Penser à la mort


Lors d'un évènement poignant, la pensée que nous sommes mortels peut surgir est sembler devoir rester indéfiniment en nous. Le plus souvent, cela arrive lors d'un décès dans la famille, un proche hospitalisé, un accident...

En admettant l'importance de la joie dans notre service de D-ieu, une telle pensée n'est-elle pas un obstacle à cet objectif ? En d'autres termes, la pensée de la mort peut-elle nous laisser dans un état d'esprit positif ?

Il est difficile de répondre à cette question car chacun et chacune d'entre nous réagit d'une façon différente face à la mort. Pour autant, en utilisant un indicateur unique, il est sans doute possible de nous rendre compte si la pensée de la mort doit être combattue, acceptée, ou souhaitée.

Lutter ou accepter ?

Cet indicateur est celui que nous pouvons – devons – utiliser fréquemment dans nos gestes quotidiens : nous sentons-nous plus proches de D-ieu en pensant à la mort ? Une telle pensée nous permet-elle de prendre le recul suffisant et nécessaire face aux aléas de la vie de tous les jours et de nous concentrer sur les aspects essentiels de notre court passage dans ce monde ?

Prenons un exemple : Elie a assisté récemment au décès de sa mère. La disparition soudaine de celle-ci l'a laissé dans un désarroi total. Après plusieurs semaines, Elie retrouve tout doucement le chemin du travail, des activités qui étaient les siennes avant cette période douloureuse.

Certes, un sourire semble difficile à esquisser, mais Elie sent que son goût de la vie n'a pas entièrement disparu . De fait, il réalise qu'en pensant à la mort de sa mère, il se concentre plus facilement qu'auparavant sur les choses essentielles de la vie : devenir une meilleure personne, apprécier ses enfants, passer du temps en famille, parler plus souvent à D-ieu...

Quelques mois plus tard, Elie s'est métamorphosé. L'esprit plus reposé, il sait dire non lorsqu'une activité non essentielle se présente à lui. Avant, il n'aurait pas hésité à s'engager dans telle ou telle aventure; maintenant, il apprécie à sa juste valeur les moments passés avec sa femme, ses enfants. Il n'abandonnera pas une partie de cartes avec son fils de cinq ans aussi facilement...

Nous le comprenons, l'attitude d'Elie est celle qu'il faut avoir. La mort d'un être cher lui a permis de prendre conscience que sa propre vie n'est pas éternelle. Si cela nous fait prendre du recul et prendre conscience de l'aspect quelques fois futile de certaines de nos activités, tout est pour le mieux.

Cependant, si la pensée de la mort nous immobilise; si notre fin inévitable nous fait entrer dans un état léthargique... nous pouvons être certains qu'une telle pensée trouve son origine dans notre mauvais penchant dont le seul but est de nous éloigner du Créateur du monde. Dans ce cas, la pensée de la mort doit être combattue avec la dernière énergie.

Je vous souhaite de prendre toutes les opportunités afin de vous rapprocher de D-ieu, même si cela nous peut vous demander de penser à la mort.