Claquer des mains pendant la prière


Toutes les personnes qui ont prié au sein d'un groupe de 'hassidim breslev partagera avec vous sa découverte : lorsqu'ils prient, les 'hassidim breslev claquent des mains. Certes, les claquements diffèrent d'un 'hassid à l'autre et tous doivent respecter la halakha (c'est-à-dire être silencieux pendant la prière du Chemone 'Esré). Cependant, ce signe distinctif est suffisamment rare et étonnant pour qu'il mérite une explication

Améliorer l'efficacité des prières

Nous apprenons d'un verset qu'il existe un lien entre les oiseaux et notre voix. De fait, il est écrit (Écclésiaste 10:20) :“un oiseau du ciel transmettra le son de ta voix.” Selon un principe ésotérique bien connu, la proximité des mots “oiseau” et “voix” permet de déduire un enseignement particulier entre ses deux mots.

D'autre part, nous apprenons d'un autre verset qu'il existe également un lien entre nos mains et les ailes d'un oiseau. De fait, il est écrit (Ezechiel 1:8) : “des mains d'homme apparaissaient sous leurs ailes.” Ainsi, il devient possible de lier les trois concepts suivants : la voix de l'homme, ses mains et les ailes d'oiseaux.

Avant de clarifier la véritable nature du rapport qui existe entre ces trois concepts, nous devons ajouter une information. Lorsqu'une personne devient enthousiaste, ses mains bougent d'une façon naturelle. Même si l'absence de mouvement des mains d'une personne ne signifie pas qu'elle est apathique, il est certain que son enthousiasme n'est pas au même niveau que lorsque ses mains deviennent agiles.

Selon le contexte dans lequel chacun des versets se trouve – et qu'il serait trop long d'exposer ici – nous apprenons que pour s'élever vers D-ieu, les prières doivent posséder des ailes. Des versets eux-mêmes, il est possible d'apprendre que la force des ailes – qui sont les véhicules qui permettent à nos prières de s'élever – réside dans les mains de la personne qui prie.

Le pouvoir des mains

En claquant des mains pendant la prière, nous donnons à celles-ci un aspect d'ailes. C'est grâce à ces ailes spirituelles que nos prières peuvent s'élever jusque dans les sphères célestes les plus élevées. Ceci révèle qu'un pouvoir très puissant se trouve dans nos mains.

De fait, chaque main possédant cinq doigts, lorsque nous claquons une main contre l'autre nous produisons vingt-cinq (5x5) claquements de cette main. Puisque chaque main claque l'autre, nous parvenons à un total de cinquante (25+25). D'autre part, le chiffre “cinquante” est lié à la sortie d'Égypte des juifs dans la mesure où l'exode du peuple d'Israël est mentionné à cinquante reprises.

Une des particularités du séjour du peuple juif en Égypte est qu'il lui était impossible de parler à D-ieu. La raison en est qu'en Égypte, le pouvoir du discours était en exil. C'est à cela que Moïse fit référence lorsqu'il dit à D-ieu qu'en Égypte, il n'était “pas habile à parler, ni depuis hier, ni depuis avant-hier” (Exode 4:10)

Cependant, grâce à la rédemption du peuple juif, le pouvoir du discours fut libéré. Ceci fut la réponse qu'Hachem fit à Moïse (id. 4:11) : “ Qui a donné une bouche à l'homme (…) si ce n'est Moi, l'Éternel ?” En répondant de la sorte, D-ieu désirait faire comprendre à Moïse que l'incapacité du peuple juif à s'adresser à Lui venait du fait qu'il se trouvait en Égypte. Cependant, dès qu'il sortirait de ce pays, les juifs pourraient de nouveau parler à Hachem.

Dans la mesure où l'exode d'Égypte est liée au chiffre cinquante et que celle-ci est le symbole du dialogue renoué entre les juifs et le Créateur, frapper ses mains pendant la prière – pour un total de cinquante claquements, comme nous l'avons indiqué précédemment – possède le pouvoir de libérer nos paroles et de les faire entendre par Hachem.

Les ailes dont nous avons besoin pour élever nos prières sont donc nos mains. Heureuse est la personne qui les claque avec ardeur en s’adressant à D-ieu.

(Traduit et adapté du Likouté Moharan de Rabbi Na'hman de Breslev, I:45)