Paracha Yitro : je suis noire et je suis belle ...

Jérusalem

Dans cette section, nous recevons la Tora... En effet, c’est dans la paracha de Yitro que se dévoilent à nous les 10 Commandements. Peu nombreuses sont les sections de la Tora qui sont appelées du nom d’une personne : Yitro en est une.

Yitro : un parcours exemplaire

Conseiller à la cour de Pharaon, il se retrouve prêtre de Madian, après avoir « essayé » tous les cultes de la planète. Il finit par rejeter l’idolâtrie et se retrouve de facto éjecté de la prêtrise.

Devenu le beau père de Moché rabbénou ’alav hashalom, il reconnaît, après avoir appris les miracles d’Hachem en Égypte, la toute puissance du Créateur. La Tora est notre livre à tous : que pouvons-nous y apprendre ? Les aléas de la vie peuvent nous conduire parfois loin de l’idéal de la Tora. Combien de jeunes juifs, de jeunes juives, se retrouvent à Katmandou, écouter les enseignements de moines tibétains ? Yitro lui aussi avait goûté à toutes ces croyances.

Mais il était un chercheur. Son amour de la Vérité le poussait toujours plus loin, toujours plus profondément aussi.

Yitro : son nom est un message pour nous !

Son nom Yitro se décompose en « yéter vav » , le vav en plus.

La tradition enseigne que la lettre vav est reliée à la réflexion et à la méditation. Ainsi, Yitro ne se contentait pas de l’à-peu-près mais voulait atteindre jusqu’à l’essence même de la croyance.

D’autre part, la lettre vav a la forme d’un canal. C’est par ce canal que l’homme reçoit la lumière.

Quand l’homme laisse pénétrer en lui de fausses idées, il bouche ce canal des perceptions et ainsi se retrouve dans les ténèbres. C’est alors que l’homme doit forcer les portes : ajouter de la sainteté à sa vie quotidienne, se renforcer. Ceci correspond à yéter, le surplus. Ainsi, il forcera le canal à s’ouvrir comme auparavant.

Voir le bien en l’autre !

En apprenant à juger chacun, chacune, du bon côté, on parvient à faire des petits trous dans le « bouchon » qui bloque l’ouverture du canal. Ainsi, la lumière parvient à passer progressivement. Quand quelqu’un me fait de la peine, si je le juge malgré tout du bon côté, je peux ouvrir le canal encore plus, et ainsi faire un plus gros trou. Et si je persévère vraiment, le bouchon finira par lâcher prise.

Vous l’avez compris, le bouchon est le reliquat des ’avéroth, les saletés qui viennent s’accumuler au fond de la rivière et que l’on refait parfois revenir à la surface, troublant notre quiétude, quand on se morfond dans un passé déjà mort et enterré...

Noire mais pourtant belle

« Je suis noire, filles de Jérusalem, car l’éloignement d’Hachem me rend laide. Ah ! J’ai beau rire et plaisanter, pourtant, la joie n’est pas complète, il y manque une pincée de je ne sais quelque chose.. »

Le verset suivant dans le Cantique des cantiques (Cant. 1,6) dit : « ne me craignez pas parce que je suis noire » et Rachi d’expliquer : ce n’est pas de moi - même que je le suis.

Un océan de diamants à perte de vue

Car l’âme d’Israël est d’une grande pureté, aussi belle qu’un diamant étincelant. Je suis noire, mais belle, filles de Jérusalem, car bien que certaines de mes actions me noircissent, je suis malgré tout belle, car au fond de moi se trouve cette lumière, ce cristal qu’aucune faute ne peut altérer. Car n’est-ce pas dans une gangue noire que l’on découvre, ébahi, le plus beau des diamants ?

La Tora : le diamant d’Israël !

On trouve une allusion à tout ceci par ce qui suit : si on ajoute le nombre 10, qui symbolise les 10 Commandements, à la valeur numérique de Yitro (616), on obtient 626. Ce nombre 626 est la somme de 85 et de 541.

Yahalom, le diamant, a la valeur numérique de 85. Israël a la valeur numérique de 541. Ainsi, les 10 Commandements de la Paracha de Yitro sont le diamant d’Israël.

Un potentiel illimité qu’il faut seulement dévoiler

De plus, comme le Zohar l’explique, les personnes les plus éloignées de la Tora possèdent le potentiel de réjouir le Créateur bien plus que le Juste. Car ayant goûtées à la noirceur, elles peuvent après coup vraiment apprécier la beauté.

Et pour finir, une petite histoire

Une petite histoire pour agrémenter, tirée des Contes hassidiques de Martin Buber : « Croisant dans la rue un personnage important qui avait autant de méchanceté que de puissance, le RavRav Lévi Yits'haq de Berditchev, zatsal, alla à lui, le prit au revers de l’habit et lui dit : « Tu me fais envie, monseigneur ; lorsque la téchouva te fera revenir à Hachem, de chacune de tes tâches sortira un rayon de lumière. Ah ! Monseigneur, je suis jaloux de toi et de ton prodigieux éclat ! ».

Ainsi, quand une âme éloignée de sa source revient à son Créateur, elle révèle à toutes et tous la beauté de son propre diamant. Regardez comme je suis belle, filles de Jérusalem ! Il est vrai que j’ai été noire, mais maintenant ...

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Roman ben Danielle.