À chacun son allure


Question de Deborah :

“Je suis mariée depuis seize années et mon mari et moi-même commençons seulement maintenant à devenir religieux. Je réfléchis depuis quelques temps à l'idée de me couvrir la tête et de porter une perruque, même si nous ne sommes pas encore entièrement chomer Chabath. Que pensez-vous de l'idée de porter la perruque seulement de temps en temps, pendant une période de transition, avant de pouvoir la porter tout le temps ? J'ai agit de la sorte avec les vêtements plus modestes que je porte actuellement. Avez-vous un conseil à me proposer, tandis que je me pose des questions à propos de ma réelle volonté de me couvrir la tête?”

La rabbanite Yéhoudith Golshevsky répond :

“Chère Deborah,

Avant tout, je vous souhaite de continuer à croître et à éprouver du plaisir dans votre aventure qui consiste à approfondir et développer votre respect de la Tora. Puisse D-ieu bénir tous vos efforts.

Grandir et encore grandir...

Vous demandez s'il est convenable de progresser d'une façon graduelle dans votre respect et votre pratique de la mitswa qui consiste à se couvrir la tête. Selon moi, cette mitswa n'est pas différente des autres ; lorsque nous décidons d'être sérieux-ses dans la pratique d'un commandement spécifique, nous commençons le plus souvent par avancer un pas après l'autre dans cette direction.

En règle générale, un développement spirituel est comparable à un développement physique : il s'agit d'un processus progressif et graduel. Au fur et à mesure que nous avançons et que nous nous engageons un peu plus, toutes les mitswoth deviennent ensuite plus facile à réaliser. Évidemment, il est important de faire régulièrement une mise au point personnelle afin d'éviter une autosatisfaction, qui est une autre expression pour dire stagnation. Cependant, à l'exception de ce risque, une allure mesurée et constante est la meilleure recette pour continuer à avancer.

Soyez très heureuse, avec chaque petit pas que vous faites dans la bonne direction. À chaque occasion où cela est possible, essayez d'observer au maximum la loi qui consiste à se couvrir la tête. Cela vous procurera la force de poursuivre votre voyage spirituel. Ceci est le chemin que nous avons appris de Rabbi Na'hman de Breslev : se concentrer sur la force des aspects positifs, ce qui nous permet de croître spirituellement d'une façon encore plus déterminée.

Je voudrais partager avec vous une histoire à propos de ce sujet du Rav Godlevsky de la ville de Bné Braq en Israël. J'adore cette histoire…

Le Rav avait un élève qui était un véritable bourgeon, c'est-à-dire qu'il était au commencement de sa téchouva (de son repentir), de son développement spirituel. Le jeune homme avait commencé à respecter le Chabath, mais il était encore fragile dans ses convictions religieuses. Un certain Chabath, un groupe d'amis vint lui rendre visite afin d'essayer de le convaincre d'aller… à la plage ! Après une longue discussion – et ne pouvant plus longtemps résister à la pression – le jeune homme accéda à la demande de ses “amis”.

Il entra dans la voiture et tous ensemble, ils se dirigèrent vers la plage. Lorsqu'ils arrivèrent au bord de la mer, ils commencèrent à s'amuser et à se baigner. Finalement, ils allèrent vers un bar, afin de partager une boisson bien fraîche. Après avoir acheté un coca cola, le jeune ba'al techouva marqua une pause, prononça une bénédiction à voie haute et digne d'éloges, avant de boire.

Ses amis ne purent s'empêcher de se moquer copieusement de lui.

“Oh ! Quel Tsadiq ! Quelle merveilleuse bénédiction sur un coca cola, le jour du Chabath, à la plage, que nous avons atteint avec la voiture !” Ils continuèrent dans cette veine pendant plusieurs minutes.

Après un certain temps, il répondit : “Que puis-je vous dire ? J'ai commis une faute en venant avec vous, lorsque vous avez tout fait pour me convaincre. Il était trop difficile de résister pour moi. Cependant, prononcer cette bénédiction est une chose facile : pour quelle raison ne le ferais-je pas ?”

Ceci est la leçon qu'il avait appris du Rav Godlevsky, qui est un véritable 'hassid breslev. Aucun péché n'efface une mitswa, et aucune mitswa compense un péché. Hachem (D-ieu) n'est pas un tyran : nous sommes responsables de ce que nous ne faisons pas, mais il ne faut jamais laisser un acte négatif être un obstacle pour notre volonté de profiter d'un bénéfice facile à obtenir, de réaliser une mitswa à notre portée.

Ce jeune homme garda ce principe en son for intérieur et en fin de compte, il devint un ben Tora.

Je suis certaine que vous et votre mari grandirez également et que vous utiliserez votre potentiel au maximum de sa possibilité. Il vous suffit de vous souvenir de ce principe.”


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Tsadoq ben Élodie.