Notre regard sur les autres


Nos écrits nous recommandent d'accorder le bénéfice du doute aux personnes qui nous entourent et – le plus souvent – de juger d'une façon favorable ce qui, autrement, aurait pu être considéré comme négatif. Pourtant, la réalité semble toute autre.

Le véritable amour

Les occasions sont nombreuses où nous avons tendance à trouver un aspect négatif dans l'attitude des autres personnes. Une parole mal comprise, un geste mal interprété et notre conclusion est faite : l'intention de l'individu n'était pas pure, un motif ultérieur et peu honorable cache certainement son apparence bon teint…

En agissant de la sorte, nous commettons plusieurs erreurs et fautes. Tout d'abord, il est presque toujours inutile de vouloir nous faire une idée précise des faits et gestes de tout le monde. À quoi cela sert-il vraiment ? Le plus souvent à rien, si ce n'est de satisfaire notre curiosité. Également, nous ne connaissons pas toutes les circonstances de chaque situation et il arrive souvent que ce qui semble suspect soit – en fin de compte – parfaitement dans l'ordre des choses.

Les erreurs que nous commettons vont de paire avec plusieurs fautes. La plus importante est celle qui consiste à transgresser le commandement de juger nos semblables d'une façon favorable. Cela est possible même dans les cas où ce qui a été fait n'est pas forcément positif. La raison en est que chaque personne possède un chemin spécifique pour servir D-ieu et ce qui est répréhensible pour un individu peut être honorable pour un autre.

Chaque personne se situe à un niveau précis et unique. D-ieu Seul connaît ce niveau et peut conséquemment appliquer la Justice divine avec précision sur chaque individu. Quant à nous, il peut nous arriver de penser que nous sommes à un niveau plus élevé que celui qui est réellement le nôtre. D'autre part, nous pouvons penser que nous sommes plus bas que ce qu'il en est vraiment. Dans tous les cas, c'est seulement le Créateur qui sait avec certitude la récompense – ou la punition – qui revient à chacun d'entre nous.

C'est la raison pour laquelle nous devons juger favorablement les autres personnes. Hormis les cas où nous avons un intérêt particulier à être pointilleux – comme dans les cas où nous désirons établir une relation commerciale avec une personne en particulier – nous devons penser que ce que nous avons vu ou entendu peut être interprété d'une façon positive.

Cette attitude correspond au concept d'aimer son prochain. Rien ne sert de devoir aimer la personne qui nous tend un chèque important : le plus souvent, la tâche ne sera pas trop difficile ! Cependant, lorsque nous avons toutes les raisons de penser du mal d'une certaine personne, le Maître du monde nous ordonne de penser autrement.

Les domaines ne manquent dans lesquels ce principe s'avère difficile à mettre en œuvre. Une dispute s'annonce entre deux individus ; si un est d'origine séfarade et que l'autre est achkénaze, une lumière rouge devrait s'éclairer immédiatement en notre esprit : ne jugeons pas la situation en fonction des origines des personnes.

Un autre domaine délicat : la politique. Certains sont pour ce camp, tandis que d'autres sont pour un autre. Le plus important consiste à savoir si chaque camp possède l'appui d'autorités rabbiniques compétentes. Si cela est le cas, les deux camps ont raison : chacun la sienne.

La halakha (loi juive) doit aussi être abordée avec délicatesse : un rabbin permet cela, tandis qu'un autre l'interdit…

La liste d'exemples est longue et les trappes à chaque coin de rue, chaque conversation. Il dépend de nous d'aimer réellement notre prochain et de trouver – constamment et surtout lorsque cela est difficile – un aspect positif à chaque créature de D-ieu. Si nous parvenons à cet exploit, nous aurons amener la construction du troisième et futur Temple de Jérusalem un peu plus proche de nous. Quel miracle !

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben Lara.