Avoir peur de D-ieu ? (3)

(Spyros Tav)

(Ceci est la troisième et dernière partie d'un article à propos de la peu de D-ieu. Afin de lire la partie précédente, cliquez ici.)

Dans son livre « Messillath Yesharim » (« Le chemin des justes »), le Ram'hal décrit les neufs étapes qu'une personne doit suivre si elle désire atteindre le niveau ultime de la Sainteté. Le sentiment de « peur de la faute » est le huitième. On comprend de cela qu'il est extrêmement élevé et que nous devons donc pas nous étonner si nous pensons en être éloignés ; le contraire serait faire preuve d'un grand orgueil.

Le Ram'hal reprend à son compte les deux types fondamentaux de la peur : la crainte de la punition et celle de la Grandeur divine. Selon l'auteur, si le premier niveau est facile à atteindre, cela n'est pas le cas pour le second.

Une carte pour avancer

La peur de la punition fait référence à notre crainte d'être puni en notre corps ou à travers notre âme pour avoir transgressé la Volonté divine. Partant du principe que chaque personne possède un minimum d'amour pour elle-même, le Ram'hal estime qu'il n'est pas difficile d'atteindre ce niveau : la logique nous y incite.

La peur de la Grandeur divine signifie que nous restons éloignés de la faute par respect pour l'honneur incommensurable du Créateur. En d'autres termes, nous avons peur de peiner Hachem en fautant. Les personnes qui atteignent ce niveau sont celles qui possèdent la savoir et l'intelligence adéquats. Ainsi, c'est l'intelligence de la personne qui se trouve à l'origine de ce sentiment, plutôt qu'une simple peur réflexe.

Parvenu à ce niveau, l'individu craint constamment d'être empreint de la trace d'une faute, ce qui serait un affront à la grandeur du Créateur. L'idée qu'un être de chair et de sang puisse faire ce qui s'oppose à la volonté du Maître du monde dépasse ce que la personne peut supporter. On le constate, il existe une relation extrêmement forte entre la peur de la faute et celle de la Grandeur divine.

Le Ram'hal distingue également trois types de peur de la Grandeur divine : celle que nous pouvons ressentir pendant la réalisation d'une action particulière, pendant notre Service divin ou encore lorsque se présente le risque de transgresser la Parole divine. Dans tous les cas, l'aspect essentiel de cette peur est que ce sentiment ne doit pas quitter la personne, pas même une seconde. Ceci correspond au verset (Proverbes 28:14) : « Heureux l'homme qui craint constamment. »

Cette notion de peur est liée au temps : au présent, au futur et au passé. Pour le présent et le futur, il s'agit de craindre sans cesse de commettre une faute : dans ce que nous faisons ou dans ce que nous nous apprêtons à faire. En relation avec le passé, nous devons craindre d'avoir commis une faute sans en être conscient. C'est cette volonté importante de notre part de vouloir être parfait qui rend ce niveau difficile à atteindre.

Afin de nous aider à nous en approcher, le Ram'hal nous conseille de réfléchir à deux notions. La première consiste à réaliser pleinement que la Présence divine se trouve partout et qu'aucun détail n'échappe au Créateur. Lorsque notre esprit comprend qu'à chaque instant, nous nous trouvons devant Hachem, nous ne pouvons que désirer nous éloigner de toutes les fautes du monde.

La deuxième notion est qu'il est dans la nature de l'homme d'oublier la première notion et que l'étude de la Tora est la seule alternative pour nous aider à y penser constamment. Ainsi, c'est l'étude de nos textes sacrés qui nous apprennent la peur de D-ieu et qui nous permettent de vivre chaque instant de notre vie proche de ce sentiment. Puissions-nous tous nous rapprocher chaque jour de ce niveau sublime !

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de 'Haïm ben Yaël.