Se convertir au judaïsme (2)


(Ceci est la deuxième partie d'une série d'articles à propos de la conversion au judaïsme et de ses différents aspects. Pour lire la première partie, cliquez ici.)

Une personne qui désire se convertir au judaïsme ne vit pas forcément dans une grande ville où il existe une communauté juive. Même si depuis l'aube des temps il a toujours été possible de penser se convertir tout en habitant un village isolé, les moyens modernes de communication auxquels nous sommes exposés de nos jours nous permettent d'apprendre, de nous documenter, d'entrer en contact avec un nombre important de personnes... tout en restant au fin fond de sa vallée des Pyrénées !

Un charbon ardent qui s'éteint

Lorsqu'un individu aborde un rabbin pour lui faire part de sa volonté de se convertir, un des critères pris en considération est le lieu d'habitation du potentiel converti. Soyons honnêtes : la conversion d'une personne qui vit dans un lieu dénué de vie juive est peu probable. Je précise que par « vie juive » je ne fais pas référence à un quelconque festival annuel de films israéliens, ou à un restaurant dans lequel il est servi des falafels ou encore à la présence d'une synagogue qui était ouverte il y a... quelques centaines d'années !

Par « vie juive », je fais référence à tout ce dont une âme juive a besoin pour vivre pleinement et pour s'épanouir. Cela inclut (sans être exhaustif) : la présence d'un minimum d'une synagogue dans laquelle des services religieux sont organisés plusieurs fois par jour (pour les prières du matin, de l'après-midi et du soir), une école juive religieuse (c'est-à-dire qui suit la halakha), un établissement dans lequel on enseigne et étudie la Tora, le Talmud, l'éthique... Également, la présence de commerces dans lesquels il est possible d'acheter des aliments kachers est préférable. De fait, il n'est pas toujours pratique de devoir conduire pendant une heure ou deux pour aller acheter son steak haché ou sa baguette.

Cette vie juive n'est pas un « plus » ; plutôt, elle est une condition obligatoire afin de continuer son évolution dans son judaïsme. Cet aspect de la vie juive n'est pas particulier aux personnes qui désirent se convertir ; une personne juive de naissance à également besoin d'un environnement qui lui permet d'apprendre, de prier, d'envoyer ses enfants à l'école... Une analogie nous permettra de mieux comprendre cette idée.

Il arriva qu'un des membres d'une communauté juive se disputa avec les autres. Sur le coup de la colère, il décida de ne plus se rendre à la synagogue pour les prières, ni pour l'étude. En d'autres termes, il mit fin à sa vie communautaire. Il ne fallut pas beaucoup de temps au rabbin de cette communauté pour s'apercevoir de la situation et de décider ce qu'il devait afin d'y remédier.

Un beau matin, le rabbin se rendit chez cette personne. Cette histoire se déroulait pendant l'hiver et le propriétaire des lieux avait allumé un grand feu de cheminée afin de se réchauffer. À la vue du rabbin, la personne ouvrit grande la porte et lui fit signe d'entrer. Le rabbin alla s’asseoir sur un des fauteuils qui se trouvaient exactement devant la cheminée ; il s'assit et resta silencieux. Ne sachant pas quoi faire ni dire, la personne prit place dans le fauteuil à proximité de celui du rabbin.

Après quelques minutes, le rabbin se saisit du tison et commença à attiser les charbons ardents. Lorsque ceux-ci furent tous écarlates, il en écarta un. En quelques secondes, le charbon redevint noir et sembla avoir perdu la vie. Le rabbin fixa de ses yeux le morceau de charbon pendant plusieurs minutes. Soudainement, il se leva... et partit sans dire un mot.

Le maître des lieux ne manquait pas d'intelligence et il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre le sens véritable du comportement du rabbin : une âme juive doit se joindre à d'autres si elle désire rester en vie. Seule et à l'écart de tous, cette âme court le danger de perdre sa vitalité et de s'éteindre, du moins d'une façon spirituelle.

En conclusion, il me suffit de dire que la vie au sein d'une communauté est une obligation incontournable du processus de conversion. De plus, la personne convertie n'agirait pas avec beaucoup d'intelligence si – une fois convertie – elle allait vivre dans un endroit dénué de vie juive.

Dans un prochain article, j'aborderai le cas des personnes qui désirent se convertir au judaïsme, tandis que leur conjoint(e) ne l'est pas et n'envisage pas de le devenir.

À suivre...

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Céline bath Esther.