Paracha Vayaquel - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha VaYéqel Péqoudé - Rabbi Nathan de Breslev

Dédié à la réfoua chéléma d’Israël Chalom ben Julie Rzala et à la metsiat ha zivoug hagoun min hachamayime pour Tsophia bat deya

« Moché rassembla toute la communauté d’Israël et leur dit : voici les paroles que D-ieu nous a ordonné d’accomplir. Durant six jours le travail sera fait et le septième jour sera saint pour vous, un Chabat pour D-ieu, celui qui travaillera en mourra ».

Rabbi Nathan de Breslev enseigne qu’au lieu de dire « Taassé mélakha – tu feras ton travail », le verset nous dit « Téassé mélakha – le travail sera fait » à la forme passive, ce qui signifie que le travail se fera par lui-même. Il précise :

« Grâce au Chabath, on mérite que le travail se fasse par lui-même. Car la vitalité et l’abondance des six jours de la semaine sont dues au repos et à la sérénité du Chabath… Par conséquent l’homme doit effectuer tous les travaux et transactions commerciales des six jours de la semaine en sachant et en croyant qu’en vérité il ne fait rien par lui-même car tout vient de D-ieu » (Liqouté Halakhoth, Chabat 3-3).

Rien, rien de rien...

C’est la raison pour laquelle notre paracha de la semaine commence avec l’injonction du Chabat pour continuer avec les travaux du Mishkan qui représentent la source de tous les types de travaux au monde. Afin de se rappeler qu’en vérité nous ne faisons rien par nous-mêmes.

Un peu dur à avaler n’est-ce pas !

La théorie du « il faut aider D-ieu à nous aider » en prend un coup. C’est dommage parce que parfois elle nous arrange bien cette théorie, surtout pour justifier de longues journées de travail au détriment de la famille et-ou de l’étude. Je n’ai pas le temps…

Rabbi Na’hman de Breslev raconte l’histoire suivante :

Une fois, un pauvre errant arriva dans une ville alors qu’il n’avait pas mangé depuis deux jours. Il se dirigea vers les plus belles maisons pour demander la charité. Après avoir frappé à la porte de la plus belle maison, un propriétaire lui ouvrit et écouta sa requête. Il lui proposa alors un marché : va me couper ce bois et je te donnerai un bon repas. 

Le pauvre n’ayant d’autre choix que d’accepter, il travailla dur plusieurs heures et vint ensuite demander son salaire. Le riche lui montra une maison en face de la sienne et lui dit de s’y présenter, là bas on te donnera à manger. Effectivement, on l’installa à une table mais on lui offrit un modeste repas : une soupe chaude avec un morceau de pain et un fruit. Il était en train de grogner lorsque quelqu’un lui demanda les raisons de sa mauvaise humeur. Il répondit qu’après avoir travaillé si dur, il méritait un meilleur repas. 

Ce qu’il ne savait pas, c’est que le riche d’en face était radin et qu’il avait tout simplement profité de lui gratuitement pour l’envoyer ensuite en face, où de toute façon on offrait un repas à chaque pauvre qui le demandait. La personne qui l’avait interrogé n’était autre que ce généreux donateur qui lui dit : ce que tu as travaillé est une chose en soi, ce que tu as mangé est une chose en soi.

De la même manière nous dit Rabénou, le travail de l’être humain est une chose en soi et ce qu’il mange est une chose en soi. C'est-à-dire qu’il n’y a pas de rapport entre le labeur effectué et les revenus d’un individu. Celui qui ouvre les yeux ne pourra que vérifier les milliers d’exemples confirmant une telle affirmation. Sinon il aura la possibilité de croire à l’illusion des lois de la nature qui affirment que plus on travaille, plus on gagne et que si on ne travaille pas très durement, il n’est pas possible de réussir.

A ce sujet, il est dit : « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », ceci est la malédiction de l’homme qui se trompe et croit à l’illusion du dieu travail.

Afin de réparer cette erreur, D-ieu nous a donné le Chabath.

Le septième jour nous sommes propulsés dans une sphère de conscience différente. Le repos du Chabat est un appel destiné à nous faire comprendre qu’en vérité c’est D-ieu qui fait tout le travail. Ainsi plus on se coupe du mode de fonctionnement de la semaine en s’habillant différemment, en parlant différemment, en marchant différemment, même en pensant différemment, et plus on se connecte à la conscience que D-ieu est avec nous et que c’est Lui qui fait le travail, plus on est serein et l’on réussit. La semaine prend alors un goût différent lorsque la sérénité du Chabat nous accompagne durant la semaine.

Mais pourquoi travaille-t-on ?

Sûrement pas pour l’argent mais pour réparer le monde (Liqouté Moharan 280). Chaque fois qu’on effectue des transactions commerciales en respectant les lois du massa ou matan bé émouna - commercer avec foi, on répare le monde. Diriger ses affaires avec foi (ceci inclut aussi le travail du salarié) signifie respecter la parole donnée et les règles de la Tora afférentes à notre type d’activité. Cette foi est elle-même la source d’une bénédiction qui fait que notre argent est protégé et notre travail facilité

C’est la raison pour laquelle le psaume principal du Chabat commence par « Hachem ro’i lo e’hsar – D-ieu est mon berger, je ne manquerai de rien »…

Chabat Chalom !

Rav Éliyahou Haviv