Bnei Noa'h : les pour et contre d'une conversion (2)


(Yann Caro - lui-même un Ben Noa'h - a eu la gentillesse de partager avec nous ses réflexions à propos d'une éventuelle conversion au judaïsme. Dans le premier article, il présentait les arguments favorables à cette conversion. Dans ce second article, il présente les arguments défavorables.)

Bnei Noa’h et conversion : ne pas s’opposer à Hachem

De très beaux textes de Rabbi Na’hman de Breslev rappellent que chaque être humain peut élever, avec les éléments de la création qui l’entourent, son propre chant vers D-ieu.

Ainsi, tout Juif ou Ben Noa’h relie-t-il dans sa propre langue l’univers à sa source.

Or, reconnaître de lui-même le Créateur est le mérite du Ben Noa’h qui recherche une attitude exemplaire du fait de son émouna (foi).

Dans le judaïsme orthodoxe, le monde non-juif n’est d’ailleurs oublié ni par la tradition 'hassidique, ni pour sa contribution au parachèvement du monde.

On comprend dans ce contexte qu’une conversion, engagement définitif à respecter 613 mitswoth, ne puisse être envisagée qu’avec précaution...

Quand bien même il en retirera une satisfaction personnelle, quel sera, en effet, l’apport d’un Ben Noa’h auparavant respectueux des Sept lois dans toutes leurs implications ?

Mais surtout, comment sera-t-il jugé si, durant son parcours, il délaisse les commandements ? Or, pour qui a pris la responsabilité d’adhérer à la Tora, respecter le Chabbath et les lois alimentaires revêt, comme toute mitswa, une importance particulière…

Il faut aussi prendre garde à ce que de tels changements de mode de vie ne viennent ternir des sources de joie et de respect pour le Créateur : de nouvelles obligations familiales ou professionnelles ne laissent pas toujours de solution acceptable que l’on opte ou pas pour une sécurité matérielle toute relative…

Chaque Non-juif devrait servir D-ieu dès que possible, mais aussi faire preuve de ‘hessed (amour) envers lui-même pour être en mesure d’améliorer le monde dans lequel il vit.

Notons enfin que le Beth Din (Tribunal rabbinique) des Bnei Noa’h de Jérusalem autorise à chacun une célébration appropriée des Fêtes comme l’approfondissement de nombreux textes (certains articles de La pause-café font part de ses conclusions, mais il sera toujours possible, si nécessaire, de demander conseil à un rabbin.)

Quelle que soit sa démarche, il est en effet important de s’en tenir à des sources autorisées : étudier les lois du Chabbath équivaut par exemple pour un Non-juif à s’opposer à la volonté de Hachem, et la « sélection » d’une fraction seulement des enseignements de la Tora a en grande partie conduit aux rivalités sans lendemain ou aux haines que l’on sait…

Puisque le Créateur nous a fait naître ce que nous sommes, ne devrions-nous pas au contraire nous montrer reconnaissants et Le prier pour être orientés vers ce qu’Il attend de nous ?


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Dan ben Rivqa.