Tich'a beAv : pleurer sur notre orgueil


Même si le jour de Tich'a beAv nous devons pleurer la destruction du Temple de Jérusalem, il est tentant de se déculpabiliser en proclamant : “Cela n'est pas ma faute : je n'y étais pas !” Pourtant, nos Sages nous ont appris que chaque génération possède sa part de responsabilité. Ainsi, c'est en nous considérant comme responsables de la mise à bas de la Maison de la Présence divine que nous devons prier, pleurer et implorer le Créateur, particulièrement le jour de Tich'a beAv.

Si notre exil dure encore – près de deux mille ans après la tragédie de la destruction du Temple – c'est à cause d'une autre disparition : celle de la lumière de la Tora. Notre ignorance s'en trouve agrandie et la conséquence ultime est notre éloignement du Divin.

Une vie bouleversée

Lorsqu'un enfant se trouve éloigné de ses parents, il ne peut plus recevoir les conseils qui l'aideraient à se diriger dans la vie. La situation devient encore plus dramatique l'instant où l'enfant trouve du plaisir dans son éloignement et dans sa situation malheureuse. S'il ne fait même pas l'effort de recevoir un semblant de conseils, il nie son droit à l'existence. Dès lors, c'est uniquement par la Miséricorde divine que l'enfant peut survivre aux dangers inhérents de la vie.

Notre satisfaction de cet éloignement se manifeste par la baisse importante – durant notre génération – des standards moraux. En quelques années, nous avons vécu un véritable Tsunami des valeurs morales qui représentaient le fondement des sociétés humaine et ce, depuis plusieurs siècles. De nos jours, c'est non seulement le mal que nous voyons se répandre sous nos yeux à une allure effrayante, mais c'est également la dénonciation des personnes qui désirent poursuivre leur vie sur le droit chemin. Retardées, extrémistes, intolérantes… sont les qualificatifs les plus souvent utilisés à leur égard.

Avec la baisse des standards moraux, c'est la recherche de notre propre gloire qui semble également être devenue un sport national. Nous ne supportons pas que notre orgueil soit atteint et nous sommes souvent prêts à croiser le fer pour une parole déplacée, un regard méchant… Pauvres de nous !

Le prophète Daniel l'a dit (Daniel 8:12) : “La vérité est terrassée.” Mise à terre, l'espace est libre pour se remplir de toutes les valeurs fausses, mensongères, dangereuses qu'il est possible d'imaginer. En agissant ainsi, nous creusons un fossé immense entre le Créateur et nous-mêmes, entre nos racines saintes et notre vie immorale.

C'est devant cette situation dramatique et notre impossibilité apparente de prendre conscience de notre petitesse que nous devons pleurer abondamment le jour de Tich'a beAv. Chaque personne est mise devant ses faiblesses et elle doit se sentir responsable de la durée de notre orgueil.

À Tich'a beAv, nous devons abondamment prier pour sentir les dégâts que nous infligeons à notre âme et pour nous réveiller à la vraie vie : celle où nous plaçons la Volonté divine au centre de nos préoccupations. Qu'il est loin le chemin de la vérité !

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