Parler de son émouna (foi)

Partager son émouna (foi)
“David-Yits’haq,

Je ressens un fort besoin d’essayer de convaincre les personnes autour de moi – même si elles ne sont pas très croyantes – que D-ieu est avec nous et que notre devoir consiste à faire ce qu’Il attend de nous (mitswoth, ‘hassidouth…). Fais-je bien en agissant comme cela ou vaut-il mieux ne pas en parler et laisser agir D-ieu seul ?

Peut-être suis-je mal compris et par cela, je ne fait qu’aggraver les choses. D’un autre côté, cela est peut-être positif car les personnes peuvent ouvrir les yeux (même s’il ne s’agit que d’une seule personne.) Merci de me répondre.” Stéphane N. (Israël)

Stéphane,

Votre intérêt pour les autres personnes est remarquable. De fait, notre plus grand ennemi est notre “cœur de pierre” qui nous fait ressembler à une statue de marbre et qu’aucun sentiment ne peut atteindre. Si vous sentez ce besoin de parler et de partager votre émouna (foi) avec les personnes de votre entourage, il est certain que votre cœur est cher aux yeux de D-ieu. Je vous envie !

Parler de son émouna

Partager ses propres convictions religieuses est un aspect important de notre rapport avec Hachem. Trop souvent, nous pensons que nous devons garder cela au fond de nous-mêmes et révéler notre amour de D-ieu lorsque nous sommes à la synagogue – avec un livre de prières entre les mains – ou entre personnes “déjà convaincues.”

Il n’y a rien de plus faux et le fait est que parler de D-ieu à des personnes et dans des endroits qui en sont apparemment très éloignés révèle encore plus la Gloire divine. Cependant, il existe des écueils qu’il est bon de ne pas ignorer.

Lorsqu’une personne est entrain de commettre un acte qui s’oppose à la Volonté divine – que D-ieu nous préserve – elle peut être comparée à un individu en colère. Nous savons tous qu’il n’est pas opportun d’essayer de convaincre une personne en colère : ceci ne peut que l’énerver encore plus. Ainsi, vous avez certainement raison d’être méfiants à partager votre émouna avec une personne, si celle-ci est entrain de commettre ce qu’elle ne devrait pas.

Également, il existe une règle halakhique (de la loi juive) selon laquelle il est préférable de laisser faire une action interdite par une personne, plutôt que de lui dire que cela est interdit si l’on ne pense pas être écouté. Dans le premier cas, la justice céleste essaiera toujours de trouver des circonstances atténuantes au comportement de la personne. Dans le deuxième cas, celle-ci ne pourra pas prétendre qu’elle ne savait pas vraiment ce qu’elle faisait : vous l’aviez prévenue !

Ainsi, vous avez raison de réfléchir avant d’agir. Pour autant, l’action est possible si elle est faite en demandant à Hachem de nous aider à percevoir les moments propices. Ceci est la première règle : avant d’intervenir et de parler de notre émouna à ceux et celles qui en semblent éloignés, nous devons prier de demander l’assistance céleste afin de trouver les bons moments, les bons mots… Il est de la première importance de prendre conscience que notre réussite est décidée au Ciel et ne dépend pas vraiment de nous.

La deuxième règle est de savoir être patient et de toujours attendre “la fin de l’action” avant de passer à l’acte. Il est très bien de parler de D-ieu à un jeune homme qui en est éloigné, mais lorsque celui-ci est entrain de danser un solo avec une jeune fille, le moment est sans doute mal choisi pour lui rappeler l’existence d’Hachem.

Enfin, la troisième règle est de s’assurer que nous parlons aux autres parce que nous les aimons et que nous avons la conviction d’agir pour leur bien. Si nous agissons pour notre propre gloire ou pour une autre raison de la sorte, il est certainement préférable de garder la bouche fermée.

Stéphane, je vous encourage à demander le plus souvent possible à Hachem de vous aider à parler avec le ton juste. N’ayez crainte : plus vous supplierez le Maître du monde, plus Il vous aimera ! Votre désir vous honore et vos mots sont doux à lire. Puisse le Créateur vous aider dans votre démarche.