Paracha Tsav - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Tsav - Rabbi Nathan de Breslev

Dédié à l’élévation de l’âme de Shlomo Nativ et à la guérison du jeune blessé durant l’attentat de Bat ‘aïn. A la guérison d’Israël Chalom ben Julie Rzala, Rina Brakha bat Esther, Ya’ël bat Esther et René ben Denise.

Dans la leçon 24, deuxième tome du Liqouté Moharan, Rabbi Na’hman de Breslev enseigne que la détérioration de la joie est la cause essentielle de la maladie.

Même si la maladie s’exprime par un déséquilibre physiologique, ce dernier est la conséquence de l’absence de joie authentique, c'est-à-dire d’un éloignement conscient ou inconscient de D-ieu. Or pour être bésim’ha il faut s’attacher à la véritable connaissance : le da’at.

Rabbi Nathan de Breslev explique :

« La délivrance d’Egypte eut lieu essentiellement grâce à la sim’ha car la sim’ha est le monde de la liberté ainsi qu’il est écrit " vous sortirez dans la joie " (Isaïe 55), tandis que la tristesse est la cause de l’exil et correspond à l’exil de la Chékhina (la Présence divine). Mais la matsa parce qu’elle donne du da’at procure la vraie joie, elle répare notre cerveau des fermentations provoquées par les mauvaises manières de penser » (Liqouté Halakhoth Pessa’h 1&2).

En résumé La matsa donne du da’at, ce dernier construit notre véritable joie et nous fait rentrer dans le monde de la liberté, c’est pourquoi on doit la manger accoudé comme un homme libre…

Mais qu’est-ce que le da’at ?

Le da’at est un type de connaissance qui réussit à allier les contraires, il est représenté par Moché dont le nom correspond aux initiales de Mah’loket Chamaï Hillel (la controverse entre Chamaï et Hillel). Ces deux sages, et leurs écoles par la suite, étaient en opposition constante au niveau de la compréhension de la Torah mais ils vivaient en paix et n’hésitaient pas à marier leurs enfants.

Car telle est la vraie sagesse : paradoxale, c’est la raison pour laquelle elle ne s’enseigne que par des controverses, talmudiques, midrachiques, halakhiques etc. Et le paradoxe ultime réside dans le fait que D-ieu dirige le monde dans ses moindres détails et que l’homme, paradoxalement, ait la liberté de construire son histoire. Sa vie est pleine de sens, ses bonnes actions sont vraiment méritoires.

Rabbi Na’hman enseigne que le Chalom n’a de sens que lorsqu’il est fait entre les contraires. Au lieu de refuser les contradictions de l’existences, les controverses et les contrariétés, acceptons les afin de pouvoir grandir grâce à elles.

Lorsqu’on arrive à vivre avec cette conscience on a du da’at et par conséquent la joie de s’exprimer pleinement en tant qu’être humain tout en laissant à D-ieu la place qui Lui revient. Cela s’appelle le chalom baït.

Mais lorsqu’on refuse le paradoxe à cause d’un trop plein de logique, symbolisé par le ‘hamets et les mauvaises pensées, on rentre dans le monde de l’exil ; car soit on évacue D-ieu de son existence soit on Lui donne une place qui nous empêche d’exister sous couvert de religiosité.

La conséquence infaillible de ces deux erreurs est une vie sans joie, un manque de communication et de sourire, avec ou sans kippa sur la tête.

"" c’est la bouche, "Ssa’h" c’est la parole, Pessa’h signifie une bouche qui parle, qui raconte les bontés de D-ieu pendant la haggadah afin de nous faire ouvrir la bouche toute l’année en Lui parlant régulièrement afin de sortir d’exil.

La joie, le Chalom, le Da’at, la bonne santé, la liberté, se construisent en communiquant sincèrement avec D-ieu, avec l’autre, avec soi-même. D’ailleurs Machia’h a les mêmes lettres que Messia’h qui signifie : faire parler.

Ouvrons la cette bouche, comme le dit Rabbi Na’hman : parler à D-ieu est le meilleur moyen de s’approcher de Lui réellement. Il n’attend que cela.

Rav Éliyahou Haviv