Paracha Béha'alotékha - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Béha'alotékha - Rabbi Na'hman de Breslev

« Quant à la confection du candélabre, il était tout d'une pièce, en or ; jusqu'à sa base, jusqu'à ses fleurs, c'était une seule pièce. » (Bamidbar 8:4)

Selon Rabbi Na'hman de Breslev, il est important que chaque personne soit particulièrement obstinée dans son Service divin. De fait, l'individu qui a décidé de se rapprocher un peu d'Hachem sait très bien qu'il est impossible d'être réellement un serviteur de D-ieu sans posséder une grande ténacité.

Un service d'une seule pièce

Lorsque nous décidons de retourner vers le Créateur, nous devons nous attendre à vivre de nombreuses aventures : des moments enthousiastes, mais également des moments pénibles, qu'à D-ieu ne plaise. Chacun de ces instants mérite toute notre attention et nous devons nous appliquer à les vivre d'une façon la plus satisfaisante possible.

Dans toutes ces situations, si nous ne possédons pas une très grande ténacité, nous risquons d'être emporté par ces épreuves et en fin de compte, nous ne pourrons pas y résister longtemps, que D-ieu nous préserve. Qu'on ne s'y trompe pas : cet aspect de notre Service divin est essentiel et il est souhaité avant tout par D-ieu Lui-même.

Cela peut nous surprendre, mais le Maître du monde note avec précision notre façon de nous comporter pendant ces évènements quelques fois tumultueux. Même s'ils peuvent s'avérer difficile à vivre, ils peuvent également être une grande source de joie et de plaisir pour Hachem. Cela est le cas lorsque nous ne baissons pas les bras et que notre entêtement nous permet de poursuivre – malgré tout – nos Réalisations saintes : prières, étude, mitswoth...

Si une âme juive profite de ces instants délicats pour se renforcer dans son émouna – chaque fois que la possibilité se présente – et qu'elle devient encore plus obstinée dans sa résolution à servir le Créateur, elle Lui procure un bonheur immense. Ce qui est le plus important est de ne jamais abandonner et de ne jamais tomber.

Voici l'aspect principal des difficultés qui peuvent surgir dans notre vie, que D-ieu nous préserve : nous procurer un courage et une force encore plus grands à servir Hachem ; à son tour, cette attitude fournit un plaisir immense au Maître du monde. C'est également de cette façon qu'il devient possible de dire que nous avons véritablement reçu la Tora : en acceptant dans la joie et le bonheur tous les évènements de notre vie et nous en servir afin de nous rapprocher du Créateur.

Ceci avait bien été compris par le Roi David qui s'exclama dans les Psaumes (89:18) : « Car la parure de leur force, c'est Toi. » L'intention de David était de nous faire réaliser que notre seule force réside en Hachem et en les épreuves qui nous sont envoyées du Ciel. Grâce à elles, nous pouvons nous rapprocher grandement de D-ieu.

C'est l'allusion à laquelle fait référence le verset de notre paracha cité ci-dessus. La « confection du candélabre » représente notre façon de servir le Créateur ; en Le servant, nous servons la lumière de la Tora. Ce service doit être « tout d'une pièce », c'est-à-dire que nous ne devons pas différencier les moments difficiles des moments plus heureux de notre vie. Plutôt, tous doivent être « en or », c'est-à-dire appréciés pour ce qu'ils nous permettent : déclarer et afficher notre amour de D-ieu et notre volonté continue de vouloir nous en rapprocher.

« Jusqu'à sa base, jusqu'à ses fleurs » : c'est-à-dire, du début jusqu'à la fin de notre vie, nous devons saisir chaque instant passé en ce monde afin de remercier Hachem pour nous aider à nous faire découvrir le chemin de la vérité et du retour. Ceci est une règle absolue : nous ne devons rien rejeter, ni juger d'une façon négative. Chaque seconde de notre vie est sous le contrôle céleste et rien ne se passe sans une raison précise : nous placer dans les meilleures conditions pour nous rapprocher de D-ieu.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath Hamazone, 4:12)