Paracha Yitro - Rabbi Nathan de Breslev

Shavout - Matan Torah

Dédiée à la réfoua chéléma d’Israël Chalom ben Julie Rzala, Alice Alissa bat Maïssa, Hallel bat sarah ‘Hana et Rina Brakha bat Esther.

Pourquoi la Torah n’a-t-elle pas été donnée au premier juif : Avraham ?

Se préparer : voilà ce qui compte !

C’est parce qu’il a fallu un long processus de dévotions, perpétuées à travers de nombreuses générations, pour finalement mériter de recevoir la Torah. A titre individuel on doit s’inspirer de ces dévotions pour recevoir la Torah à notre tour, c'est-à-dire faire en sorte qu’elle nous parle, nous touche et nous concerne dans tous les domaines de notre vie quotidienne.

Rabbi Nathan enseigne :

« Le dévoilement de la Torah provient essentiellement de la bonté, l’amour, le désir ardent et les aspirations à la sainteté qui permettent aux lettres de la Torah d’être assemblées et formées pour le bien. Tous les justes dont l’existence précéda le don de la Torah ne s’occupèrent que de cela, c'est-à-dire désirer ardemment et languir la présence de D-ieu. Ce fut l’essentiel de leur dévotion jusqu’à l’apparition d’Avraham qui fut la tête de tous les croyants et le premier circoncis, grâce à cela il atteint un niveau beaucoup plus complet que les autres au niveau des aspirations à la sainteté.

L’intensité de ses désirs pour D-ieu correspond à la bonté et à l’amour qui sont l’essence de sa personnalité. C’est à partir de lui que commença à briller sérieusement le dévoilement de la Torah. Par la suite les autres patriarches et les douze tribus et parmi eux Yossef, s’occupèrent aussi de cela jusqu’à l’arrivée de Moshé rabbénou et de sa génération exclusivement composée de justes, dont les désirs pour D-ieu furent tellement puissants qu’ils permirent la formation des lettres de la Torah pour le bien. Alors ils purent recevoir la Torah » (Likoutey Halakhot dam 1).

Ce n’est pas à nous d’être séduit par la Torah, c’est à nous de la séduire, de la désirer. Si on la met de côté elle ne nous parlera pas, c'est-à-dire qu’elle ne nous délivrera pas le message de son auteur : Ha-shem !

Et ce message il est essentiellement amour et bonté. Lorsqu’on s’efforce de désirer D-ieu les lettres de la Torah se forment pour le bien et la Torah se dévoile, séduite par notre approche, sous son véritable jour : ‘hésed vé ahava.

En revanche l’exil consiste à faire de la Torah uniquement une source d’angoisse, de restrictions et de punitions. En ce sens la Torah perd son charme car elle ne se dévoile pas telle qu’elle est. Les lettres s’embrouillent.

Cela ressemble au rapport avec une épouse. Lorsqu’on désire la séduire sincèrement, en la respectant, et lorsqu’on pense à elle avant de penser à nous, alors la relation est basée sur l’amour et la bonté. En revanche si l’on oublie de lui donner de l’importance elle se transforme en source d’angoisse et de pressions. Pas parce que l’épouse est mauvaise mais parce qu’elle souffre terriblement de notre absence, même si l’on semble géographiquement présent.

Il faut se réconcilier avec la Torah et la désirer, c'est-à-dire désirer qu’elle nous attache sincèrement à D-ieu, c’est ainsi que l’on peut profiter de Son amour et de Sa bonté dont la Torah est le vecteur essentiel.

C’est alors qu’on s’aperçoit que D-ieu désire ardemment le retour du plus éloigné de ses enfants et qu’Il l’aime infiniment, peu importe ce qu’il a fait, peu importe s’il a été le plus grand prêtre idolâtre du monde, même s’il s’appelle Yitro, surtout s’il s’appelle Yitro...

Une fois un élève de Rabbi Na’hman se plaignit qu’il ne ressentait pas d’envie d’étudier la Torah. Rabbénou lui demanda de ne médire sur aucun juif : car il y a 600 000 lettres de la Torah et 600 000 âmes juives fondamentales. De la même manière que lorsqu’une lettre du séfer Torah a un défaut c’est tout le livre qui est défectueux, lorsqu’on dit du mal d’un juif on disqualifie tout le peuple d’Israël.

Amour et bonté, amour et bonté !


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yits'haq ben Alexandra.