Bnei Noa'h : des choix difficiles (1)


Cher David-Yitshaq,

Je suis originaire d'un pays catholique et je ne connais presque rien du judaïsme, à l'exception d'une ou deux choses. Depuis toujours, j'ai dévoré les livres et le nombre est infini des différents styles de livres que j'ai lu dans ma vie. Même si ma famille pratique la religion catholique d'une façon très stricte – et que j'ai été moi-même très pratiquant et membre de plusieurs organisations liées à l'Église – je n'avais jamais vraiment lu les textes saints.

Du vide, tout autour

Un certain jour, j'ai réalisé que même si j'étais plutôt fervent à l'encontre de l'enseignement catholique, je ressentais toujours un certain manque en moi ; à compté de ce jour-là, je suis parti à la recherche de la nature de ce manque. J'ai rencontré plusieurs prêtres, pasteurs et même des imams musulmans ; pourtant, malgré toutes ces rencontres, le vide en moi semblait prendre de plus en plus d'importance et s'affermir un peu plus chaque jour. J'ai dit plus haut que j'ai toujours été un lecteur avide. Pourtant, les écritures dites saintes m'avaient toujours semblé ennuyeuses.

Malgré tout, avec le vide en moi qui s'agrandissait, je décidai de lire le Coran. Je choisissais d'une façon délibérée de ne pas lire la Bible dans la mesure où je l'avais apprise à l'église et à mon école durant mes jeunes années.

Quelle ne fut pas ma surprise ! Le texte du Coran déforme les nombreuses histoires et enseignements bibliques. Je cite seulement un exemple : Ichmael est le soi-disant test du sacrifice pour Avraham [à la place d'Yits'haq] ! Je me suis adressé à un imam et je lui ai posé la question suivante : « Si l'on dit que les juifs et les chrétiens ont falsifié les Écriture, pour quelle raison a-t-il fallut attendre plusieurs milliers d'années pour que Mohamed répare cela ?»

L'imam me donna une réponse peu claire et termina son exposé en me disant que de toute façon, j'étais un ennemi de D-ieu car je n'acceptais pas le Coran. Après cet échange, je me suis dis : « Et ces personnes croient qu'elle pensent réellement !» Je crois que mes questions critiques méritent des réponses et je ne comprends pas la raison pour laquelle elles furent perçues comme des attaques.

Ainsi, le vide que je ressentais était encore en moi. C'est cela qui me poussa finalement à ouvrir la Bible et... à me retrouver absorbé par sa lecture. Je tournai les pages l'une après l'autre en lisant chaque mot avec attention. Je désirais tellement en savoir davantage lorsque j'eus terminé ce que les chrétiens nomment l'ancien testament! Le vide que je sentais en moi sembla retrouver de la force, mais cette fois-ci, il était rempli d'émouna. Pourtant, après chaque page, un nombre plus important de questions se présentait à mon esprit. Combien d'incohérences et de contradictions je relevais maintenant dans les habitudes chrétiennes ! De la sorte je me mis à lire encore plus...

Cependant, lorsque je terminai de lire « l'ancien testament » et la Bible dans sa totalité, j'étais consterné : j'avais encore plus de questions à poser ! De nouveau, je me tournais vers des prêtres et des pasteurs. Je leur demandai de m'expliquer la raison pour laquelle il est écrit que l'alliance avec D-ieu est éternelle, tandis que nous n'en respectons pas la majorité. On me répondit qu'une partie de cette alliance s'adresse aux juifs et pas aux chrétiens. Cette réponse me satisfit et je pouvais donc en poser d'autres ! Celles que je posaient maintenant furent : « Pour quelle raison est-il écrit que l'alliance est éternelle, tandis que vous dites que le nouveau testament la remplace ?»; « Si Jésus priait, priait-il à lui-même ou D-ieu ?» Etc.

Cependant, toutes ces questions reçurent des réponses qui ne satisfaisaient pas mon cœur. Je sais pertinemment que certaines questions ont des réponses qui satisfont l'esprit, tandis que d'autres ne satisfont sans doute pas l'esprit, mais l'âme. Dans leurs cas, les réponses qu'il me donnaient ne satisfaisaient ni l'un ni l'autre. C'est pour cette raison que j'ai commencé à aller rendre visite à des rabbins. Les réponses que je reçus furent merveilleuses. Certaines d'entre elles donnaient même des réponses à des questions que je ne m'étais jamais posées !

Face à cette situation, je me mis à réfléchir sérieusement et en fin de compte, je pris ma décision de me convertir au judaïsme. Avec cette décision, j'acceptais de devoir affronter tout ce que je devais rencontrer : peu importe si cela devait durer des jours, des semaines ou des mois.

Cependant, mes premières tentatives pour me convertir ne rencontrèrent pas le succès : ou bien on m'ignora ou bien on me demandait de vivre aux alentours d'un rabbin ou encore, on me demandait de payer une certaine somme d'argent. J'ai alors demandé leurs avis à quelques amis juifs ; eux aussi me découragèrent, ce que je comprends.

Faire en sorte de rester Saint n'est pas une mince affaire. Ce que je trouve le plus difficile est de respecter Chabath et manger kacher. Mes parents désapprouvent ma décision de me convertir et très rapidement, je me suis retrouvé exclu de ma « nation.» Je suis devenu un véritable étranger dans une terre sur laquelle je suis pourtant né. Pour la première fois, j'ai réalisé ce que les hébreux ont put ressentir en terre égyptienne. Un certain jour, un ami m'a conseillé de tenir compte de l'environnement dans lequel j'évolue et de devenir Ben Noa'h plutôt que de me convertir. C'est ce que j'ai fait jusqu'à ce jour.

Même si je suis un Ben Noa'h, je désire tout de même me convertir au judaïsme un jour ou l'autre. Je continue à manger kacher et à respecter le Chabath. Entre temps, ma propre famille m'a renié. Malgré tout, chaque fois que je rencontre des problèmes, le seul vers lequel je me tourne est Hachem.

David-Yis'haq, mon cher ami, je vous demande de me donner votre opinion à propos du chemin que je devrais poursuivre. Je me suis adressé à de nombreux rabbins et un seul m'a pris au sérieux ; cependant, tout cela ne m'arrêtera pas. Je continuerai à avoir le même feu qui brûle en moi et seulement des louanges pour Hachem. Cela sera le cas jusqu'à mon dernier souffle de vie.

Je vous remercie,

Sincèrement,

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yoni ben Audrey.