L'excitation du départ (1)


(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Eliezer Berland, chelita. Cet article est le troisième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

C'est avec excitation et trépidation que nous commençons maintenant notre voyage [afin de nous rendre sur la tombe de Rabbi Na'hman] et ceci, avec plusieurs milliers d'autres personnes qui viennent des quatre coins du monde. A-t-il déjà existé une telle grande et belle chose ? A-t-on déjà entendu parler d'un évènement semblable ? Cela se déroule après l'existence – pendant une cinquantaine d'années – du mur de Berlin. Pendant toutes ces années, trois générations de véritable Tsadiqim n'ont pas eu la possibilité de se rendre sur le Tsion du Rabbi.

Comment réussir ?

Cependant, nous – qui sommes de la génération des individus appauvris en spiritualité et extrêmement éloignés de la vérité et de la Qédoucha – entreprenons ce voyage ! La raison est que nous sommes les bénéficiaires d'une Compassion divine sans précédent et d'une amplitude qui dépasse l'entendement humain. C'est cette compassion qui nous permet de voyager vers Ouman, vers l'être qui possède une intelligence suprême, une sagesse qui englobe toutes les autres et une âme qui inclut celle des trois patriarches (Avraham, Yits'haq, Ya'aqov).

Une mer déchainée de compassion s'est soudainement déclenchée et avec elle, ce sont la source de Lumière (divine), la compassion, la téchouva (le repentir), la Qedoucha (la Sainteté) et de la Tahara (la pureté) qui nous touchent. Nous nous tenons maintenant prêts à nous immerger dans des eaux infinies de la Qédoucha et de la Tahara qui permettront à chacun des nombreux aspects de notre âme de se renouveler. Grâce à ce renouvellement, il nous sera possible de comprendre de nombreuses choses, dont celle-ci : que le monde physique ne représente réellement rien.

Qui peut nous amener à faire couler des rivières de larmes – jour et nuit – à propos des nombreux jours et années qui sont passés, sans que nous ayons de Tora, de téfila (prière), de téchouva, ni de regrets ? Qui peut nous faire oublier notre attitude habituelle d'arrogance effrontée et de terrible impureté ? Même si nous vivions beaucoup d'années, en ne faisant rien d'autres que nous confesser et pleurer jour et nuit, nous ne parviendrions pas à expier le plus petit de nos péchés.

À plus forte raison pour la totalité de notre vie que nous passons en étant submergés dans les plus grandes profondeurs des forces du mal. « Viens à mon secours, ô D-ieu, car les flots m'ont atteint, menaçant mes jours.» (Psaumes 69:2). « Les eaux ont monté par-dessus ma tête et j'ai dit : 'Je suis perdu !'» (Lamentations 3:54). Il n'existe personne pour nous sauver de toutes nos pensées et soupirs impurs, ni des nombreuses transgressions qui nous assaillent jour et nuit et qui nous laissent aucun espoir d'atteindre la paix intérieure.

Tout notre espoir et notre foi résident en notre capacité de nous rapprocher de la source de la téchouva. Ce concept existait avant la création du monde et c'est pour cela qu'il en représente le cœur et qu'il est même plus élevé que la Tora. Voici ce que nous devrions tous désirer : mériter – grâce à ce voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman – d'atteindre une téchouva véritable, sincère et complète. Nous devons vouloir renouveler chaque aspect de notre âme et ne plus jamais retourner sur les chemins de la folie.

De la sorte, si nos genoux tremblent et que nos yeux s'emplissent de larmes, pouvons-nous penser pour autant voir notre téchouva être acceptée ? Mériterons-nous véritablement d'abandonner à partir de cet instant nos pensées et nos soupirs interdits ? Mériterons-nous à compter de ce jour « de [nous] élever sur la montagne du Seigneur ? [De nous] tenir dans Sa sainte résidence ?» (Téhilim 24:3). Serons-nous comptés parmi ceux « dont les mains sont sans tâche, le cœur pur... » ? Également, mériterons-nous la pureté du cœur, que les eaux de la pureté et de la douceur nous nettoient de notre maladie et de notre souillure ?

Puissions-nous mériter une âme renouvelée, que nos prières soient reçues avec faveur et qu'il nous soit accordé un nouveau départ dans lequel nous commencerons à fermer nos yeux sur ce bas-monde. Que celui-ci ne ternisse plus nos pensées, nos paroles, ni nos actions.


Rav Eliezer Berland, chelita