Paracha Chela'h Lekha - Rabbi Na'hman de Breslev

Paracha Chela'h Lekha - Rabbi Na'hman de Breslev

« Le pays que nous avons parcouru pour l'explorer et un pays qui dévore ses habitants. » (Bamidbar 13:32)

Rabbi Na'hman de Breslev explique :

« Le pays » fait référence à l'émouna (foi), tel qu'il est écrit (Psaumes 37:3) : « Habite dans le pays et cultive l'émouna. » La présence – dans le même verset – des mots « pays » et « émouna » nous permet de comprendre qu'il existe un lien fort entre ces deux concepts.

« Dévore ses habitants » : lorsqu'une personne entre en Eretz Israël – qui correspond au concept d'émouna – elle est consommée par la Terre sainte, c'est-à-dire : elle est transformée dans sa nature. En d'autres termes, si la personne se rapproche de l'émouna, celle-ci la dévore, c'est-à-dire : la transforme littéralement.

C'est pour cette raison qu'il est écrit dans le Talmud (Qétouboth 111a) que « quiconque habite en Eretz Israël y réside sans péchés. » Ceci correspond également à (Isaïe 33:24) : « Le peuple qui y réside obtiendra le pardon de ses péchés. » Cela s'explique par ce que nous avons dit précédemment, c'est-à-dire que ce « pays dévore ses habitants. »

Le plus important est de vouloir

De fait, chaque individu qui réside en Terre sainte est consommé par elle et est entièrement transformé en sa nature sainte. Par conséquent, toute personne qui marche – même seulement quatre coudées – en Eretz Israël est assurée d'obtenir le Monde a venir, tel que nos Sages l'ont dit (Qétouboth, ibid.).

C'est également ce qui a été expliqué ailleurs (Liqouté Moharan I, 101) en rapport avec le verset (Psaumes 27:2) : « Quand des malfaiteurs m'approchent pour dévorer ma chair. » Ce que voulait nous faire comprendre le Roi David, c'est qu'une personne qui désire se rapprocher de D-ieu doit « dévorer (sa) chair », c'est-à-dire : vaincre et dominer son aspect corporel et matériel. Voici l'objectif ultime de l'étude de la Tora : que l'âme « consomme » le corps, c'est-à-dire : que notre aspect physique se transforme en notre essence spirituelle. (...)

Dans tous les cas, l'essentiel réside en notre volonté. Le plus important est qu'une personne désire se rapprocher de D-ieu et Le servir réellement. Même si cette personne éprouve d'immenses difficultés à briser les désirs de ce corps, son rapprochement avec le Divin lui permet de transformer son corps en la substance de l'âme sainte.

Cependant, si un individu ne souhaite pas se rapprocher d'Hachem, sa présence en Terre sainte se révèle périlleuse. Plutôt que d'être « consommé » par la terre (c'est-à-dire par l'émouna), celle-ci le rejettera. Cela ressemble à une nourriture qu'une personne ingurgite, mais que sa nature ne lui permet pas de tolérer : le corps la vomit.

Ainsi, une personne qui ne souhaite pas être « consommée » par l'enseignement de nos Sages et par la Parole divine, ne le sera certainement pas ; son rapprochement éventuel avec nos Sages ne lui sera d'aucune utilité. Cela s'explique par l'incapacité de nos Sages d'accepter une telle personne : ils la vomisse. Ceci correspond à ce qui est écrit (Lévitique 18:28) : « Craignez que cette terre ne vous vomisse.»

En d'autres termes, nos Sages ne peuvent supporter l'idée de « consommer » cette personne qui ne le désire pas ; partant, elle ne peut pas se transformer en leur substance et ils la vomissent, que D-ieu nous préserve. De la sorte, nos Sages – c'est-à-dire l'émouna, c'est-à-dire le pays (la Terre d'Israël) – ont rejeté cette personne.

(Traduit et adapté du Liqouté Moharan de Rabbi Na'hman de Breslev, I, 129)