Se convertir au judaïsme (3)


(Ceci est la troisième partie d'une série d'articles à propos de la conversion au judaïsme et de ses différents aspects. Pour lire la deuxième partie, cliquez ici.)

Nous avons expliqué dans le premier article de cette série l'importance de prendre conscience qu'en désirant se convertir au judaïsme, une personne prend la responsabilité de se rapprocher de D-ieu et décide de remplir la Volonté divine de la meilleure façon qu'elle peut. Ainsi, nous avons noté l'aspect crucial de l'écoute attentive de la part du futur converti aux conseils qu'il reçoit des autorités rabbiniques en charge de sa conversion. Nous avons également mentionné l'écueil à éviter absolument : penser qu'un rabbin représente un obstacle à la conversion. Plutôt, il est celui qui permet à la personne non juive de se rapprocher d'Hachem, selon ce que le Créateur désire (ce qui ne correspond pas toujours à ce que veut le futur converti.)

Dans le deuxième article, nous avons expliqué les raisons pour lesquelles un processus de conversion ne peut pas réellement démarrer aussi longtemps que le converti potentiel ne vit pas au sein d'une communauté juive, ou à une distance raisonnable de celle-ci. Vouloir se convertir, c'est vouloir vivre comme un juif ; faut-il encore qu'il y en ait autour du futur converti ! Dans l'article d'aujourd'hui, nous répondrons à la situation délicate des couples au sein desquels un conjoint désire se convertir, tandis que l'autre ne le désire pas.

Et mon conjoint dans tout cela ?

C'est une chose de vouloir devenir juif, mais il en est une autre de séduire son conjoint à cette idée. Dans la mesure où ni le mari ni la femme ne sont juifs et qu'un seul envisage de se convertir, le couple fait face à une difficulté de taille : l'interdiction biblique pour un juif de se marier avec une personne qui ne l'est pas. Ainsi, dans la mesure où le converti potentiel poursuivrait jusqu'à son terme sa conversion, une seule solution s'offrirait à lui : quitter son conjoint dès l'instant où il deviendrait juif.

Bien sûr, cette situation est théorique : aucune autorité rabbinique ne serait d'accord pour mener à bien une conversion si pendant ce processus – qui dure plusieurs années – le candidat vivait avec une personne non juive. Cela s'explique facilement : avant de frapper à la porte du palais royal afin d'y entrer (c'est-à-dire de proclamer qu'on respecte la volonté de D-ieu), une personne doit s'assurer qu'elle n'attirera pas sur elle la Foudre divine par son attitude et ses actions.

L'interdiction biblique pour une personne juive d'en épouser une qui ne l'est pas est claire et sans appel. De fait, il est écrit (Deutéronome 7:3) : « Ne t'allie avec aucun d'eux [les peuples du monde] : ta fille ne la donne pas à son fils et sa fille, n'en fais pas l'épouse du tien ! » En aucun cas, le Maître du monde n'appose Son sceau d'approbation aux couples mixtes (juif-non juif), ni même à une simple vie commune qui n'a pas été sanctionnée par un mariage civil.

Le plus souvent, les raisons pour l'existence des mitswoth ne sont pas données par Hachem. C'est pour cela qu'un juif mange kacher.... simplement parce que le désire ainsi le Ciel. Si Chabath tombe le samedi plutôt qu'un autre jour de la semaine, il n'est pas possible à l'entendement humain d'en saisir la signification. Nous l'avons souvent dit : servir le Créateur commence par la modestie. Celle qui consiste à admettre nos propres limites intellectuelle en est une grande preuve.

Cependant, dans le cas de l'interdiction de mariage avec une personne non juive, la raison est donnée (id. 7:3) : « Car il détacherait ton fils de Moi, et ils adoreraient des divinités étrangères... » Ceci est une vérité que les couples mixtes démontrent chaque jour : la grande majorité de leurs enfants ne sont pas élevés selon les valeurs juives et des âmes qui auraient dû grandir dans une ambiance de sainteté sont laissées en proie aux valeurs non juives.

Ceci s'aggrave lorsque c'est le père qui est juif et non la mère. Dans ce cas, les enfants de l'homme juif ne le sont même pas ! La Guémara apprend cela du verset que nous avons cité précédemment et où il est dit que si une personne donnait sa fille à un non juif, celui-ci « détacherait ton fils [c'est-à-dire le fils de la fille] de Moi. » La Guémara Yoma (23b) déduit de cela que si les enfants de la fille sont appelés les fils de leur grand-père (c'est-à-dire qu'ils sont juifs), le verset ne le dit pas pour les enfants du fils qui aurait épousé une non juive. Ce verset est la source selon laquelle le judaïsme d'une personne dépend du statut de sa mère et non de celui de son père.

Dans le prochain article, nous expliquerons pour quelle raison il ne serait pas une bonne idée (c'est-à-dire voulu par Hachem) de se séparer de son conjoint afin de pouvoir se convertir.

À suivre...

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Corinne bath Deborah.