Tich'a beAv : l'obsurité spirituelle


Le jour de Tich'a beAv (le 16 juillet 2013), nous commémorons la destruction du Temple de Jérusalem, il y a bientôt deux mille ans. L'absence du Temple est une réalité qui dépasse la destruction du bâtiment qui siégeait dans la capitale de l'État hébreu et qui recevait la Présence divine en ce monde. Si cela n'était pas le cas, il serait extrêmement difficile de se sentir réellement touchés-es par sa destruction.

Il est possible de constater les effets de l'absence du Temple dans deux aspects distincts de notre vie : au niveau général et au niveau personnel.

Au niveau général, la destruction de Temple se concrétise par l'exil du peuple juif parmi les nations du monde. Cet exil d'une durée inégalée est un fardeau dont nous espérons tous-tes nous débarrasser au plus vite possible. Si les nations du monde nous dominent, c'est parce que le siège de la Chékhina (la Présence divine) a quitté ce monde. Si nous vivons tous les jours – dans toutes les places où vivons – les conséquences de l'antisémitisme, de la pression des États-Unis, la cruauté des arabes…c'est que nous sommes en exil. Ceci est une conséquence directe de la destruction du Temple.

Au niveau personnel, les signes de notre exil se trouvent dans nos difficultés à trouver la lumière de la Tora. Si un bon repas entre amis-es nous semble plus tentant qu'une heure d'étude de la Tora, cela s'explique par notre exil personnel. Si se lever de bonne heure le matin pour aller prier à la synagogue est plus difficile que de se lever à la même heure pour partir en vacances, c'est que nous sommes les victimes de notre exil personnel. Être exilés-es, cela signifie que les valeurs non juives nous tentent plus que celles du peuple juif.

Le bien devient le mal et le mal devient le bien

Il y a plus grave que l'absence de lumière de la Tora dans notre vie. Si au moins nous pouvions recevoir que peu de lumière ! La situation devient insupportable lorsque nous pensons que le bien est mal et que le mal est le bien. Dans ce cas, nous vivons dans l'obscurité en pensant vivre dans la lumière.

Ne pas respecter la Volonté divine est grave ; la dénoncer l'est encore plus. Même si ne pas manger kacher est une transgression dont les conséquences sont incalculables, prétendre que cela n'est pas sain est encore plus grave. Ne pas respecter le Chabath est mal ; prétendre que l'économie ne s'en remettrait pas si tous les juifs le respectaient est désastreux.

Dans tous ces cas – et dans bien d'autres – la vérité est dénoncée et le mensonge est présenté comme vérité. Cela correspond à ce qui est écrit dans le livre des Lamentations que nous lisons à Tich'a beAv (4:1) : “Hélas ! Comme l'or est terni, et altéré le métal précieux !”

C'est sans doute pour cela que cette lecture est un moment important de Tich'a beAv. Grâce à elle, nos larmes peuvent venir plus facilement et notre cœur commencer à sentir les affres de l'exil. Si nous sentons même qu'une part infime de la douleur que nous devrions ressentir à cause de notre exil, Tich'a beAv aura atteint son but : nous révéler les conséquences désastreuses de l'absence du Temple dans notre vie quotidienne.

“Maître du monde, aide Ton peuple à sortir de son exil et aide-moi à sortir du mien ! Fais-moi percevoir la vérité pour ce qu'elle est et le mal pour mon ennemi juré. Il y a en marre de toutes les confusions, de toutes les distractions. Ouvre mes yeux à Ta lumière, celle de la Tora, de la vie et du rapprochement de Toi.”

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