Tomber ? Pour mieux s'élever ! (7)


(Ceci est la suite du livre "Le Renouveau" du Rav Besançon. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

Équipés de cette idée, nous nous remonterons sans cesse et les rechutes nous apparaîtront comme des phases nécessaires, bien moins lamentables qu'elles n'en avaient l'air sous l'effet du choc.

Lors de sa terrible épreuve, la triple répétition, le secret de la lutte, viennent d'être rappelés à Yossef. Par la musique, l'air de la situation. Il a su capter cet air pour renforcer son refus. Il a su entendre, au fond de lui, la voix du Juste murmurer : « Et même si tu te sentais faiblir et même si tu faiblissais... reprends-toi promptement ! Regarde l'avenir : tu vas réussir. » 

Si vous objectiez : pourquoi donc parler de chute, puisque Yossef n'a pas chuté ?

Voici quelle serait notre réponse : il est bien évident que durant toute une année de lutte, malgré toute son intégrité, le jeune homme a eu des passages à vide, à son niveau, des sortes de crises.

Pour quelqu'un de sa valeur, ces creux sont aussi vexants que pour nous, les pires rechutes !

S'il s'en était offusqué, s'il s'était affligé de ses petits revers, il aurait craqué complètement.

Fort est le lutteur qui ne compte pas les coups qu'il reçoit mais ne s'occupe que de ceux qu'il donne. 

Parvenu au point culminant de l'épreuve, ce principe revêt toute sa force : prêt à céder, Yossef se ressaisit en plein effondrement...

Courage ! 
Courage ! Courage ! 
Force et grand courage ! 
Gagnera, qui se donnera du cran ! 
(Extrait du livre « Yossef ».) 

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5. Échelles

Une règle d'or par rapport aux tentations : « Nulle épreuve n'est envoyée à une personne, sans qu'elle possède au préalable, les moyens de la surmonter. »

Face à une difficulté, un test, une énigme, le croyant qui accepte ce principe sait d'avance qu'il lui est possible de surmonter l'obstacle qui se présente à lui ; la certitude d'être à la hauteur de son épreuve fait partie de sa confiance en D-ieu. Comment, D-ieu qui connaît parfaitement es forces, pourrait-Il m'accabler de surcharge ? Je suis sûrement à la hauteur !

Ceci lui confère une énergie supérieure : il n'est pas intimidé par une exigence qui lui semblerait insurmontable et ceci représente en soi une bonne partie de son pouvoir. Ce qui lui reste à faire, c'est d'employer ses moyens – ceux qui lui sont connus, tangibles, accessibles – sinon de chercher dans des appuis possibles autour de lui, ou encore de sonder ses puissances cachées ou même, à défaut, de les « inventer »...

Toute la différence entre un vrai fort et un faux faible réside dans la confiance en son pouvoir (à défaut de ce pouvoir, l'épreuve ne lui serait pas arrivée), confiance qui découle de l'axiome que nous avons énoncé plus haut. À nous de l'accepter, à lui de nous renforcer.

Puisqu'en découvrant, grâce à son épreuve, des forces intérieures qui lui étaient cachées, l'homme a réussi à s'élever, il a créé ainsi un « barreau » qui s'ajoutera sur cette échelle dont les pieds sont plantés sur terre et dont le sommet touche le Ciel.

*** 

Un ami me fit un jour remarquer que certaines personnes lui semblent tant écrasées sous le poids de leurs épreuves, que l'on aurait peine à appliquer à leur situation : « Nulle épreuve n'est envoyée à une personne, sans qu'elle possède au préalable, les moyens de la surmonter. » 

Me souvenant alors de ce que professait mon maître : « Il ne nous est pas tant tenu rigueur pour nos infractions, que pour avoir fait la sourde oreille aux avertissements qui nous furent lancés, avant que nous ne sombrions dans l'erreur puis dans le déséquilibre qu'elle déclenche! »

Je pus ainsi répondre à mon ami : « Bien avant qu'une personne ne sombre dans le "cas de force majeure", ce qui lui causerait une sorte de panique, bien avant cela, des perches lui sont tendues, des appels des signes... Si elle prête attention à ceux-ci, elle pourra être sauvée de façon souvent simple et facile. Si elle les ignore, elle s'engage dans un processus beaucoup plus complexe qui peut parfois lui donner l'impression que son épreuve la subjugue. Mais en remontant un peu dans le temps, nous retrouverions ces signes qui prouveraient le bien fondé de notre règle. »

*** 

Bien qu'une valeur intrinsèque soit reconnue à tout effort vers le bien, un certain coefficient agit cependant sur la qualité finale : le facteur labeur. Le prophète Élie révéla à ce propos qu'une heure de Tora dans l'effort valait cent heures dans la facilité et le confort !

À ce propos, Rabbi Na'hman affirma qu'un adolescent pouvait accomplir en quelques instants d'efforts, les progrès qu'un homme adulte ne pouvait atteindre qu'en plusieurs années !

Suite...

Rav Israël Yits'haq Besançon, Le Renouveau