Jérusalem, mon amour (10)


(Ceci est la suite du livre "Le Renouveau" du Rav Besançon. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

Il en va de même pour la gourmandise, la boulimie, la tabagie... Ces maux qui affligent tant de gens jusqu'à produire des névroses, découlent de ceci : nous pensons survivre grâce à nos efforts et ne dépendre que des causes immédiates. D'où la dépendance aux drogues de toutes sortes : de l'aspirine à l'héroïne, en passant par la caféine ; tout est bon qui comble le vide et arrache à lincapacité.

Mais la vérité est très distante de cela. Nous vivons par la volonté de D-ieu, Lui qui insuffle, qui fait être, qui anime et qui alimente... les aliments. Il décide très précisément qui nourrir, où, quand et comment, car tout est en Lui et Il est en tout.

Ainsi, lorsque le croyant va pour rompre son pain, ayant préalablement purifié ses dix doigts des illusions « travaillistes », au moyen du récipient Divin qu'est le foi simple et en y versant les eaux régénératrices, il se concentre. Il éveille son cœur puis élève son chant : « Loué sois-Tu, Éternel, notre Seigneur, Roi de l'univers, Celui qui fait sortir le pain de la terre ! »

Au même moment, se produit un miracle encore plus superbe que la germination : l'âme du pain sort de sa prison farineuse et vient s'unir à celle du fidèle pour le vitaliser, le renforcer, l'illuminer.

Ceux qui répandront cette pensée, cette mentalité seront les messagers de la consolation. Les disciples de Rabbi Na'hman, ses sympathisants, sentent combien cette idée console, en nous faisant sortir des bagnes de la matière.

À titre de reconnaissance, on voudrait ne faire que cela : répandre soulagement, espoir, lumière... 

Alors, à quand ce bus de dingos, couvert de stickers étoilés, bariolé de slogans optimistes et rutilant de joie ? Il ferait le tour des villes pour répandre le message de demain. Mamans et bambins revivraient en le rencontrant dans leur quartier. Tiens, voilà les vrais allumés !

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8. Jérusalem que j'aime 

Suivant notre comportement d'ici-bas, nous provoquons des enchaînements dans les degrés supérieurs : lorsque nous accomplissons des faits positifs, nous engendrons le bonheur et la bénédiction dans tous les univers ; si nous faisions le contraire, nous causerions le voilement des lumières, des énergies célestes.

Ainsi, tout autant que pudeur, abnégation et frugalité construisent dans le Ciel une glorieuse métropole nommée la « Jérusalem Céleste. » Inversement : luxure, lucre et voracité sapent les remparts de cette même Cité.

Ainsi, suivant les faits humains, la capitale idéale se construit et se détruit au cours des siècles, jusqu'à ce qu'elle s'élève enfin, souveraine et définitive, à la fin des temps... Yéroushalaïm, Yira Shalem : la crainte parfaite ! (La Crainte est le sentiment de retenue que nous éprouvons envers toutes pensées, paroles ou actions qui pourraient compromettre notre amour, notre attachement, notre relation idéale avec le Divin.)

C'est à cela que le Talmud fait allusion en disant : « La nuit se divise en trois gardes. On y entend tour à tour : un âne braire, un chien aboyer, un bébé téter sa mère et des époux deviser ensemble... » 

Ces trois allégories correspondent respectivement aux trois ingrédients qui composent l'obscurité mentale, la nuit du cœur : soif du lucre, gloutonnerie et frivolité. Ce sont ces trois tendances qui ruinent la cité en sapant la notion de respect !

La Jérusalem rêvée qui, au-delà d'un site représente avant tout un idéal mystique – l'indépendance de l'esprit, par rapport aux appétits terrestres – et c'est vers cette reconstruction que convergent toutes nos aspirations et toutes nos prières.

Or, la situation géographique de la Jérusalem céleste correspond sans nul doute à la Jérusalem terrestre et d'ici la passion que le Peuple juif éprouve pour ses pierres. D'ici aussi la rage que les nations nourrissent envers tant de fidélité...

Mais ces grincheux ne sont que des ombres ; ils nous faut surmmonter nos trois barrières à nous, sans trop nous occuper des pantins. À nous de rebâtir notre ville adorée avec des éléments éternels !

Pour reconstruire Jérusalem, nos Maîtres nous ont légué le secret : briser la nuit ! Rompre cette obscurité que formaient les trois volets cités plus haut et qui voile la splendeur de la Cité céleste. 

Pratiquement cela signifie : briser son sommeil, se lever au milieu de la nuit, se purifier, allumer une bougie si possible, s'asseoir à terre et chercher son cœur.

Divine mélodie : minuit, nous dit le Zohar, c'est D-ieu Lui-même, habillé dans le temps...

Suite...

Rav Israël Yits'haq Besançon, Le Renouveau