"Je suis né aujourd'hui !" (12)


(Ceci est la suite du livre "Le Renouveau" du Rav Besançon. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

L’œuf 

Parmi les Lois des fêtes : un œuf qui fut pondu pendant la fête, les Sages arguent à savoir s'il est consommable le jour même ou non. La raison : puisqu'il est né maintenant, il ne pouvait pas être prévu et donc appartient à la catégorie des objets confinés dits « mouqtsé. » Le propriétaire les ayant écartés de son esprit, on ne peut ni de les consommer ni les manipuler. Le Talmud rapporte alors au nom de Rav Na'hman qu'il s'agit sûrement d'une poule pondeuse et que les Sages qui soutiennent la thèse du confinement admettent également qu'un nouveau-né soit écarté.

À travers cette courte controverse légaliste se dessine une idée profonde qui va résumer tout ce dont nous parlions dans ce livre : la poule pondeuse, c'est l'esprit maternel qui amène un embryon au stade de naissance. Cela représente la Sagesse qui permet de sortir de sa coquille et de naître à la vie... Cette sagesse, c'est de savoir se renouveler : seuls ceux qui confinent et retranchent de leur esprit de manière catégorique : leur passé, leur passif, leurs hantises... seuls ceux-là pourront renaître, se refaire car, qui soutient la thèse du confinement, en écartant énergiquemet de sa pensée toute idée obsédante, celui-ci admet le renouveau, il se voit lui-même comme un nouveau-né et en devient effectivement un !

Renouveau 

La capacité de remettre son compteur à zéro et de recommencer tout de suite une nouvelle vie, comme si nous venions de naître à l'instant, c'est la qualité principale de Messie à qui D-ieu dira, le jour de son avènement : « Tu es Mon fils, Je t'ai engendré aujourd'hui ! »

L'âme du Messie fut créé bien avant notre monde, car le remère précède toujours la plaie. Attendant que sonne l'heure de se révéler, son souffle qui plane au-dessu des eux nous accompagne silencieusement dans tous nos périples.

Après les millénaires de tribulations que cette âme a subies, elle recevra soudain une telle charge d'illumination que le temps passé lui semblera dérisoire, inexistant, tout comme si elle venait de naître à l'instant.

Depuis le début, jusqu'à la fin des temps, toute personne qui se renouvelle tourne la page, renaît à l'instant, sans tenir compte des succès ni des aléas précédents ; cette personne s'attache à l'âme du Messie dont elle reçoit une partie du génie. C'est ce qui va lui permettre de se régénérer, de guérir, de se racheter.

C'est pourquoi le gentil qui se convertit est aussi immaculé que le petit enfant qui vient de naître.

À plus forte raison le fils ou la fille d'Israël, égarés, qui mettant de côté rancune et bouderie, il ou elle décide de faire un premier pas vers son Père : ils se sont renouvelés, tout leur est pardonné !

 Amis lecteurs, cette idée représente la plus puissante des perches. Elle peut tout rétablir.

Elle émane en direct du Machia'h lui-même, lui qui s'exprime par la bouche des Sages, au cours des temps, en nous disant sous mille formes : « Courage ! »

Un coup de vieux : Pourquoi essayer ecore une fois de me débarrasser de telle ou telle manie, si c'est pour retomber encore de plus belle ?

Réponse : le premier et le second Temple de Jérusalem furent construits malgré la certitude qu'avaient les prophètes qu'ils ne dureraient pas indéfiniment. Malgré cela, nos visionnaires comprirent que les forces que notre Peuple en retirerait lui permettraient de tenir jusqu'au troisième Temple, celui qui durera éternellement !

Dans la vie de tous les jours, c'est la même chose. Ça vaut bien la peine d'essayer encore, même si l'on est presque sûr de retomber encore... Car la durée de cet essai nous donnera la force de tenir jusqu'au prochain répit et ainsi d'enchaîner jusqu'au jour aussi glorieux qu'imprévu, où les chaînes de la mauvaise manie se volatilliseront, comme si elles n'avaient jamais existé et nous en serons libérés !

Il est interdit d'être vieux : c'est-à-dire de se croire fumeur, menteur ou goinfre invétéré ! Tout peut arriver et, un beau matin, vous sortez libéré, après des années où vous vous croyiez condamnés au vice à perpétuité. Le meilleur moyen d'attendre et de préaprer ce jour, c'est d'essayer, sans se soucier si ça tient ou non. Car en vrai, c'est cet essai cumulé à mille autres qui vous donnera un jour le mérite d'arrêter.

Suite...

Rav Israël Yits'haq Besançon, Le Renouveau