Paracha 'Houqath - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha 'Houqath - Rabbi Nathan de Breslev

“Vous la [la vache rousse] remettrez au pontife Éléazar ; il la fera conduire hors du camp et on l'immolera en sa présence.” (Nombres 19:3)

Toutes les manipulations effectuées sur la vache rousse le sont à l'extérieur du camp. Ceci correspond à l'idée du Tsadiq qui est obligé – à l'occasion – d'interrompre son étude de la Tora. Il y a des moments où il doit sortir de ses “quatre murs” saints et discuter de choses ordinaires avec le commun du peuple. C'est spécifiquement grâce à cela qu'il peut attirer d'autres personnes à se rapprocher d'Hachem.

Ainsi, toutes les manipulations liées aux sacrifices étaient généralement réalisées à l'intérieur du Temple de Jérusalem, le lieu de la révélation de la Sainteté. L'exception est la vache rousse dont le service s'effectuait à l'extérieur du camp, c'est-à-dire à l'extérieur de la Tora, ce qui correspond au bitoul Tora (annulation de l'étude de la Tora). (…) Lorsque le Tsadiq doit faire cela – renoncer à l'étude – il est cependant capable de se régénérer grâce à la Tora cachée, l'étude de la kabbale (consulter le Liqouté Moharan II:78).

Le fait que le service de la vache rousse fut effectué à l'extérieur, fait penser aux concepts de bitoul Tora et de Tora cachée. La raison est que la signification du commandement lui-même de la vache rousse est cachée du monde. C'est ce qu'a dit le Roi Salomon : “J'avais dit que j'acquérais la sagesse, mais elle reste loin de moi”, c'est-à-dire : cachée, comme la Tora cachée, la kabbale.

C'est pour cette raison que la vache rousse était capable de purifier la plus grande impureté spirituelle : l'impureté d'un cadavre. Ce type d'impureté est appelé le “père” de toutes les impuretés ; elle est également liée à la nation primaire d''Amaleq. L'essence d''Amaleq provient de la pollution du serpent originel qui amena la mort dans le monde avec le désir de l'adultère [i.e. lorsque Ève eut le désir d'avoir une relation sexuelle avec le serpent]. Les concepts de mort et d'adultère sont liés dans les versets qui traitent de la femme adultère : “La femme adultère doit être mise à mort” (Lévitique 20:10)

L'aide du Tsadiq

La personne qui est tombée dans cette impureté (i.e. l'adultère) peut être purifiée seulement grâce au véritable Tsadiq. C'est uniquement le véritable Tsadiq qui connaît la façon d'entraîner l'amour gratuit sur une âme. Cet amour gratuit provient de l'entrepôt céleste des faveurs qui sont accordées [i.e. sans être liées aux actions des personnes concernées] et que le Tsadiq arrive à pénétrer lorsqu'il interrompt son étude.

Ceci est le concept de la Tora cachée par rapport à sa relation au monde physique. Cela correspond au secret de la vache rousse – dont tout le service était effectué à l'extérieur – qui fait référence à la Tora cachée qui purifie de l'impureté d'un cadavre.

C'est de la sorte qu'il est possible d'expliquer le paradoxe bien connu de la vache rousse : d'une part, elle purifiait les personnes impures spirituellement et d'autre part, elle transmettait l'impureté aux personnes pures spirituellement.

Lorsque le Tsadiq interrompt son étude de la Tora, il est capable de régénérer les personnes ordinaires et celles qui sont éloignées de la religion. C'est lui qui les purifie de leur grande impureté. Cependant, en ce qui concerne le Tsadiq, cela s'appelle du “bitoul Tora” (“annulation de l'étude de la Tora”) et une descente spirituelle. Il s'agit – pour lui – d'une mesure d'impureté par rapport à la valeur formidable de sa sainteté qu'il atteint lorsqu'il est attaché fermement à sa Tora (consulter le Liqouté Moharan II:38). S'abaisser pour se mettre en contact avec les affaires ordinaires de ce monde représente pour le Tsadiq à une descente spirituelle, même si elle est provisoire. Cependant, le Tsadiq remonte à son niveau spirituel précédent après avoir rendu service au monde.

En résumé : le bitoul Tora du véritable Tsadiq est associé à la vache rousse par son aspect de transmettre l'impureté au pur et – en même temps – purifier l'impur. De fait, en ce qui concerne le Tsadiq, le bitoul est considéré une espèce d'impureté provisoire car il se purifie immédiatement après.

Dans le cas de la vache rousse, l'impureté qu'elle transmettait aux personnes était seulement provisoire : elle durait uniquement jusqu'au soir. Le Tsadiq – comme la vache rousse – nettoie éternellement les âmes de leurs plus grandes impuretés : celle de la mort. Il fait cela avec le concept de la vache rousse dont le service se situait “hors du camp”

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, 'Hochen Michpat, Hilkhoth Matana 3:12)