Pour quelle raison voyageons-nous chez le Tsadiq ? (3)


(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Afin de lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Moché n'est pas mort

Nos Sages ont enseigné que Moché n'est pas mort. Ils ont appris cela des versets (Deutéronome 34:5) : « C'est donc [au Mont Nevo] que mourut Moché, » tandis qu'il est écrit dans un verset différent, lorsque Moché grimpa sur le Mont Sinaï (Exode 34:28) : « Et [Moché] se trouvait avec Hachem. » Nos Sages ont enseigné : « De la même façon que Moché se trouvait sur le Mont [Sinaï] devant Hachem afin de Le servir, il se trouvait sur le Mont [Nevo] devant Hachem afin de Le servir. »

Nous apprenons de cela que Moché ne mourut pas – ni qu'il fut enterré – de la façon simple qu'on pourrait le croire avec une lecture superficielle de la Tora. Plutôt, Moché – comme tous les véritables Tsadiqim – continue de servir Hachem d'une façon identique avant ou après sa mort, lorsqu'il quitta physiquement ce monde. Nos Sages ont enseigné qu'en réalité, les Tsadiqim servent Hachem d'une façon encore plus élevée après avoir quitté ce monde. De fait, il est dit que les Tsadiqim sont encore plus grands après leur mort que lorsqu'ils étaient en vie en ce monde.

Dans la paracha Vayelekh, il est écrit (Deutéronome 31:17) : « En vérité, c'est parce que D-ieu n'est plus au milieu de nous que nous sommes en butte à ces malheurs.». Selon le Arizal, les mots « D-ieu n'est plus au milieu de nous » fait allusion à l'échec de lier notre âme à notre maître Moché d'une façon complète et en tenant compte des différents niveaux de l'âme (nefech, roua'h, nechama). Ceci est la raison pour laquelle nous nous sentons éloignés d'Hachem. Si nous sentons que D-ieu n'est pas avec nous – qu'à D-ieu ne plaise – c'est parce que nous sommes éloignés des véritables Tsadiqim.

Cependant, nous savons qu'une personne qui décide de se purifier reçoit l'aide du Ciel. Selon le Midrach Hané'élam, cela signifie que l'âme d'un Tsadiq rejoint cette personne et l'aide dans son Service divin en liant les différents niveaux de son âme avec la sienne. En d'autres termes, cela veut dire que les gestes, le discours et les pensées de la personne qui désire faire téchouva sont marqués par la Sainteté d'un Tsadiq qui a vécut précédemment et qui excellait dans le domaine où la personne éprouve maintenant des difficultés.

Dans ce contexte, nous pouvons maintenant comprendre la raison pour laquelle Rabbi Na'hman a dit qu'après les Tsadiqim ont vécu en ce monde, il devient plus facile de se renforcer et de réussir nos épreuves dans le domaine spirituel.

Se battre contre le véritable Tsadiq

Plus une personne sombre dans les désirs matériels, plus elle se pose des questions et a des doutes à propos des véritables Tsadiqim. Selon elle, il est évident que la voie des véritables Tsadiqim n'est pas celle que nous devons emprunter afin de servir réellement Hachem. Cette personne pense de la sorte, même si son respect envers Hachem et son amour pour l'étude de la Tora sont particulièrement fragiles et légers.

Plutôt que de faire le constat de sa propre situation avec beaucoup d'humilité et d'admettre que ce sont ses fautes qui la fait s'opposer au véritable Tsadiq, elle préfère penser que le Tsadiq se trouve dans l'erreur et elle se donne le droit de chercher une preuve de ses erreurs ! Plutôt que d'avouer que nous sommes remplis de fautes et que nous n'avons pas commencé à purifier réellement nos yeux, nos oreilles, notre nez et notre bouche – ainsi que nos autres membres – nous sommes remplis d'arrogance envers nos plus grands leaders spirituels.

C'est pour cette raison que notre principale mission spirituelle et de chercher le sens profond de l'enseignement du Tsadiq ; nous devons simplement admettre que nos fautes déforment l'aspect extérieur que nous recevons de la Tora (les paroles que nous entendons), mais pas son aspect intérieur (la valeur intrinsèque de la Parole divine). C'est seulement lorsqu'une personne ne cherche pas l'essence intérieure des choses qu'elle ne s'aperçoit pas de la beauté et du charme des véritables Tsadiqim.

Lorsqu'un individu se trouve dans cette situation, il place les Tsadiqim dans un aspect de « mort ». Cela peut être comparé à D-ieu qui a dit à Moché (Deutéronome 32:50) : « Meurs sur la montagne (…) et rejoins tes pères. » Cependant, dès l'instant où une personne cherche d'une façon plus profonde, elle constate d'elle-même ses erreurs et elle peut « se lever » (Deutéronome 6:7) d'elle-même. Dans la mesure où les Tsadiqim possèdent un aspect de Moché, ils sont remplis d'humilité et ils acceptent tous les individus qui désirent s'approcher d'eux, s'ils sont remplis d'un véritable désir de changer.

Une personne qui se renforce et décide de chercher la vérité se lèvera – en dépit des barrières apparentes et des obstacles – afin de se rendre chez les véritables Tsadiqim ; grâce à cela, elle atteindra la rectification spirituelle dont elle a besoin et qui possède un aspect de la résurrection des morts.

Cette personne saisira la Sainteté des os de Yossef que Moché prit avec lui lorsque les juifs quittèrent l'Égypte [en hébreu, le mot « os » (atzmoth) vient du mot « etzem » qui signifie « essence, aspect intérieur »]. Ceci est une allusion au fait que Moché fait pénétrer la lumière d'Hachem dans les os du peuple juif, à travers les Tsadiqim. Ceux-ci représentent la compréhension profonde que chaque âme juive devrait avoir de sa mission en ce monde : révéler la gloire de D-ieu.


Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Carine bath Stéphanie.