Paracha Tazri'a - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Tazri'a-Métsor'a - Rabbi Nathan de Breslev

Dédiée à la libération de Guilad Shalit.

La paracha de la semaine dernière nous a enseigné les lois de pureté et d’impureté concernant les animaux. La paracha de cette semaine nous parle des lois de pureté et d’impureté concernant les hommes. Cet ordre n’est bien sûr pas un hasard.

Rachi commente: « Rabbi Simlaï a dit : de même que la création de l’homme a eue lieu après celle des animaux, la loi (concernant la pureté et l’impureté humaines) a été expliquée après celle des animaux ».

À ce sujet écoutons Rabbi Nathan de Breslev : « Il n’est possible de comprendre la Tora, de servir D-ieu, de se repentir et de faire des bonnes actions, que si l’on brise son orgueil et son esprit hautain. C’est la raison pour laquelle l’homme est apparu après l’animal (afin qu’il se rappelle que même les animaux l’ont devancé). Et les sages enseignent : l’homme a été créé en dernier afin de profiter immédiatement du repas. Mais s’il s’enorgueillit ils diront de lui : une mouche (vaut mieux que toi car elle) a été créée avant toi.

C'est-à-dire que l’homme n’a été créé que pour s’occuper de Tora et servir D-ieu tous les jours de sa vie. C’est pourquoi il est apparu en dernier, afin que ses moyens de subsistance soient prêts devant lui et que son esprit soit libre de connaître la grandeur de D-ieu. Ainsi tout fut créé avant pour l’homme que D-ieu forma le sixième jour, un peu avant Chabath, afin qu’il puisse profiter directement du repas de Chabath, le repas des Tsadiqim, c'est-à-dire servir D-ieu sans être perturbé par des considérations extérieures comme c’est le cas à Chabath. C’est ce qui aurait du se passer si Adam avait obéi à D-ieu » ( Liqouté Halakhoth, Orla 5:19 ).

Nous sommes donc confrontés à l’alternative suivante : rabaisse-toi et tu verras que tout n’a été créé que pour toi, ou prends-toi pour quelqu’un et tu ne vaudras pas mieux qu’une mouche, sans compter que tu perds le bon repas. C'est-à-dire une vie facile où tu peux te consacrer exclusivement à servir D-ieu sans angoisse de parnassa.

Paradoxal non ?

Si je me considère moins qu’une mouche j’ai droit à tout mais si je crois que tout m’est du, on me fera comprendre que je ne vaux pas mieux qu’une mouche…

Il faut comprendre ce qu’est l’orgueil. Les sages enseignent au sujet de l’orgueilleux : D-ieu dit : Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit. Une mauvaise interprétation de cet enseignement nous ferait dire que D-ieu ne supporte pas les orgueilleux, si c’était vrai Il ne devrait pas en supporter beaucoup dans le monde, ce qui contredit l’amour infini qu’Il éprouve envers chacun de nous.

Non, il faut comprendre de là que l’orgueil est un comportement qui provient, à sa racine, du fait qu’on ne croit pas que D-ieu soit avec nous, la conséquence de cette croyance est qu’on L’empêche alors vraiment d’être avec nous et donc Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit.

Par exemple la tristesse c’est de l’orgueil puisqu’elle est la résultante de l’oubli que D-ieu est avec nous et du fait qu’on se sente abandonné. Le problème est qu’à cause de cela on L’empêche de nous secourir car, encore une fois, Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit.

La véritable estime de soi ne peut se construire qu’en développant le potentiel que D-ieu a placé en moi, c'est-à-dire en dévoilant Sa présence. Or l’orgueil est le symbole de Son « absence ».

Allons plus loin: l’orgueil d’un individu est la preuve claire qu’au fond de lui, il ne se considère pas comme grand-chose. Alors il essaye de combler son manque en devenant riche, intelligent, musclé ou connu parce qu’il ne veut plus souffrir de cette voix intérieure qui lui dit : tu ne vaux pas mieux qu’une mouche. Et lorsqu’il réussit il est fier mais la preuve qu’il ne s’estime pas du tout est qu’il devient le plus misérable de tous s’il perd son argent, sa célébrité, ses muscles ou sa réputation.

Si je me sens quelqu’un lorsque je réussis quelque chose ou nul lorsque je rate, je suis un orgueilleux. Si je sais que D-ieu est avec moi et que sans Lui rien n’est possible, je suis humble. Et je peux même dire comme Moshé Rabénou que je suis le plus humble de tous les hommes, comme Yossef hatsadik que je détiens la vérité par rapport à mes frères et comme Rabbi Chimon Bar Yo’haï que s’il n’y a qu’un individu qui a de la valeur dans ce monde, c’est moi.

Il faut revoir nos définitions de l’orgueil et de l’humilité.

Finalement on comprend maintenant ce qu’ont dit nos sages. Lorsqu’on a l’humilité de croire que D-ieu est là et que sans Lui on n’est rien (en termes péjoratifs cela s’appelle se rabaisser/chiflout) alors on peut bénéficier du repas que D-ieu a préparé pour nous et vivre que le monde entier n’a été créé que pour moi. Mais si on absente D-ieu de notre vie on devient moins qu’une mouche et les autres ne manqueront pas de nous le rappeler (ça les rassure parce qu’eux-mêmes ressentent la même chose).

Bon alors commençons à y croire: D-ieu est avec nous !