Être un mari : de la théorie à la pratique

Être un mari : de la théorie à la pratique

Je ne force personne à me lire. Pourtant, si je désirais le faire, la personne avec laquelle j'aurais le plus de difficultés serait sans doute ma femme.

Ma femme est exceptionnelle. Non, vraiment ! Elle supporte de vivre avec moi depuis tellement d'années que je m'étonne toujours de la trouver chez nous lorsque je rentre le soir. Elle aurait tant de raisons de me dire qu'elle a décidé d'aller tenter sa chance ailleurs. Sa patience m'abasourdit.

C'est précisément parce que nous vivons sous le même toit que ma femme éprouve de la réticence à me lire : “À quoi peuvent bien servir ces belles paroles si tu ne les mets pas en pratique ?” ; “Tu es sans doute un beau parleur, mais tu ne m'attraperas pas à ton jeu : je sais parfaitement qui tu es vraiment !” ; “Je te parie que si tes lecteurs et lectrices te connaissaient, ils et elles penseraient de toi autre chose”, etc.

Vous comprenez maintenant mon problème : ma femme trouve bizarre que je puisse écrire de belles choses à propos de D-ieu, mais qu'il me soit si difficile de les appliquer. J'avoue ainsi ma faiblesse : il m'est plus facile de dire ce qu'il faut faire que de le faire moi-même.

Cette différence entre la théorie et la pratique est exactement la raison pour laquelle je ne suis pas un Rav. Un Rav est une personne sur laquelle on peut prendre exemple et s'inspirer pour se rapprocher de D-ieu. Bien sûr, il ne s'agit pas de copier son Rav – la relation de chaque personne avec Hachem est unique, tout comme sa façon de Le servir – mais plus simplement de sentir une envie de laisser libre cours à notre âme chaque fois qu'on le voit.

Vivre avec nos faiblesses

La différence entre ce que nous savons et ce que nous faisons ne devrait jamais faire naître en nous des pensées de découragement. Cette voie-là est celle de la mort spirituelle et nous devons prier constamment pour ne pas nous en approcher et encore moins l'emprunter.

Plutôt, cette différence doit être la raison d'un regain d'énergie : “Moi qui croyais que j'étais presque parfait-e ! Grâce à tes remarques, je sais ce que je dois faire pour m'améliorer” ; “Béni soit D-ieu ! Je pensais être un mari exemplaire et tu viens de m'expliquer que cela n'est pas le cas. Voici autant de raisons pour que je cherche à m'améliorer !”

En toute simplicité, je pense que c'est pour cela qu'Hachem a voulu qu'on se marie : avoir tous les jours en face de nous un miroir fidèle et qu'on ne peut pas tromper. Autrement, il nous faudrait peu de temps pour croire que nous avons déjà atteint les sommets célestes. (Nos enfants aussi sont une aide irremplaçable pour cela.)

Pour revenir à ma femme, ne la plaignez pas trop. Nous vivons dans les plaines de Samarie et son bonheur consiste à parler à D-ieu au milieu des arbres. Ici, la région est superbe et croyez-moi : je lui donne amplement des raisons d'allonger son hitbodédouth tous les jours !