Compter le 'Omer (2)


Nous sommes dans la période où nous comptons le 'Omer. Quelle perception spirituelle pouvons-nous obtenir de ces jours uniques de l'année juive ?

Le Rav Lazer Brody répond :

(Pour lire la première partie, cliquez ici)

Michael est fermier. Il avait travaillé avec beaucoup de mal afin de préparer son champ pour la plantation de maïs du printemps. Ses mains étaient couvertes de cicatrices et de sang d'avoir tenu les rênes de son bœuf puissant. Le résultat en valait la peine : les sillons étaient droits. Pour atteindre ce résultat, Michael avait dû utiliser le moindre muscle de son corps. La conséquence d'un tel effort était que son dos lui faisait maintenant mal à crier.

Lorsque le champ fut finalement prêt pour les semailles, il avait planté amoureusement chaque graine dans la terre, un peu comme si chacune avait été un diamant. Lorsque tout fut terminé, Michael avait prié pour recevoir une bénédiction pour que la pluie permette aux graines de se développer et que leur croissance soit réussie. Tandis qu'il sarclait les sillons, Michael éprouvait une satisfaction immense en regardant les pieds de maïs puissants. Les tiges vertes luxuriantes justifiaient son dur labeur. Il était impatient de récolter ce qu'il pensait devoir être une quantité record de maïs.

Pourtant, la joie de Michael ne dura pas longtemps. Tandis que les pieds de maïs prenaient chaque jour un peu plus de vigueur, les corneilles apparurent. Dès l'instant où il vit les oiseaux noirs croasser au-dessus de son champ, il comprit que sa récolte était en danger. Il courut immédiatement vers sa cabane couverte de chaume pour se saisir d'une fourche avec laquelle il chassait les oiseaux de mauvais augure. Cependant, à la seconde où Michael quittait son champ, les corneilles réapparaissaient. Découragé, il érigea un épouvantail au beau milieu du champ.

Celui-ci fit son effet pendant deux ou trois jours : les corneilles ne semblaient plus s'intéresser au champ de Michael. Pourtant, les oiseaux comprirent rapidement le subterfuge et dès qu'ils réalisèrent que l'homme au milieu de champ était rempli de paille et avait la tête couverte du vieux chapeau de Michael – ce qui signifiait une absence de danger totale – les corneilles attaquèrent de plus belle le maïs.

Cette fois-ci, Michael fut plus intelligent qu'elles. Son champ de maïs était exposé aux brises habituelles de tous les courants. Michael sculpta une flûte spéciale en se servant d'un roseau. Dès qu'il l'eut terminée, il mit sa flûte dans la bouche de l'épouvantail. À chaque nouvelle bouffée de vent, la flûte émettait un son nouveau et la gamme qu'elle jouait était digne d'être répétée au sein d'un concert ! Dans tous les cas, l'effet était certain : les oiseaux étaient effrayaient et ils quittaient les uns après les autres le champ de maïs. Grâce à sa flute, Michael eut la récolte qu'il espérait : une quantité record d'épis de maïs à la belle couleur or.

Nos préparations de Pessa'h ressemblent au labourage et aux préparations du champ de maïs de Michael. Les jours intermédiaires de croissance – entre les semailles et la récolte – correspondent aux jours où nous comptons le 'Omer. Si la récolte de Michael est le maïs, celle du peuple juif est la Tora. Les corneilles – symbole du yetser hara' (le mauvais penchant) et de ses tentations et autres désirs physiques – doivent être repoussées afin de nous permettre de mériter réellement la Tora à Chavou'oth.

Souvent, nous avons l'impression que nous n'avons aucune vitalité spirituelle, que nous ressemblons à un véritable épouvantail. Cependant, en récitant les Téhilim, nous gagnons une spiritualité vibrante et nous faisons peu au yetser hara'. Les Téhilim sont notre flûte magique placée dans la bouche de l'épouvantail : les versets nous permettent de faire téchouva d'une façon adéquate et de recevoir pleinement la Tora.

Grâce aux Téhilim, nous méritons de faire téchouva en nous purifiant et en nous sanctifiant par la suite. Avec la téchouva, nous amenons la Tora dans ce monde, accompagnée de l'abondance matérielle et spirituelle pour toutes les personnes, sur tout le globe. Également, lorsque nous recevons la Tora, nous devenons vraiment un peuple libre. De fait, il n'existe pas de liberté sans la Tora (Avoth 6:2).

Que cette année puisse en être une de liberté, d'abondance et de véritable libération de notre peuple. Amen.