Comportement animal en costume trois-pièces

(Stylo Mont-Blanc "Pape Jules II" 5 800 €)

“Diriger un pays n'exige pas une grande intelligence ou sophistication. L'honnêteté et la simplicité suffisent.” (Histoires de Rabbi Na'hman – Le sophistiqué et le simple)

Lorsqu'une personne pense pouvoir servir son pays et le diriger pour son bien, elle fait réellement preuve d'un sentiment élevé d'auto-abnégation. Pour correspondre à cette description, cette personne doit posséder des qualités exceptionnelles et s'effacer entièrement devant l'intérêt national. Ce qui nous sépare des animaux est précisément cette faculté : la réflexion intellectuelle qui nous amène à relativiser nos instincts, nos envies. À l'opposé, l'animal vit sans réfléchir et en cherchant à satisfaire ses plus bas instincts.

Le plus nous accordons de l'importance à l'aspect matériel de notre vie, le plus nous nous rapprochons du statut d'animal. Dans ce cas, se comporter comme un animal prend le plus souvent une des deux formes suivantes. Dans la première catégorie entrent les individus qui désirent vivre leurs plaisirs, même aux dépends des autres. Ils n'hésitent à être violents (le plus souvent envers les femmes) pour assouvir ce dont ils ont envie/besoin.

Dans la seconde catégorie entrent les personnes qui sont trop raffinées pour un tel comportement et qui ont besoin de l'appréciation des autres à leurs égards. Ces personnes possèdent dans la majorité des cas une position publique visible (hommes politiques, acteurs, sportifs...) et elles s'en servent pour soutirer d'avantage de bénéfices.

Imaginons une personne à la tête d'un gouvernement et dont l'amour pour les stylos est sans fin, maladif. Voilà l'exemple parfait d'un animal en costume trois-pièces. Peu importe que cet individu soit respecté dans les forums mondiaux et que le président des États-Unis lui rende visite. Peu importe qu'il faille s'adresser à lui avec le plus grand respect, dû à son poste. Cette personne est un animal à deux pattes.

Le comportement animal de l'homme enfreint la dignité humaine, les lois les plus élémentaires de l'honnêteté et de la simplicité. Rapidement, l'amour des stylos ne suffit plus. On convoite les meilleures – et les plus chères – suites dans les hôtels de luxe; on désire occuper le meilleur – et le plus cher – siège dans les avions...

Nous possédons les dirigeants que nous méritons. Si nous accordions moins d'importance à l'aspect physique de la vie, nous voterions plus facilement pour une personne honnête et simple. Ne pas demander – ou accepter – l'argent d'une tierce personne pour s'offrir des folies matérielles; ne pas enfreindre les lois – morales et civiles – de notre pays; se contenter d'un stylo Bic. Au moins, si nous pouvions envisager de vivre réellement de la sorte.

Souhaitons à nos dirigeants de débarrasser le plancher et de laisser la place à ceux et celles qui possèdent une véritable vision humaine de la vie. Amen.