Être juif : c'est quoi ? (1)

Être juif : c'est quoi ?

Il existe autant de façons d'être juif qu'il existe de juifs sur la terre ! Je ne fais pas allusion au statut halakhique (selon le droit légal juif) de la personne. Celui est clair : si la mère d'un individu est juive, celui-ci l'est automatiquement. Plutôt, je fais allusion à la façon d'agir, de parler et de penser. C'est dans ce domaine que je pose la question : “Être juif, c'est quoi ?”

Je suis conscient que certaines personnes ne seront pas d'accord avec moi, dès le début de ma réflexion. Pour ces personnes, il n'existe pas de véritables raisons d'agir, de parler ou de penser d'une façon différente parce que nous sommes juifs. Ces personnes prennent leurs valeurs dans le monde non juif et de fait, elles parlent, pensent et agissent comme les personnes qui n'appartiennent pas au peuple d'Israël.

Le prophète l'a dit (Ezechiel 20:32) : “Ce qui vous monte à l'esprit ne se réalisera pas, lorsque vous dites : 'Devenons comme les nations, comme les familles des autres pays'.” Cette simple déclaration permet d'expliquer l'antisémitisme que les cercles académiques ont tant de mal à expliquer. Peu importe ce qu'une personne juive a en tête : D-ieu ne la laissera jamais devenir entièrement comme un membre des autres nations. Un des grands avantages de l'antisémitisme est de nous rappeler qui nous sommes, même si nous désirons l'oublier.

Être juif : une occupation de tous les instants

Au-delà du sentiment profond que nous ressentons pour le Créateur, “être juif” ne doit pas rester un concept abstrait. Plutôt, ce sont nos actes, nos paroles et nos pensées qui doivent nous différencier des nations du monde.

Agir comme un juif cela signifie avoir une attitude différente dans la multitude de gestes – petits et grands – de la vie quotidienne. Lorsqu'une personne non juive se saisit d'une pomme et la mange, elle marque une courte pause – avant de savourer ce fruit – pour exprimer sa gratitude envers Hachem. Lorsqu'une personne non juive reçoit son salaire bien mérité et calcule la façon dont elle va le dépenser, nous consacrons 10% pour les nécessiteux (personnes ou organismes). Ce geste fait mois après mois, année après année, nous permet de démontrer que la charité n'est pas seulement une idée agréable, mais une obligation.

Le nombre de gestes qui nous différencient des autres nations du monde est presque sans fin. Il revient à chacun d'entre nous de réfléchir aux gestes “non juifs” que nous faisons et d'essayer de les minimiser. Prier, fêter, manger… représentent autant d'occasions pour montrer au Maître du monde que nous ne L'oublions pas.

Le “parler juif” se distingue avant tout par son absence de médisance, de moquerie et autres plaies de ce monde. Les mots sont des armes et nous devons prendre soin à ne blesser personne. Le discours qui décrit à longueur de journées les résultats sportifs, la culture non juive ou d'autres valeurs qui n'appartiennent pas à notre peuple n'est pas le nôtre. La personne juive essaie aussi souvent qu'elle le peut de mettre des mots saints dans sa bouche.

“Penser juif” signifie que l'objet central de nos pensées doit être la Volonté divine. Avant de penser à elle, la personne juive pense à Hachem et à Son désir. L'égoïsme non juif et la place primordiale accordée à l'ego de la personne n'appartiennent pas à la tradition juive.

Chacun de ces concepts pourrait faire l'objet de plusieurs livres. On comprendra qu'ici n'est pas la place d'une telle étude. Cependant, j'engage mes lecteurs et mes lectrices à travailler sérieusement et en toute honnête chacun des trois concepts cités ci-dessus. Il n'existe pas de niveau spécifique “acceptable” aux yeux d'Hachem. Selon l'éducation que chaque personne a reçue dans son enfance – et ce qui a fait sa vie par la suite – l'objectif est de devenir un peu plus juif, chaque jour. C'est ce qu'attend D-ieu de nous.

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