Roland-Garros et le Divin

(Associated Press)

Servir D-ieu ressemble à un match de tennis. Cependant, les règles sont différentes de celles appliquées par les meilleurs joueurs du monde.

Chaque balle envoyé par D-ieu est appelée “mitswa” (“commandement”). Chaque fois que je retourne la balle, je perds un point. Drôle de jeu n'est-ce pas ? En fait, l'idéal consiste à ne retourner aucune balle, à tout encaisser.

Un retour imbattable

Dans notre contexte, retourner la balle signifie marquer de mon empreinte la mitswa que m'a ordonnée D-ieu. Cela n'est pas l'idéal. Chaque fois que je désire modifier – de quelque façon que ce soit – ce que la Tora me demande de faire, je me sépare du comportement idéal. Celui-ci consiste à faire la volonté du Créateur, sans y mêler ma propre personne : mes pensées, mon désir...

Un exemple : vous avez décidé d'aller passer vos vacances à New-York et à cette fin, vous avez emprunté 1 000 $ à un ami. Quelques semaines plus tard – lorsque vous désirez rembourser votre ami – le taux du dollar a baissé. Même si vous n'y êtes pas obligés, vous désirez rendre l'argent à l'ancien taux : après tout, votre ami vous a rendu service en vous prêtant l'argent et vous trouvez normal de votre part de vous comporter d'une façon que vous pensez être exemplaire.

Selon la Tora, cette attitude est interdite car un tel remboursement enfreint les lois monétaires bibliques. Sans entrer dans les détails – nombreux et complexes – de ces lois, il nous suffira de dire qu'il vous faut rembourser votre ami au taux qui correspond au jour du remboursement. Quelle sera votre attitude ?

Ne pas tenir compte du commandement biblique et rembourser votre ami comme bon vous semble représente une transgression évidente des lois bibliques et cela est hors de question. Si vous vous pliez au commandement biblique tout en pensant que cela est regrettable, vous avez bel et bien rempli la Volonté divine... à la lettre, mais pas dans l'esprit.

En réalisant que D-ieu désire avant tout notre cœur, on comprend que respecter les mitswoth tout en y faisant référence d'une façon négative n'est pas ce que désire le Maître du monde. L'Idéal est de faire nôtre ce Désir divin est d'être suffisamment souple pour modifier notre façon de penser. Les définitions du bien et du mal doivent venir du Ciel et non de notre cœur.

C'est en cela que réside la difficulté et c'est sur cet aspect que nous devons concentrer nos efforts.

Tout commence par le respect des lois bibliques. Un joueur de tennis est avant tout celui qui respecte les règles du jeu. La seconde étape consiste à faire nôtre ces dernières; c'est alors que nous pourrons devenir un “bon” joueur et progresser dans la perfection.

En visant notre effacement total, nous mettons le doigt sur une des facettes les plus ardues du Service divin : le “bitoul” (“l'annulation”) de notre personne. L'objectif – le bitoul total – n'est atteint que par de rares personnes. Pour autant, nous devons tous faire les efforts que nous pouvons pour nous en rapprocher, chaque jour un peu plus.