Paracha Michpatim - Rabbi Nathan de Breslev

Servant Sculpture at Dallas Theological Seminary

Dédiée à la réfoua chéléma d’Israël Chalom ben Julie Rzala, Alice Aliza bat Maïssa et Rina Brakha bat Esther.

« Lorsque tu achèteras un serviteur hébreu, six années il travaillera et la septième il sortira libre gratuitement. » (Chémot 21:2)

Dans le cas où un homme vole son prochain et n’a pas les moyens de le rembourser, la Tora nous dit qu’il sera vendu comme serviteur par le tribunal et l’on remboursera ce qu’il doit avec le produit de sa vente. Au bout de six ans son propriétaire sera obligé de le relâcher, cependant s’il désire rester au service de son maître on lui poinçonnera l’oreille et il le servira pour "toujours", c'est-à-dire jusqu’au prochain jubilé (yovel).

Pourquoi l’oreille ? Rabbi Yo’hanan ben Zakaï en a enseigné la raison : car l’oreille qui a entendu au mont Sinaï "vous n’aurez pas d’autres dieux" et qui s’est quand même asservi à un être de chair et de sang, alors qu’elle soit poinçonnée ! (Talmud Yéroushalmi Qidouchin 1/2)

Nous Voyons de là que la Tora ne voit pas d’un bon œil celui qui préfère la dépendance à la liberté.

Être libre !

Rabbi Nathan de Breslev enseigne :

« La servitude n’a aucun rapport avec Israël ainsi qu’il est écrit : "car les enfants d’Israël sont à Moi, ce sont Mes serviteurs". Celui qui tombe dans la servitude le fait à cause de son manque de connaissance de D-ieu, il est tellement sous l’emprise du temps qu’il en est arrivé à se vendre en tant que serviteur. Alors il faut le prendre en compassion et ne pas le faire travailler plus que six années qui correspondent aux six jours de la semaine. Mais la septième année, qui elle correspond au chabat, il sera libre car le chabat est un avant-goût du monde à venir qui sera au-dessus-du temps » (Liqouté Halakhoth Mila 4)

La première loi dont on parle directement après le don de la Tora est cette loi des esclaves hébreux. Pourtant nous venons de sortir d’Egypte, ne sommes nous pas libres ? Oui et non. Les corps sont libres mais les mentalités ont gardé cette manière de penser propre à l’esclave. C’est pourquoi on en parle dès maintenant.

La Tora n’est pas qu’une série de lois à appliquer, c’est aussi un mode de vie qui appelle l’individu à changer authentiquement ses traits de caractère et à devenir un homme libre : un serviteur de D-ieu.

Car D-ieu est le vrai bon Roi, le fait de Le servir est source d’épanouissement et de bonheur, toute autre source de dépendance ne peut produire que pression et amertume, ce que Rabbi Nathan appelle l’emprise du temps. Les autres sources de dépendance nous les connaissons : la pression sociale, l’argent, le look, le qu’en dira-t-on etc.

Le vrai service divin consiste à donner toute la royauté à D-ieu car Il est le seul vrai Roi et sait ce qui est bon pour nous, Il ne nous abandonnera jamais et ne désire qu’une chose : vivre avec nous dans la sim’ha, la joie, qui est la source de la véritable liberté.

Rabbi Na’hman de Breslev enseigne :

« La raison pour laquelle le monde se tient éloigné de D-ieu et ne se rapproche pas de Lui est le manque de connaissance de D-ieu, on ne s’arrête pas pour réfléchir. Et l’essentiel est de s’efforcer à réfléchir et se demander quelle est la finalité des passions matérielles et des futilités de ce monde, qu’il s’agisse de passions corporelles ou de passions extra corporelles comme la recherche des honneurs. Si l’on faisait cela il est certain qu’on retournerait vers D-ieu. Cependant sache qu’à cause de l’amertume il est difficile d’asseoir sa connaissance. C’est seulement grâce à la joie qu’on pourra faire fonctionner son intelligence comme il le faut et avoir les idées claires. Car la joie est le monde de la liberté comme il est écrit dans Isaïe : vous sortirez d’exil dans la joie ! » (Liqouté Moharan II, 10).

Toute croyance qui crée dans nos esprits une dépendance autre que la dépendance de D-ieu installe en nous une mentalité de serviteur et nous détache de notre véritable essence qui est d’être un fils, une fille de Roi. Si l’on comprend quelle chance nous avons d’être les enfants du Roi des rois et si nous nous remettons à Lui dans tous les domaines de l’existence, notamment en lui parlant régulièrement de toutes les choses qui nous tiennent à cœur, alors nous serons heureux et libres et nos oreilles entendront à nouveau la mélodie du Sinaï : c’est Moi l’Eternel votre D-ieu.

C’est Lui, seulement Lui et nous L’en remercions.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Laura bath Marcella.