L'orgueil de nos mains (9)


(Ceci est la suite du livre "Le Renouveau" du Rav Besançon. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

Ne tirez pas sur l'ambulance !

Comment pourrait-on critiquer les messagers qui se dévouent corps et âme pour faire connaître Rabbi Na'hman aux quatre coins du globe ? S'ils dansent dans les rues, il y a de quoi les admirer : ils apportent de la joie aux gens et, à ce titre, ils ont sûrement part au Monde Futur !

Mais si vous voulez comprendre le secret de leur audace, écoutez donc cette parabole :

Il y avait un musicien qui jouait une mélodie si merveilleuse que ceux qui l'écoutaient en transe et gesticulaient, tant leur joie débordait.. Or, les passants qui regardaient de loin et n'entendaient pas la mélodie, grinçaient entre eux : « Tu as vu ces fous qui dansent dans la rue ? »

*** 

Il existe des crises que l'on peut guère surmonter qu'avec une certaine dose de folie. Pantomimes, grimaces, gesticulations, onomatopées... tout ceux-ci et d'autres encore, composent la panoplie du sage qui fait la bête, pour ne pas en devenir une.

7. La Puissance de mes Mains 

Avez-vous remarqué combien certains riches et certains puissants, combien tous les malins et les gros bras semblent parfois si lourdement accablés ?

S'imaginant que leur réussite est due à leur mérite, à leur ruse ou à leur force, pensée qui se traduit par la tirade biblique : « Ma force et la puissance de mes mains m'ont valu tous ces exploits ! » N'ayant de recours qu'à eux-mêmes, ils s'enfoncent jour après jour dans des appréhensions : le riche tremble du manque, le fort soupçonne un traquenard, le rusé se méfie de la violence, contre laquelle ses combines s'avéreraient stériles.

Comme résultat, leurs jours se passent dans de folles courses et leurs nuits dans l'insomnie. Tel est le revers de ceux qui ne comptent que sur eux-mêmes.

Nous vivons la période post-moderne dans laquelle le démon semble dominer : en se mondialisant, les hommes ont mis au point un système qui prétent aplanir les niveaux mais ne fait que généraloiser les plaies. Ainsi, la fièvre de la bource qui ne frappait jadis que les plus argentés s'est ajourd'hui fort répandue et chacun, jusqu'au plus fauché, peut à sa guise glisser vers les sites de la fièvre boursière pour y puiser son pesant d'inquiétude...

Aux angoissées de la généralisation : ce n'est pas Wall Street qui nous nourrit ! Ce n'est pas la finance qui nous soutient ! Ce ne sont pas nos talents qui font tous ces exploits, mais seulement l'Énergie Infinie en qui nos sommes et qui est en nous, qui alimente et entretient à chaque seconde chacune de nos cellules et répartit ses émanations, suivant une infinie sagesse.

Sommes-nous moins méritants que nos amies les bêtes ? La bonté infinie s'étend à toutes les créatures, nonobstant leur valeur morale ou autre. Alors, pourquoi se frapper ?

L'air est gratuit, l'eau n'est presque pas payante et le pain, pourtant si vital, demeure l'une des denrées les moins coûteuses...

Voulez-vous savoir pourquoi ? Voulez-vous comprendre pourquoi, plus nous nous dirigeons vers le futile et le luxe, plus le prix monte, jusqu'aux produits de snob appeal qui atteignent des côtes faramineuses ?

Il y a là une leçon de choses. Le pain pourrait être aussi gratuit que l'air et le diamant aussi courant que la pomme de terre : il n'y a ni limite, ni mesure au pouvoir du Créateur. S'Il a décidé, dans Son immense sagesse, de faire varier les cours des produits, conférant ainsi une certaine valeur aux choses nécessaires, ce n'est pas que pour nous éprouver. Pour vois si nous sommes prêts a céder au piège de l'anxiété.

Ou bien, si de manière plus relaxe nous allons nous en remettre à Celui qui assure ozone et oxygène, neutrons, protons et encore plus infime, tant qu'Il désire les maintenir en vie !

Allô ! La vieille guimbarde touche à ses derniers soupirs. Encore quelques instants et ce sera son hoquet final. Comme un télécarte qui, après avoir craché sa dernière unité, ne vaut guère que son poids de plastique, le vieux monde va bientôt s'effondrer.

Durant ses derniers soubresauts, il s'acharne comme un effréné à maintenir son épate : ne nous y laissons pas abuser, de crainte de sombrer dans le cinquantième des cachots : l'argent.

Si nous n'avons pas l'audace de résilier nos cartes bancaires, au moins renforçons notre cœur dans le sens lumineux de la confiance et de la foi : mon Père, ce multiilliardaire, n'a besoin ni d'un cartonnet, ni de rien d'autre pour me soutenir !

Voici, à cet effet un bon excercice : chaque fois que se produira une galère financière souvenns-nous qu'il s'agit d'un apprentissage de confiance : D-ieu aurait très bien pu nous éviter ce revers. Mais alors, sur quel tremplin aurions-nous donc élancés les sentiments de confiance et d'assurance que nous devons coûte que coûte développer ?

À suivre...

Rav Israël Yits'haq Besançon, Le Renouveau