Paracha Térouma : une sainte construction

Kiwi's heart  (or kiwifruit's heart :)

Avec la paracha Térouma, nous voilà donc entrés dans la première section de la Tora traitant du Tabernacle, le Mishkan. Il est intéressant de constater la multitude de détails indiqués dans la Tora, concernant chaque élément, depuis les dimensions de l’Arche d’Alliance, jusqu’à la taille des différentes planches: un vrai plan d’architecte !

Il est clair que ceux qui ont participé à l’édification du Mishkan en avaient besoin, mais, plus de 3 millénaires après, quelle peut être la portée de tout cela ?

Le cœur : c’est la clé !

Pour mieux comprendre le Mishkan, nous avons besoin d’un mot : "lev", le coeur. La Tora décrit ceux qui élaborent les différents éléments du Mishkan comme des "‘hokhmé Lev", « des Sages de coeur ».

Étrange expression, quand on sait que la ‘hokhma (sagesse) désigne surtout l’intellect ! Que viennent faire ici les sentiments, symbolisés par le lev (le coeur) ?

« Véassou li mikdash, véchakhanti bétokham » (« Ils me feront un Sanctuaire, et je résiderai parmi eux ») (Ex. 25,8).

Non seulement au milieu des enfants d’Israël, mais plus profondément, à l’intérieur de chaque fils et de chaque fille d’Israël, car "bétokham" veut dire aussi en eux.

Construire sa vie avec D-ieu !

Ainsi, construire un édifice pour la Chékhina (la Présence divine), reflète un édifice plus intime de notre être : binian halev, la construction du coeur. Et c’est à ce stade qu’intervient la sagesse, ‘hokhma. La patience est sagesse mais l’impatience est folie. Car la construction se fait lentement, progressivement. 

Clin d’oeil : les lettres du mot ‘hokhma placées dans un ordre différent composent le mot "mé’haké", celui qui patiente. Ainsi, la sagesse du coeur est avant tout patience du coeur. Tout le défi consiste à lier intellect et sentiment, ‘hokhma et lev. Rechercher l’unité. Rechercher le Aleph.

La preuve par les nombres

Le Mishkan (Sanctuaire), était situé à l’intérieur d’un parvis (‘hatser). Le parvis était délimité par des piliers (‘Amoudim) au nombre de 56. D’autre part, les murs du Mishkan étaient constitués par des planches (Krashim) au nombre de 48.

Aux piliers extérieurs il fallait ajouter 9 piliers faisant partie du Mishkan, 5 piliers à l’entrée pour soutenir le rideau Masakh, et 4 autres plus internes, soutenant le Parokhet, rideau de séparation entre le Saint des Saints où se trouvait l’Arche d’Alliance, et le reste du Mishkan, appelé Saint. Il y avait donc au total 48 planches et 65 (56 + 9) piliers.

En hébreu, les mots sont aussi des nombres.

‘Hokhma (la sagesse) équivaut à 73. Lev (le coeur) équivaut à 32. Le lien (égued) équivaut à 8. Total : 73+32+8=113.

Quand on fait la somme des 48 planches et des 65 piliers, on obtient ... 113 ! Mais en hébreu, les nombres sont aussi des mots... 113 équivaut à l’expression « binian aleph » construction du aleph.

Harmoniser intellect et sentiment : le défi d’une Prière sincère

La lettre aleph contient 3 parties : une partie supérieure (Ps) ayant la forme d’un yod, une partie inférieure (Pi) ayant aussi la forme d’un yod, et une partie médiane (Pm) servant de jonction.

Ainsi, Ps = ‘hokhma (sagesse),
Pi = lev (coeur),
Pm = égued (lien).

Tout ceci est le secret de la Téfila. Car la prière nécessite de faire adhérer intellect et sentiment : comprendre les mots de la prière (sagesse) tout en sachant y placer son coeur (lev), et lier ces deux aspects par la parole (égued, le lien).

Parvenir à équilibrer intellect et émotion, en leur apprenant à travailler ensemble, c’est reconstruire le aleph, kéli pour la réception de la Chékhina (Présence divine).

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Israël ben Sara.