Paracha Balaq - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Balaq - Rabbi Nathan de Breslev

“Ce peuple, il vit solitaire. Il ne se confondra point avec les nations.” (Nombres 23:9)

Les juifs sont un peuple saint dont la principale caractéristique est d'être seuls. De la sorte, ils remplissent l'exhortation du prophète (Isaïe 26:20) : “Viens, Mon peuple ! Retire-toi dans tes demeures et ferme les portes derrière toi ; cache-toi un court instant, jusqu'à ce que la bourrasque ait passé.” À quelle occasion agissent-ils ainsi ? Lorsqu'ils font hitbodédouth (la prière personnelle isolée, faite dans notre langue maternelle) chaque fois qu'ils le peuvent ; à cet instant, ils déversent leurs pensées les plus secrètes à Hachem et deviennent conscients de la véritable raison de la vie.

Parler à D-ieu

Grâce à hitbodédouth, le people juif se met à l'abri de tous les troubles, de ses ennemis, ainsi que des instigateurs. Il se cache sous les ailes d'Hachem – si l'on peut dire – tel qu'il est écrit dans le verset (Psaumes 32:7) : “C'est Toi qui est mon abri ! Tu me protèges contre l'adversité…” Ceci correspond au verset (Devarim 33:28) : “Israël réside avec sécurité, elle coule solitaire (“BeDaD ”, lié à hitBoDéDouth) la source de Ya'aqov…” et à (Psaumes 4:9) : “Toi, ô Seigneur, dans l'isolement (“bedad ”) Tu me fais demeurer en sécurité.”

En étant seul avec Hachem – pendant qu'il fait hitbodédouth – le peuple juif peut toujours résider en sécurité. Il place son lieu de résidence et sa confiance en Lui ; il s'efforce de séparer ses pensées des futilités du monde et d'annuler sa volonté devant la Sienne.

Selon le Targoun Yonathan et le Talmud Yérouchalmi : “Il ne se confondra point avec les nations” signifie que le peuple juif ne se mêle pas à la conduite sociale des autres nations. Cela veut dire qu'il ne cherche pas à participer aux divertissements sociaux des peuples non juifs, qu'il ne prend pas part à la course à l'accumulation des biens matériels : argenterie, bijoux… Plutôt, le peuple juif détourne ses pensées de toutes les absurdités de ce monde et s'engage dans la pratique d'hitbodédouth : déverser ses paroles à Hachem avec une envie intense et un désir ardent.

Il est écrit dans le verset suivant (23:10) : “Qui peut compter la poussière de Ya'aqov ?” Cela signifie : qui peut compter et évaluer la sainteté de chaque pas que fait un juif – au-dessus de la poussière – lorsqu'il se dirige vers une chose sainte : vers une synagogue, vers un hall d'étude, pour aller rencontrer son Rabbi ou pour déverser ses paroles pendant hitbodédouth. Grâce à chaque pas qu'il fait au-dessus de la poussière de la terre, le juif effectue de grands Tiqounim (réparations spirituelles), au grand plaisir du Ciel. Tous ces pas sont sans prix et au-delà de toute mesure.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath HaCha'har 5:87)