Paracha Béchala'h : l'ouverture des eaux de la mer des Joncs


Flash back il y a 3300 ans et des poussières de lunes...

Un peuple sort d’exil. Un peuple, le nôtre. En route vers la liberté, vers une nouvelle existence.

Dans ses veines coule le sang d’un infini espoir, d’un avenir meilleur. Adieu l’Égypte et son idôlatrie, adieu l’Égypte et son culte mensonger, adieu l’Égypte et ses briques, et ses souffrances amères.

Le peuple se met alors en marche, sous la conduite d’un homme, Moché, envoyé d’Hachem pour sauver Son peuple. Et voilà maintenant la mer, qui s’étend à perte de vue. La mer est éclairée par une lune étincelante, qui étale ses rayons dans l’écume des vagues. Le soleil a rendez-vous avec la lune...

Car à l’avant des enfants d’Israël, la colonne de feu s’étend de la terre au ciel, pour les guider. L’eau, le feu, la terre... Et l’air, avec la colonne de nuées qui est postée à l’arrière des camps... Tous les éléments sont réunis, et rien ni personne ne semble pouvoir troubler la joie immense d’être enfin des hommes et des femmes libres.

Un trouble fête au rendez-vous

Quand soudain, tel un oiseau sinistre, il vient : Pharaon. Toute son armée. Et même une partie de son peuple, les survivants des plaies.

Israël face à son destin. En face d’eux, la mer. Derrière eux, l’armée ennemie. À gauche et à droite, le désert et ses bêtes sauvages aux hurlements déchirants la nuit.

Mais au-dessus d’eux, la Chékhina divine, qui les protège, tel un aigle veille sur ses oisillons.

Mais la peur est forte. « Ils crièrent vers Hachem et Hachem entendit ».

Le pas décisif vers la délivrance

Na’hshon de la tribu de Yéhouda s’était avancé, téméraire. Il avait compris que la délivrance finale dépendait de l'émounah shéléma - la foi totale en Hachem. Il se jeta dans la mer et la mer lui céda le passage.

Il avait forcé le miracle, l’avait anticipé. Sans aucun doute. Car le doute safék (240), c’est 'Amaleq (240), celui qui vient attaquer les plus faibles pour emprisonner leurs coeurs dans les ténèbres.

En observant attentivement les lettres, ’amalek peut se lire : ‘a- malek : malek veut dire rompre, et il reste la lettre ’aïn. Contemplez cette lettre : elle est formée d’un zaïn, qui vient se greffer sur un noun.

Foi et subsistance sont reliées !

Les deux lettres forment le mot zan, nourrir.

D’autre part, émounah a une valeur numérique de 102 comme 32 + 70 c’est à dire Lev (32) ’Aïn (70) . ‘Aïn est dérivé aussi de ma’ayan, la source. On comprend alors que la émounah est le cœur - Lev de la lettre ’aïn, c’est à dire son centre.

Et c’est ce petit point, dans le coeur, qui permet la connexion entre le zaïn et le noun, pour former zan, nourrir. S’il n’ y a pas de émounah, il n’ y a pas de nourriture, c’est à dire de Parnassa.

Hachem et Israël

De plus, dans le Cantique des cantiques, mais aussi chez les Prophètes, on retrouve souvent la métaphore de la relation entre Hachem et son peuple sous les traits d’un homme et d’une femme, aux relations, il faut bien le dire, plus que tumultueuses...

Et là aussi, les deux composantes de la lettre ‘aïn nous font penser à cela : la lettre Zaïn représente l’aspect masculin, Zakhar, alors que la lettre Noun est associée à l’aspect féminin, Nékévah. De même, la lettre zaïn « représente » Hachem, alors que Knésset Israël, la communauté d’Israël, est associée à la lettre noun.

Ainsi, le petit point d'émouna qui se trouve dans notre coeur, et qui ouvre la porte à tous les miracles, permet de relier Israël à Hachem. Et c’est seulement en cela qu’il y a connexion.

'Amaleq, l’ennemi de la foi !

Mais ‘Amaleq lui cherche précisément à toucher ce petit point pur, aspect de la petite fiole de ‘hanoucah, pour justement déconnecter le klal Israël de son Père céleste. Alors en chaque génération, des Tsadiqim se lèvent pour combattre ‘Amaleq et insuffler l’espoir et l'émouna en Hachem dans le coeur des enfants d’Israël.

L’ouverture de la mer alors que la situation était à vrai dire désespérée nous enseigne quelque chose d’éternel : quelque soient les obstacles qui jonchent notre chemin, il existe au bout de la route, toujours une solution, un remède, une délivrance.

Hachem ne nous demande qu’une seule chose : « Fais-moi confiance ! » ; « Lève les yeux vers moi et espère toujours. »

La force de l’espoir

L’espoir est comme un feu qui dévore tous les obstacles. On se rend compte alors que les difficultés les plus coriaces n’étaient en fait... que de la paille !!!

Seulement, dans notre obscurité, nous pensions avoir affaire à des montagnes gigantesques...

Et tout se finira en chantant

La première délivrance s’est conclue par un chant : chirat hayam, la délivrance finale s’achèvera elle aussi par un chant : le chant de toutes les âmes délivrées, pareil à des myriades de fils d’or qui s’élèveront dans tous les firmaments, le chant de la guéoulah, le chant de l'émouna.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Israël ben Sara.