Bnei Noa'h : prier devant des photos


« Cher David-Yits'haq, en tant que Ben Noa'h, je me suis créé un espace à la maison pour pratiquer l'hitbodedout (parler à D-ieu). J'ai placé sur une table : de l'encens, des fleurs, une bougie. Ma question est la suivante : est-il autorisé de placer une photo d'un sage décisionnaire : Rabbi de Loubavitch, Rabbi Nahman de Breslev... ou est-ce considéré comme de l'idolâtrie ? Cordial Shalom. » David, Belgique

David,

Il est certain que la nature de votre intention en posant ces photos sur votre table est importante. Si vous désirez prier les personnes qui sont représentées sur les photos, cela est bien sûr interdit car, dans ce cas, il s'agirait d'idolâtrie.

D'autre part, si votre intention consiste seulement à vous aider à vous sentir plus inspiré pendant que vous parlez à Hachem, cela ne pose pas de problème. De fait, même pendant votre prière, les photos de ces grands rabbins ne doivent pas forcément être enlevées. Par exemple : elles pourraient être posées légèrement sur votre gauche et-ou votre droite et vous pourriez les regarder en tournant votre visage vers elle (mais en faisant attention à ne pas tourner tout votre corps). Pendant les quelques secondes où vous les regarderiez, il faudrait faire attention à interrompre votre prière et seulement penser. Tout cela dans le but d'être certain que vous ne priez pas – ni donnez l'impression à d'autres personnes que vous priez – ces personnes.

Parler à D-ieu, dans notre langue maternelle, est une activité essentielle de notre relation avec le Créateur et je suis ravi de savoir que vous la pratiquez. Idéalement, il n'y a pas un seul jour où ne devrions pas nous adresser directement à Hachem, y compris les jours où nous n'en ressentons pas forcément le besoin.

En parlant à D-ieu, nous ne devons pas oublier de Le remercier pour les nombreux bienfaits qu'Il nous envoie. Il est de notre responsabilité de ne pas être ingrat à Son égard. De fait, si nous ne montrons pas un véritable intérêt à relever le Bien qui nous touche chaque jour de notre vie, pour quelle raison le Maître du monde devrait-Il continuer à nous l'envoyer ?

Après avoir remercié D-ieu, nous pouvons évidemment formuler nos nombreuses demandes : dans le domaine matériel, mais également dans le domaine spirituel. S'il n'y a aucun mal à demander un meilleur salaire, les moyens pour acheter un nouveau véhicule automobile... il est également conseillé de demander une plus grande intelligence, présence d'esprit, un plus grand désir de vouloir nous rapprocher du Divin...

Je dois également vous dire que je trouve très précieux votre intérêt dans la recherche de la vérité et de ce qui est autorisé ou bon à faire et ce qui ne l'est pas. Trop souvent, nous pensons que nous pouvons servir D-ieu comme nous le désirons et quand nous le désirons.

La vérité est que le Maître du monde nous a montré le chemin en nous donnant la Tora et que nous devons nous servir de ce merveilleux enseignement si nous désirons nous rapprocher du Divin. En aucun cas, cela signifie que nous devons devenir des ordinateurs, sans sentiments ni cœur. Plutôt, c'est exactement l'opposé que nous devons essayer d'être.

Le fait est que c'est notre cœur que désire avant tout le Créateur. Si notre cœur est loin de Lui – que D-ieu nous préserve – pouvons-nous réellement penser qu'Il prendra beaucoup de plaisir à notre façon de Le servir ? Par contre, même si nous le servons d'une façon qui n'est pas parfaite, mais que nous désirons – du fond du cœur – bien faire, nos petites erreurs seront pardonnées sans difficulté.

C'est ainsi que d'une part, nous devons chercher à savoir ce qui est permis et bien à faire (c'est exactement ce que vous faites en posant vos questions) et d'autre part prier sans fin pour que notre cœur puisse continuer à vouloir servir notre Créateur.

Existe-t-il une seule chose plus importante en ce monde que celle-ci ?

David-Yits'haq Trauttman