Hachem me parle !


En Israël, l'expression favorite des enfants est sans doute : “Stam !” Lorsqu'un enfant prononce ce mot, cela revient à dire : “Sans raison particulière. Juste comme cela !” On l'aura compris, les enfants adorent prononcer cette expression lorsqu'un de leurs parents leur demande la raison pour laquelle ils ne peuvent pas faire ce qu'ils devaient.

Une vie “stam

Le plus grave danger qui nous guette est de considérer notre existence dans ce monde comme étant simplement “stam.” Selon cette approche, tout est stam dans notre vie. Les bons évènements se produisent simplement “stam” ; les périodes de crise surviennent “stam” ; la fortune ou son absence est “stam”. À l'heure de quitter ce monde, un individu peut expirer en disant “stam” et il aura bien résumé sa vie sur terre.

L'opposé exact de cette perception erronée de la vie consiste à chercher la Présence divine à nos côtés et d'essayer de comprendre les messages que le Ciel nous envoie. De fait, rien n'est “stam” dans la vie et le Maître du monde s'assure de tout mettre à notre disposition pour nous faciliter notre rapprochement. Encore faut-il le savoir et vouloir partir à la recherche du Divin.

Afin de comprendre les conséquences pratiques d'une vie stam et d'une vie qui ne l'est pas, nous vous proposons les histoires de Daniel et de Frank ; le premier est un adepte du “stam”, tandis que le second retrousse ses manches et cherche la présence d'Hachem auprès de lui.

Daniel et Frank ont rendez-vous au tribunal. Les deux anciens associés ont été contraints de s'adresser à la justice pour régler leur différend. Pourtant, leur rencontre s'était déroulée sous les plus beaux auspices. Daniel est un ébéniste doué, tandis que Frank possède une fortune confortable qu'il a héritée de son père. Les deux amis étaient vite arrivés à la conclusion qui s'imposait : la création d'une ébénisterie pour meubles de luxe. L'un amènerait son savoir-faire et l'autre le capital. Les profits ne devaient pas tarder et le succès semblait assurer.

Les premières années se déroulèrent effectivement comme prévu. Très vite, les clients affluèrent et les comptes en banque des partenaires en furent les premiers bénéficiaires. Cependant, cette véritable lune de miel s'arrêta lorsqu'il fallut décider d'une stratégie commerciale nouvelle à adopter pour leur entreprise. Leur différend fut à ce point important qu'ils décidèrent de se séparer. La question qu'il fallait régler concernait le partage des biens de l'entreprise, ainsi que des économies importantes que révélait le compte en banque de leurs affaires.

Frank était catégorique : tout devait lui revenir. “C'est grâce à moi” disait-il, “que l'entreprise à trouvé les fonds pour démarrer, il est donc normal qu'ils m'appartiennent maintenant.” Daniel voyait les choses d'une façon différente. “L'argent que tu as amené pour démarrer l'affaire” rétorquait-il, “ne représente rien par rapport à ce qui a été accumulé depuis le commencement et la quasi-totalité des fonds doit me revenir ; en fin de compte, n'est-ce pas moi qui travaille tous les jours dans l'établi ?”