Paracha A'haré Moth - Rabbi Nathan de Breslev

(Andrea Mukka)

« Après la mort des deux fils d’Aaron, qui, s’étant avancés devant l’Éternel, avaient péri… » (Lévitique 16:1)

En chaque homme coexistent une force d’attraction (vers la Sainteté) et une force de répulsion. La première est représentée par l’âme et la seconde par le corps. 

Si les passions de la chair et d’autres empêchements se renforcent tant et si bien qu’ils éloignent la personne de la Sainteté de son âme et la déracine, cela aboutit à une véritable mort, que D-ieu préserve. Mais le bon dosage existe lorsque la force d’attraction se renforce sur la force répulsive, mais sans jamais l’annuler complètement. 

Cet équilibre est en allusion dans le verset concernant les enfants d’Aaron : « après la mort des deux fils d’Aaron, qui, s’étant avancés devant l’Éternel, avaient péri… » (Lévitique 16-1) et le verset d’avertissement d'Hachem lors du don de la Tora aux enfants d’Israël : « Descends avertir le peuple. Ils pourraient se précipiter vers le Seigneur pour contempler sa gloire, et beaucoup d’entre eux périraient.» (Exode 19-21)... 

En effet, la vie c’est l’association du corps et de l’âme, de deux forces contraires chez un homme doué du libre arbitre qui amène à réaliser des réparations merveilleuses dans tous les mondes spirituels.

L’équilibre nous est donné à Yom Kippour puisque c’est une mitswa de manger la veille (augmentant la force du corps) et de jeûner pendant le jour du Grand Pardon (renforçant l’âme). De même le Cohen Gadol qui rentrait dans le Saint des Saints devait se changer à plusieurs reprises s’habillant tantôt de vêtements en or tantôt de simple tenues blanches pour ne pas laisser trop dominer son élan d’attraction de sainteté.

Celui qui maitrise ainsi comme il faut les deux forces contraires méritera par sa Téchouva que ses fautes (venant du corps) se transforment en mérites. Cela correspond au niveau du pardon de nos péchés le jour de Yom Kippour. (Liqouté Halakhoth, Yom Tov, 5)

« Signifie à Aaron ton frère, qu’il ne peut entrer à toute heure dans le sanctuaire… s’il ne veut encourir la mort. » (Lévitique 16-2)

C’est l’avertissement qu’a reçu Aaron après la mort de ses fils. Ce n’est uniquement grâce au service de Yom Kippour (qui représente la réparation de l’alliance, c'est-à-dire la pureté sexuelle, puisque c’est ce jour là qu’Abraham notre père a réalisé la mitswa de la Brith Mila) qu’il pouvait pénétrer dans le Saint des Saints. 

Le Grand Prêtre par son rituel et ses sacrifices arrivait à soumettre le souffle bestial que représente l’immoralité. L’obligation pour lui d’être marié, comme il est écrit (Lévitique 16-6) « afin d’obtenir grâce pour lui-même et pour sa maison. » lui donnait la force de rentrer dans le Saint des Saints et d’attirer le pardon. (Liqouté Halakhoth, Yom Kippour, 1)

« Ainsi (Bé Zoth) Aaron entrera dans le sanctuaire… » (Lévitique 16-3)

Le verset dit (Lévitique 16-3) : « Ainsi (Bé Zoth) Aaron entrera dans le sanctuaire… » Bé Zoth fait allusion à la pureté des mœurs comme il est dit : Voici (zot) l’alliance que vous préserverez. C’est la raison pour laquelle nous lisons le passage des unions interdites le jour de Yom Kippour.

Selon la simple vérité, il n’existe pas de remède pour celui qui transgresse, comme ont dit nos Sages de mémoire bénie : « On a interrogé la Sagesse et Elle a répondu : L’âme qui faute doit mourir. » Cette vérité est celle des Anges qui se sont opposés à la création de l’homme. 

En effet ils ont vu que l’homme fauterait devant Hachem et qu’aucune réparation n’était possible selon eux… Mais ils ne connaissaient pas la très grande miséricorde de D.-eu qui est la Vérité des Vérités qu’il est impossible de comprendre. C’est de là que vient le pardon des péchés d’Israël le jour de Kippour

Ce n’est donc pas n’importe quel homme qui peut accéder à cette Vérité Sainte représentée par le Saint des Saints. Même le Grand Prêtre ne pouvait atteindre un tel niveau que le jour de Yom Kippour, après avoir réalisé un rituel ordonné par D-ieu, afin d’attirer pardon qui provient de la Vérité des Vérités, de la miséricorde infinie du Créateur. (Liqouté Halakhoth, Yom Kippour, 1 et Ribith 5)


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Sara bath Ra'hel.