Paracha 'Houqath - Rabbi Na'hman de Breslev

Paracha 'Houqath - Rabbi Na'hman de Breslev

« Voici la Tora : un homme qui meurt dans une tente. » (Nombres 19:14)

Nous vivons dans une société de loisirs. Souvent, nous essayons d'importer le mode de vie que nous adoptons pendant nos vacances dans des domaines où il n'appartient pas : notre bureau, nos relations de couple, l'éducation de nos enfants... En d'autres termes, nous aimerions bien vivre en dilettante et sans trop nous creuser la tête pour résoudre les défis de la vie. Cependant, cette attitude n'est pas celle que le Ciel attend de nous.

Se tuer à la tâche

Nous savons tous cela : à la mesure de notre désir d'obtenir une chose correspondent les efforts que nous sommes prêts à déployer. Cela explique les raisons pour lesquelles nous ne sommes pas toujours le favori de notre patron : nous ne sommes pas prêts à lui passer tous ses caprices, à rester très tard au bureau et à mettre l'entreprise où nous travaillons au centre de notre vie.

Certes, la conscience professionnelle exige de nous un travail fait d'une façon honnête et de tenter du mieux que nous pouvons de satisfaire les désirs de notre direction. Pour autant, les limites que nous mettons à notre rôle d'employé sont claires. Nos soirées et nos fins de semaine nous appartiennent et peu importe les dossiers qu'il reste à traiter en fin de journée : nous aurons tout le lendemain pour nous y mettre !

Dans la paracha de cette semaine, Hachem nous confie une condition essentielle de notre relation avec Lui : nous devons être prêt à consacrer la totalité de nos efforts en Sa Tora. Cela signifie que nous devons tout mettre en œuvre pour étudier la Parole divine, comprendre ce que le Maître du monde désire de nous et n'utiliser aucune excuse pour expliquer un relâchement de notre part.

Je vous l'accorde, le programme semble difficile à suivre. Cependant, nous ne devons en aucun cas en déduire qu'il faille baisser les bras et abandonner la partie. Cela peut être comparé à la carrière d'un sportif : ce n'est pas parce qu'il n'est pas le meilleur du monde dans sa catégorie qu'il doit cesser de courir, sauter, taper dans le ballon...

En fait, l'analogie avec le sport peut être développée. L'entraîneur d'un sportif ne peut pas lui reprocher de ne pas être le meilleur du monde. Cependant, si l'entraîneur remarque chez lui une absence évidente de la volonté nécessaire pour faire des progrès importants, il aura de bonnes raisons d'être mécontent. En d'autres termes, ce que demande l'entraîneur de la part du sportif est de vouloir atteindre les sommets et de mettre tout en œuvre pour y parvenir. Par la suite, l'avenir dira si les sommets peuvent être atteints.

Si par rapport à la Tora nous devons ménager aucun effort, c'est qu'en se « tuant » lui-même (ATZMo) en l'étudiant, l'homme peut parvenir à modifier entièrement son essence (ATZMiyouto), c'est-à-dire ses mauvais traits et ses désirs malsains. Voici ce que nous demande le Créateur : de changer, pour le mieux. Peu importe si nous partons de haut ou de bas et où nous arriverons : la chose la plus importante consiste à vouloir nous modifier et devenir une meilleure personne.

C'est également pour cela qu'avancer en direction du Divin n'est pas toujours facile : nous aimerions tellement décider nous-mêmes ce qui doit être modifié en nous et ce qui peut rester identique. Cependant, Hachem est Celui qui nous dit ce qui est convenable chez une personne et ce qui ne l'est pas. Celles qui le comprennent retiendront la Parole divine, tandis que les autres auront toutes les difficultés du monde à en faire une partie intégrante d'elles-mêmes.

Rabbi Na'hman nous enseigne également qu'il n'est pas surprenant que ceux et celles qui ne rechignent pas devant les efforts véritables pour avancer dans leur Service divin semblent comprendre plus facilement que les autres la véritable nature du Désir divin. De fait, en se « tuant » lui-même (ATZMo) en étudiant la Tora, l'homme peut arriver à la graver sur ses propres os (ATZMotav), ce qui est certainement la meilleur garantie pour ne pas l'oublier !

Traduit et adapté du Liqouté Moharan (I, 101:3) de Rabbi Na'hman de Breslev.