Nos enfants et nos nerfs


L'aspect le plus délicat à négocier dans notre rapprochement de D-ieu est celui de notre effacement, de notre annulation. Idéalement, nous ne devrions pas exister. Aucun désir ou aucune volonté, à l'exception de ceux du Créateur. Ne pas exister ne signifie pas ne pas vivre ou vivre comme un légume. Plutôt, il s'agit d'utiliser au maximum de leur potentiel nos capacités intellectuelles, mais uniquement dans le but de nous rapprocher de D-ieu.

Lui, c'est Lui et moi, c'est moi

Dans le domaine spirituel, il n'existe qu'une voie à emprunter. Celle-ci nous rapproche ou nous éloigne de D-ieu. Chaque personne étant différente, nous avons le loisir de nous rapprocher ou de nous éloigner plus ou moins vite. Cependant, chaque seconde qui passe, nous avons fait un pas vers le Maître du monde, ou – que D-ieu nous préserve – nous nous en sommes éloignés-es.

S'éloigner de D-ieu ne signifie pas toujours commettre des actes abominables. Nul besoin d'être un brigand des grands chemins pour tourner le dos à Hachem ! Certes, chaque transgression des halakhotes (lois juives) représente une brèche importante dans notre relation avec le Divin. Cependant, il existe d'autres types d'éloignement qui ne sont pas sanctionnés par la loi.

Chaque pensée, parole ou acte qu'une personne fait pour son propre intérêt l'éloigne de D-ieu. Ainsi, penser à des sujets immoraux n'est pas sanctionner à proprement parler par la halakha. Pourtant, cela ressemble à un mari qui dirait à sa femme : “Chérie, tu vas être contente : je ne t'ai pas trompé aujourd'hui ; j'ai seulement pensé toute la journée à ma secrétaire !” Ce mari aurait-il des chances de remporter les palmes du meilleur mari de l'année ? Si nous nous plaçons dans cette situation, pouvons-nous penser que cela plaira à D-ieu ?

Également, si je me laisse à parler sur les autres ou à prononcer des paroles futiles, je m'éloigne un peu plus chaque fois de D-ieu. Enfin, si je passe mon temps à faire les magasins ou dans les stades de football, il ne faudrait pas que je pense qu'il s'agisse de la meilleure façon de rencontrer la sainteté (même si cela est certainement possible dans ces endroits).

Les enfants pour nous éduquer

C'est sans doute pour cela que D-ieu nous demande d'avoir des enfants. Connaissez-vous des personnes qui vous contredisent plus souvent ? Rencontrez-vous souvent des personnes qui ont le don pour faire l'exact opposé de votre volonté ? Tout cela est fait pour nous tester.

Si D-ieu nous demande d'enfanter, il est évident que la raison n'est pas démographique. Le Maître du monde n'aurait-Il pas pu créer à chaque génération le nombre de personnes nécessaires à la survie de l'espèce humaine ? Plutôt, si nous devons enfanter, c'est que l'éducation de nos enfants nous enseigne un fondement du Service divin : l'annulation de soi, le bitoul.

Les parents sont confrontés tous les jours à cette situation : l'énervement possible face au comportement de leur progéniture. Dans certains cas, certains se demandent même si le jeu en vaut la chandelle ! Pourtant, si le commandement de la procréation est le premier à être inscrit dans la Bible, c'est qu'il nous permet de nous offrir la clé du début de notre rapprochement avec D-ieu : l'oubli de soi-même.

Si nous désirons élever nos enfants dans la joie, nous devons nous concentrer à faire du mieux que nous pouvons notre travail de parents. Certes, nous faisons beaucoup de fautes, mais cela n'est pas grave : en fin de compte, c'est D-ieu qui nous a créés imparfaits ! Cependant, la réaction de nos enfants et leurs comportements quotidiens se situent hors de notre domaine et ne devrait pas – d'une façon idéale – affecter notre état d'esprit. Cela n'est pas facile, mais si nous savons qu'il s'agit de la direction à prendre, nous pouvons espérer nous en approcher chaque jour.