Croire en soi (3)


(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Éliyahou Godlevsky, chelita. Pour lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le quatrième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Un certain jour, je me suis trouvé dans un taxi. Pendant le trajet, je discutai avec le conducteur de l'enseignement de Rabbi Na'hman. Je parlai plus précisément des paroles de Rabbi Nathan selon lequel il est méritoire de venir en ce monde même si ce n'est que pour avoir une pensée impudique de moins. Même si le reste de la vie d'un individu est rempli de péchés, s'il est parvenu à contrôler une seule mauvaise pensée de sa vie, il a justifié son existence entière dans l'univers !

Après être descendu du taxi et m'être rendu à mon domicile, je m'aperçus que j'avais oublié quelque chose à l'endroit où le chauffeur de taxi m'avait pris. Je lui téléphonai pour lui demander s'il était encore dans mon quartier.

Un défi de chaque heure

En reconnaissant ma voix, le chauffeur me dit : « Avant que vous me disiez ce que vous désirez, permettez-moi de vous dire quelque chose. Il y a plusieurs années, j'étudiais dans une yéchiva.. Pendant toutes mes années d'étude, j'avais toujours essayé de surveiller mes yeux et de faire attention à ce que je regardais. Après m'être marié, j'ai dû subvenir aux besoins de ma famille. J'ai dû accepter de travailler comme chauffeur de taxi. La vie m'a appris qu'un chauffeur de taxi ne peut pas surveiller ses yeux. En peu de temps, j'ai baissé les bras et je me suis rendu au Yetser Hara'

«Il y a environ deux heures, lorsque vous m'avez parlé et que vous m'avez dit qu'il est méritoire de venir en ce monde ce ne serait-ce que pour avoir une pensée impudique de moins, j'ai décidé de me renforcer. Depuis maintenant deux heures, je suis parvenu à surveiller mes yeux et à réussir tous les tests que le Ciel m'a envoyés. Je sais maintenant qu'il est méritoire de venir en ce monde ce ne serait que pour avoir une pensée de moins !»

Chaque personne à son propre Tiqoun et il ne sert à rien de se comparer aux autres.

À une heure où nous avons mérité de nous retrouver à Ouman, auprès de Rabbi Na'hman, nous devons savoir avant toute chose que le Rabbi ne nous demande rien. Nous avons simplement mérité de venir ici, à côté de son qever (tombe). Nous nous sommes rendus dans un hôpital et la raison est que nous sommes tous gravement malades. Cet endroit n'est pas un hôpital habituel, rempli de personnes avec des doutes, des peurs...

Dans cet hôpital, nous ne dépendons pas d'un docteur qui ne pourra peut-être pas nous guérir et qui ne pourra peut-être même pas savoir avec précision de quoi nous souffrons. Qui n'a jamais rencontré un médecin qui est incapable de trouver le traitement adéquat à notre maladie ? Nous savons tous que les erreurs médicales sont nombreuses et qu'une multitude de traitements ne fonctionnent tout simplement pas.

Cependant ici, à Ouman, nous sommes entre les mains d'un docteur qui est parfait et qui n'a jamais commis d'erreur. Ce docteur est capable d'identifier avec précision chaque maladie dans le monde. Il nous connaît non seulement sous notre forme de vie actuelle, mais il sait également de quelle façon notre âme est liée à celle d'Adam. Il sait dans combien de cimetières nous avons déjà été enterrés ; il sait chacune de nos actions, chacune de nos paroles, de nos pensées et tout ce qui nous arrive.

Dans chaque hôpital, on amène le patient en salle d'urgences. Dans cet endroit, on établit son diagnostique qui permet de savoir ce qui ne va pas ; ensuite, on envoie le malade dans le service qui lui correspond. Dans chacune des pièces, se trouvent des rideaux qui séparent les malades des autres ; chacun est allongé sur son lit. Lorsque le tour d'un malade arrive et que le docteur lui rend visite, certains tests médicaux sont prescrits, d'autres médicaments sont administrés... Certaines personnes peuvent rentrer chez elle après avoir passé seulement quelques heures à l'hôpital, tandis que d'autres sont envoyées directement en salle d'opérations.

Avons-nous déjà entendu parler d'un malade qui se plaindrait au médecin de la sorte : « Pour quelle raison untel est-il rentré chez lui, tandis que je suis obligé de rester ici ? Peut-on m'expliquer pourquoi chaque personne est envoyée dans un service différent ? Ne pourrait-on pas laisser tous les malades ensemble ? » Chaque personne dotée d'un minimum de bon sens comprend que chaque malade est une personne différente et qu'il est impossible de comparer un malade avec un autre.

La même chose se produit lorsque nous venons rendre visite au Rabbi, le grand docteur. Chaque individu vient ici avec ses propres problèmes. Il n'y a aucune raison pour essayer de regarder ce qui se passe de l'autre côté du rideau afin de voir ce qui arrive avec les autres malades. Quelques fois, nous pouvons voir un de nos amis sur la tombe de Rabbi Na'hman entrain de parler à Hachem et de faire hitbodédouth... pendant plusieurs heures. D'autre part, nous pouvons avoir de la difficulté à faire sortir le moindre son de notre bouche ! Pendant que notre ami déverse son cœur au Créateur, le nôtre est sec et notre esprit bloqué.

Nous devons tous nous souvenir que nous sommes ici – grâce a D-ieu – aux côtés d'un grand docteur. Tout ce qui se passe ici se déroule dans la plus merveilleuse des précisions. Ici, vous ne verrez aucune erreur. Quelques fois, le Rabbi voit que le Tiqoun d'une personne consiste à lui « confisquer » son esprit, son cœur ou sa parole. Quelques fois, les trois ensemble lui sont pris ! Ceci est la seule façon de le soigner.

Dans certains cas, pleurer n'est pas la bonne chose à faire ; dans d'autre, le manque d'inspiration fait partie du processus normal pour atteindre son Tiqoun (rectification spirituelle). Ainsi, sans l'un ou l'autre, la personne ne pourrait pas obtenir son Tiqoun. D'autre part, le Tiqoun de notre ami consiste à pleurer sans fin, pendant plusieurs heures. S'il lui venait l'idée de s'administrer votre traitement, cela lui serait néfaste.

Évidemment, tout ceci est également vrai chaque jour de l'année et partout dans le monde.

Nous avons un tel Rabbi – avec un tel élève, Rav Nathan – qui nous permettent, grâce à leur force, d'être forts dans les luttes de notre vie. Nous ne nous rendrons pas ; plutôt, nous continuerons à nous battre et nous nous souviendrons que notre objectif n'est pas forcément de réussir, ni d'atteindre les sommets, mais plutôt, de continuer chaque instant la bataille.

Grâce à cette attitude, puissions-nous mériter une nouvelle année de bénédictions et être inscrits – et notre nom scellé – pour une bonne année, Amen.

Rav Éliyahou Godlevsky, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben chochana.