Le chemin de la victoire


« Nous avons gagné ! » Combien de fois n'avons-nous pas entendu cette phrase depuis quelques jours ? Le petit écran et les journaux sont remplis de figures publiques qui se congratulent devant leur victoire. Cependant, combien parmi nous réfléchissons réellement sur la nature de cette victoire. En d'autres termes : qu'ont-elles ou qu'avons-nous gagné ?

Une victoire amère

Pour un personnage politique, la réponse à cette question est simple : la victoire est son élection ; la victoire est sa promotion ; la victoire sa mise en avant. Pour les spectateurs que nous sommes, la victoire est d'un autre ordre et avec le temps qui passe, la victoire des unes est le plus souvent notre défaite.

Je désire avant tout lever un doute : je ne fais pas allusion à la victoire d'un parti politique spécifique de droite ou de gauche. Peu importe pour qui nous votons, nous votons pour des menteurs, des voleurs et des profiteurs. En Israël, la situation est identique et tout le monde le sait. Un récent sondage nous apprend que pour 70% des israéliens, le gouvernement qui dirige actuellement le pays est corrompu. D'autre part, 70% des personnes interrogées sont d'avis que la situation s'aggrave année après année.

Ainsi, la victoire à laquelle nous assistons est celle du mensonge, du vol et l'arnaque. Comment pourrait-il en être autrement ? Existe-t-il encore des personnes qui pensent que le personnel politique sert le bien public ? Une seule chose motive nos représentants : leur propres élections. Aux dépends de notre bien ; aux dépends de notre avenir ; aux dépends de celui de nos enfants.

Les soirs d'élections, ces menteurs ouvrent des bouteilles de champagne afin de célébrer le « bon tour » qu'ils nous ont joué. Ces soirs-là sont les plus belles nuits que je passe dans les champs à parler au Créateur et à Lui demander quand permettra-t-Il à tout cela de cesser ?

Et la vérité ?

Lorsque l'avenir professionnel d'une personne dépend de sa réélection, nous ne devons pas nous étonner qu'elle soit prête à tout pour y parvenir. En la matière, nous sommes les premiers fautifs de voter continuellement pour les mêmes voleurs et menteurs. S'ils sont coupables des pires méfaits, nous le sommes pour leur donner régulièrement les clés des coffres. Nous ne désirons pas ouvrir les yeux et nous en payons lourdement le prix.

La vérité – absolue et véritable – est celle qui ne dépend d'aucun facteurs extérieurs et certainement pas du bon vouloir des autres. Celle-ci est inaccessible à l'être humain qui n'est jamais entièrement libre de la pression de multiples facteurs : l'argent, la mode, la gêne... C'est pour cette raison que la vérité totale ne peut être définie que par D-ieu.

Le Maître du monde ne se présente pas aux élections ; Il n'a que faire des sondages de popularité et la limite des mandats ne L'atteint pas. De plus, Il possède un attribut qu'aucun représentant politique ne partage : Il recherche réellement notre bien. Cela fait toute la différence lorsque nous devons Lui accorder notre confiance.

En hébreu, « victoire » se dit « NiTSa'Hon » ; d'autre part, « éternel » se dit « NéTSa'H. » Ceci nous apprend que la véritable victoire est celle qui est éternelle et qui dépasse dans tous les cas la durée d'un mandat politique. Ainsi, la victoire pour la réélection et obtenue à coup de mensonges est tout, sauf éternelle et... victoire réelle.

Lorsque nous plaçons nos espoirs en des êtres de chair et d'os – qui nous mentent et nous volent – nous commettons une faute grave. L'âme juive n'a que faire de la victoire de tels hommes et de telles femmes. Plutôt, c'est une autre type de victoire qu'elle vise : celle de la lutte que nous menons contre nos mauvaises habitudes, notre égoïsme, notre vision étroite de la vie...