comportement et notre façon de raisonner en la matière. Bien prétentieuse est la personne qui se considère parfaite et au-delà de la critique.

Les interrogations, les échanges d'idées, les discussions et la réflexion que tout cela entraîne consiste le processus habituel des améliorations dans notre quotidien et dans les rapports que nous entretenons : avec les personnes et avec la matière. C'est pour cette raison que le doute doit être considéré comme positif : de lui sort la solution, la disparition des tensions et toutes autres sortes de conflits. À l'exception du doute qui s'installe en une personne et qui ne désire pas en partir – ce qui met celle-ci dans une situation dangereuse – notre indécision est le meilleur terreau de notre évolution en ce monde.

Pourtant, dans le domaine spirituel, le doute ressemble à une arme sournoise qu'utilise le mauvais penchant pour nous miner. C'est pour cette raison qu'à chaque fois que le doute entre en nous et s'impose dans notre relation avec Hachem, nous devons tout simplement l'ignorer et faire comme si de rien n'était. Même si cette attitude peut nous surprendre, elle est la meilleure pour ne pas tomber dans le piège que les forces du mal nous tendent.

La personne qui ignorerait notre conseil et chercherait plutôt à mener la vie dure au doute se retrouverait en fait devant un opposant bien plus puissant qu'elle et dont les forces dépassent largement ce qu'un être humain peut posséder sous forme de courage, de persistance ou de témérité. La réalité ne peut pas être ignorée : mieux vaut éviter d'affronter les forces du mal d'une façon frontale car le plus souvent, cela est la recette d'un échec annoncé et quasi-certain.

Ce que nous disons à propos des forces du mal en général mérite d'être détaillé en ce qui concerne le doute. Une des raisons qui rend l'affrontement direct indésirable face au doute et que celui-ci peut s'installer d'une façon persistante et discrète dans de nombreux aspects de notre relation avec le Divin. Les questionnements sans réponses, les interrogations qui restent insolubles et les réflexions dont le caractère négatif est évident sont un des aspects sournois qui caractérise le doute. À l'image d'un microbe, si on l'attaque par ici, il s'en va par là et en fin de compte, on en vient jamais à bout.

L'indifférence entourée de bons conseils

Aussi simple que cela puisse paraître, nous devons ignorer le doute lorsqu'il nous amène à nous poser des questions sur Hachem et la façon dont nous Le servons. Le jour où l'on comprend que le doute est ni plus ni moins une attaque contre notre personne menée par les forces du mal, nous pouvons plus facilement le considérer sous son véritable angle : une force remplie d'air et dont la seule existence consiste à nous détourner du rapprochement avec le Divin.

Pour autant, la réplique ne saurait tarder : ne revient-il pas à mener une vie d'idiot que de ne pas vouloir affronter le doute ? Ne court-on pas le risque de laisser échapper les questionnements fondamentaux qui touchent notre vie en ignorant le doute ? Dit plus simplement : n'adoptons-nous pas le comportement de l'autruche à ne pas vouloir affronter la vérité en face ?

La réponse à ces interrogations légitimes viennent avec le temps. L'étude de la Tora, les prières, hitbodedus (la méditation)... sont les éléments essentiels qui apportent leur contribution pour lever le doute : chaque jour, un peu plus et plus profondément. Au fil du temps, les questions trouvent leurs réponses et lorsqu'une interrogation survient – qui semble devoir nous déstabiliser – nous devons toujours adopter la même réaction : celle qui consiste à savoir qu'avec le temps, le voile sera levé, dans la plupart des cas.

Ce parcours spirituel pourrait ressembler difficile, voire infranchissable si nous ne rajoutions pas un conseil essentiel : celui de trouver le Rav qui pourra répondre à nos questions et nous aider à continuer à avancer sur notre chemin spirituel. Le Rav est la personne-clé de notre relation avec le Maître du monde. Ce n'est évidement pas le Rav qui doit faire notre travail, mais c'est lui qui nous conseille, nous rassure et nous aide... à ne pas tourner en bourrique.

Disons le franchement : la personne qui reste plus d'une dizaine de jours sans être en contact avec son Rav se trouve dans la plupart des cas dans une situation périlleuse. Cela peut être comparé à un élève à qui le maître manque : l'évolution de son savoir possède toutes les chances de stagner ou même de régresser. En étant coupé de son Rav, une personne se détache de la source principale de son nourrissement spirituel.

Qu'on ne s'y méprenne pas : l'étude basée sur les livres est certainement un élément incontournable de notre relation avec le Créateur. Pourtant, qui peut nous garantir que nous avons bien compris ce que nous avons lu ? Qui peut nous conseiller les prochaines lectures à faire, en tenant compte de qui nous sommes, de notre force et de nos faiblesses ? Qui peut relever les erreurs de compréhension et de comportement qui peuvent apparaître avec le temps ? Quelle est la personne plus instruite, plus érudite et souvent plus intelligente que nous sur laquelle nous pouvons avoir confiance ? La réponse à ces questions est la même : c'est notre Rav qui nous soutient, nous guide et nous permet d'éviter des erreurs qui peuvent avoir des graves conséquences.

En conclusion

La joie est essentielle à notre progression spirituelle. En son absence, ce sont tous nos efforts et notre espoir qui sont remis en question. C'est pour cette raison que le doute doit être ignoré, sous peine de nous rendre la vie misérable. Notre volonté à combattre le doute – dans notre Service divin – doit consister à l'ignorer, sous peine de nous forcer à mener une lutte épuisante et sans fin.

À l'image du bûcheron qui ne se décourage pas devant l'arbre centenaire qu'il doit abattre et qui continue à frapper avec sa hache en sachant que tôt ou tard, il parviendra à sa fin, nous devons chaque jour mener un combat face aux forces du mal : quelques fois d'une façon frontale et d'autre fois d'une façon plus subtile. Dans tous les cas, nous devons être persuadé que notre objectif reste le même : nous rapprocher chaque jour un peu plus d'Hachem. Nous devons également jamais oublier que nous pouvons atteindre cet objectif ; en fait, savoir cela est sans doute le facteur déterminant dans le sentiment de joie qui ne doit jamais nous quitter. 

Nous le répéterons jamais assez : les deux raisons principales pour lesquelles nous sommes éloigné d'Hachem sont le manque de joie et l'absence d'un Rav digne de ce nom pour nous conseiller dans le domaine du Service divin. 

Pour finir, je souhaite à chaque d'entre vous de ne pas tomber dans le piège du doute ; cela commence par ne pas lui accorder une place déterminante dans votre vie. Plus vous penserez à Hachem et moins vous prêterez attention aux appels funestes des forces du mal, plus vous ressemblerez au funambule qui marche haut perché : vous serez loin des vicissitudes de ce monde et de plus en plus proche de votre racine sainte.