Femmes et hommes : la différence


Il existe une différence fondamentale entre les hommes et les femmes en ce qui concerne l’évaluation de leur propre valeur. L’homme vit au-dehors, entouré de personnes qui l’estiment. S’il étudie la Torah, il apprécie lui-même ce qu’il réalise, à savoir le nombre de pages révisées, les nouveaux commentaires découverts. En somme, il est content de lui.

Même celui qui subvient aux besoins de sa famille est fier de ses activités et de ses réussites. Il a une image positive de lui-même !

Par contre, la femme est focalisée sur sa maison. Personne ne remarque ce qu’elle fait, personne ne l’encense. Elle ne reçoit pas de marques d’honneur après avoir nourri un enfant ou plié du linge. Elle doit apprendre à s’estimer elle-même précisément pour ces actes quotidiens.

De plus, le travail de la femme est une routine qui ne finit jamais. Elle lave un enfant, en un rien de temps, il se salit à nouveau.

Elle lave la vaisselle et voilà déjà une autre pile d’assiettes sales qui l’attend. Elle éduque les enfants sans répit, mais n’a pas le bonheur de goûter immédiatement aux fruits de son labeur.

Elle n’a pas de « feed-back », « de retour sur investissement » !

Personne ne valorise ses besognes de la journée, parfois son mari ne saisit même pas pourquoi arrive-t-elle dans un tel état de fatigue !

Il est communément admis que l’individu reçoit des compliments de ses proches et de ses amis. En vérité, plus il se connaît, moins il recherche l’estime des autres, puisqu’il s’apprécie déjà lui-même.

La femme doit donc « s’auto-édifier » une estime d’elle-même : apprendre à observer les bons moments et ne pas déprécier les petits actes routiniers dont seul D.ieu est témoin.

La femme s’évertue à se montrer patiente et calme envers ses enfants, pourtant, elle n’évalue sa réussite qu’en fin de journée. Si, au moment du coucher, après avoir surmonté beaucoup d’obstacles, elle se met à crier, épuisée, elle éprouvera indubitablement des sentiments de culpabilité. Elle se dira : « Je suis une mauvaise mère ! »

C’est une manière de voir tout à fait erronée !

Au courant de la journée, elle avait de si nombreuses occasions de s’emporter, néanmoins elle s’est contenue, a gardé le silence et a souri. Elle n’a failli qu’en fin de course !

Pourquoi alors occulter toutes les victoires et ne retenir que l’échec ?

La femme doit tenir compte de tous ses succès et ne pas noter sa journée en fonction des derniers moments ratés !

J’ai rencontré Tamar après son dixième accouchement. Je l’ai sincèrement admirée, il émanait d’elle une sérénité et une joie débordante.

Je savais qu’elle avait des problèmes avec son nouveau-né, sans compter ses neuf autres enfants à gérer et sa situation financière précaire qui ne lui permettait pas de prendre de l’aide.

En la voyant, personne n’aurait pu s’en douter. Elle avait plus l’apparence d’une jeune maman qui enlaçait son premier enfant. J’éprouvais le besoin de lui demander son secret.

« Comment t’en sors-tu Tamar ? » lui demandai-je finalement.

« Je ne m’en sors pas du tout, Né’hama ! » me répondit-elle, partant d’un fou rire qui me marqua.

L’expérience de Tamar lui a appris que sa valeur ne dépendait pas des piles de vaisselle dans l’évier. Durant toutes ces années, elle a découvert ses traits de caractère, ses points forts, ses points faibles et ses aptitudes. Elle s’est sentie satisfaite d’elle-même dans les domaines qui lui réussissaient plus.

Lorsqu’elle faisait tout son possible sans résultat probant, le contentement de soi, le bonheur et la quiétude se frayaient un chemin dans son cœur d’une autre manière.

« Dans la maison de ma mère, on n’allait pas se coucher si le linge n’était pas entièrement plié et repassé » confie Ariella « alors que chez moi, ce n’est que Chabbath que le couvre-lit est propre ! »

« Ma voisine a toujours tout chez elle ! » se tourmente Léa « alors que moi, je suis toujours en panne de lait, d’œufs ou de couches… »

Ces sentiments de culpabilité n’ont pas lieu d’être : tu n’es pas comme ta mère ni comme ta voisine !

Tu es différente !

Tu as d’autres atouts. Et tu es jugée seulement sur eux !

Comme nos Sages ont dit (Traité Sanhédrin 37,1) :

« C’est pourquoi, chacun doit se dire : Le monde a été créé pour moi. »

Tu dois te jauger en fonction de tes qualités et de ta personnalité unique.

Quand tu parviendras réellement à t’estimer, tu ne te percevras plus d’un œil critique.

Tu pourras alors repasser le film de ta longue journée en réalisant que tu as fait de ton mieux et en intériorisant à quel point tu es merveilleuse.

Extrait du livre « Une vie de femme près d'Hachem » - Editions Torah-Box - © Tous droits réservés

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