Paracha Balaq - Rabbi Nah'hman de Breslev

Paracha Balaq - Rabbi Nah'hman de Breslev

« [Bala'am] proféra son oracle de la sorte : '(…) Parole de l'homme (…) qui entend le Verbe divin'. » (Nombres 24:15-16)

S'il est bien une chose qui nous irrite, c'est lorsque nous sommes mis dans une situation dans laquelle nous n'avons pas la possibilité de faire un choix. Peu importe le domaine auquel cela peut faire référence : nous considérons le plus souvent qu'un des fondements essentiels de notre liberté est celui qui nous laisse l'alternative de dire « oui » ou « non », de faire une chose ou de ne pas la faire...

Le libre-arbitre absolu

Même si nous chérissons notre faculté de choisir – c'est-à-dire notre libre-arbitre – nous en privons régulièrement les personnes de notre entourage. De fait, nous faisons souvent des choix à la place de nos enfants, plutôt que de leur laisser décider tout ce qu'ils veulent. Si nous agissons de la sorte, cela est pour leur bien : un enfant ne possède pas l'intelligence nécessaire pour faire les meilleurs choix et c'est en notre qualité d'adulte que nous les faisons pour lui.

C'est exactement pour la même raison que D-ieu donne aux personnes méchantes et mauvaises le pouvoir de nous tromper, qu'à D-ieu ne plaise. A priori, cela a de quoi surprendre : quelle justification le Créateur peut-Il bien avoir pour ne pas nous montrer le chemin de la Tora d'une façon claire et dépourvue des doutes qui mettent un nombre important de confusions dans notre esprit ?

En vérité, voici le monde dans lequel nous aimerions vivre : celui où les tentations n'existeraient pas, où nous serions attirés uniquement par la Volonté divine et où nous voudrions faire que le bien. Cependant, cette vision idyllique n'existe pas et cela est... pour notre bien ! Rabbi Na'hman cite l'exemple du méchant prophète Bila'am afin de nous faire en comprendre les raisons.

Bila'am désirait maudire le peuple d'Israël. Certes, la demande initiale ne venait pas de lui, mais il était ravi de jouer le rôle qu'on lui avait demandé de tenir avec insistance. Si ses malédictions auraient pu atteindre cruellement les Bnei Israël, c'est que Bila'am était un prophète d'un type unique. Non seulement il n'était pas juif, mais sa connaissance du Divin égalait celle du plus grand prophète de tous les temps du peuple juif : Moché Rabbénou.

Rabbi Na'hman apprend cela du nom même de Bila'am. En hébreu, celui-ci s'écrit avec les lettres Beth (ב), Lamed (ל), Ayin (ע) et Mem (מ). Chacune de ces lettres nous permet de déduire les capacités extraordinaires que Bila'am possédait. De fait, ses connaissances à propos de la Tora étaient immenses.

Nous savons cela des lettres Beth (ב) et Lamed (ל) qui sont respectivement la première et la dernière lettres avec lesquelles est écrite la Tora. D'autre part, la lettre Ayin (ע) – dont la valeur numérique est égale à soixante-dix – est le symbole de la force prodigieuse de déduction que Bila'am avait ; en effet, nos Sages nous ont appris que la « Tora possède soixante-dix visages », c'est-à-dire autant de façons d'être comprise et enseignée. Enfin la lettre Mem (מ) – dont la valeur numérique est égale à quarante – est le symbole des quarante jours que Moché passa au sommet du Mont Sinaï afin d'y recevoir la Tora.

Ainsi, nous apprenons de l'existence de Bila'am que dans toutes les situations, le Maître du monde désire nous récompenser pour les choix judicieux que nous faisons : ceux qui nous permettent de nous rapprocher de Lui. Cependant, la récompense céleste prend toute sa signification car c'est à nous qu'il revient de faire les bons choix. Ceci peut être comparé à un père qui récompense son fils parce qu'il a fait une bonne action. Si le père récompense son fils c'est qu'il sait bien que celui-ci avait la possibilité de ne pas faire cette bonne action ; autrement, quel serait le sens de cette récompense ?

Nous comprenons maintenant pour quelle raison tant de choses nous tentent aussi souvent pour nous éloigner d'Hachem. C'est le Créateur Lui-même qui les a investit de cette force afin de nous laisser utiliser notre libre-arbitre : à nous de nous en servir ou pas. Cette logique s'applique également aux personnes : si certaines semblent nous inspirer grandement, nous devons nous assurer si ce n'est pas en fait pour aller dans la direction opposée à celle du Divin. Si elles cherchent à nous en éloigner d'une façon dévoilée : nous savons ce qu'il nous reste à faire. D'autre part, si leur message est plus subtil et c'est en essayant de nous faire croire que nous nous rapprochons de D-ieu qu'elles désirent en fait nous en éloigner, nous devons encore plus multiplier les prières pour ne pas nous faire tromper.

Dans tous les cas, nous ne devons jamais être surpris ou irrité par la difficulté de la situation. C'est parce que nous possédons le libre-arbitre que nous pouvons espérer être récompensé de nos efforts pour chercher D-ieu. Un conseil : il est bon de faire appel au Créateur dans nos prières afin qu'Il nous aide à faire les bons choix.

Traduit et adapté du Likouté Moharan I, 32:2 de Rabbi Na'hman de Breslev.