Avoir peur de D-ieu ? (1)


Nous avons récemment discuté de l'importance de craindre D-ieu, c'est-à-dire d'avoir réellement peur de Lui. Nous sommes nombreux à ressentir une certaine difficulté à comprendre et à éprouver ce sentiment. Souvent, cela s'explique par notre perception négative de la peur : de fait, nous avons peur des mauvaises personnes, des mauvais coups... À l'opposé, Hachem est la bonté absolue et représente le « bon » dans sa plus belle expression. Ainsi, pour quelle raison devrions-nous avoir peur du Créateur ? Ne devrions-nous pas plutôt l'aimer le plus possible ?

De nombreuses questions

Il n'est pas possible en quelques lignes de rapporter la totalité des questions que nous nous posons. Pour en citer seulement quelques unes :

Doit-on réaliser les commandements d'Hachem par peur ou par amour ? Doit-on ressentir plus de peur que d'amour envers le Maître du monde, ou l'inverse ? Si nous possédons l'émouna (la foi), pour quelle raison devrions-nous avoir peur ? Ne pas craindre D-ieu est-il grave ? Ne doit-on pas avoir plus peur des hommes que du Créateur ? Si nous réalisons un commandement par amour et sans peur : cela est-il bien ? De quoi devons-nous avoir peur exactement en Hachem ?

On comprendra aisément que répondre à ces questions dépasse largement ce qu'il est possible d'écrire en quelques lignes. Cependant, en rappelant quelques principes fondamentaux du judaïsme, chaque personne pourra ensuite poursuivre sa propre réflexion. Mon souhait est de faire comprendre à tous que la « peur du Ciel » est un élément essentiel de notre relation avec le Maître du monde et qu'en son absence, nous sommes extrêmement éloignés de ce que nous demande D-ieu, même si cela ne signifie pas commettre des transgressions à Ses commandements.

Avant toute chose,c'est Hachem Lui-même nous demande de Le craindre (Deutéronome 10:12) : « Et maintenant, ô Israël, qu'est-ce-que l'Éternel, ton D-ieu, te demande ? Uniquement de craindre l'Éternel, ton D-ieu» Il est important de replacer ce verset dans son contexte. De fait, ce commandement divin a été prononcé après la faute du veau d'or et selon Rachi il signifiait que malgré cette faute, la compassion céleste continuerait à reposer sur le peuple d'Israël aussi longtemps que les juifs craindraient le Maître du monde.

L'exemple parfait de cette crainte a été exprimé par Avraham, lorsqu'il fut prêt à sacrifié Yits'haq. Au moment précis où Avraham se préparait à faire ce qu'on lui demandait, une voix venue du Ciel lui a dit (Genèse 22:12) : « Ne porte pas la main sur ce jeune homme (…) car Je sais maintenant que tu crains D-ieu.» Nous déduisons de ce verset qu'Avraham put afficher son niveau unique de dévéqoouth (attachement) à D-ieu – au point où il était prêt à sacrifier son propre fils – grâce à sa peur du Ciel.

L'opposé de Tsadiq est représenté par Pharaon. Après la plaie de la grêle, Moché avertit le roi d'Égypte qu'il allait y mettre fin. Cependant, afin de faire comprendre à Pharaon que cela ne signifiait la fin des punitions célestes, il lui dit (Exode 9:30) : « Toi et tes serviteurs, je sais que vous ne craignez toujours pas D-ieu l'Éternel.» Également, on retrouve ce trait marquant chez un autre racha' (personne méchante) et l'archétype de l'ennemi des juifs : 'Amaleq.

Lorsque celui-ci attaqua le peuple d'Israël, il est dit (Deutéronome 25:18) : « Il t'a surpris chemin faisant (…) Tu étais alors fatigué, à bout de forces et lui ne craignait pas D-ieu.» À propos de ce verset, le Midrach (Sifré, Bamidbar 11:6) souligne la gravité du péché d''Amaleq : non seulement il osa attaquer les juifs, mais en plus, il ne craignait pas le Maître du monde !


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Dahan ben Aurélie.