Une retraite pensante


De Rabbi Avraham ben HaRambam (Maïmonide), Sefer HaMaspiq (“Le Guide pour servir D-ieu”), p. 497-501. Même si les notes de bas de page ont été omises, nous avons ajouté les informations nécessaires entre parenthèses.

Le concept de “retraite totale” – c'est-à-dire la séparation de la ville et l'isolation dans un désert, une terre en friche, les montagnes ou tout ce qu'il y a de semblable – est décrit dans les histoires des prophètes et de leurs disciples. Nous désirons vous informer de ces histoires ; peut être, s'agira-t-il seulement de vous les rappeler.

Se séparer du monde


Il est un fait notoire et une tradition qu'il s'agissait de la façon d'agir d'Hanokh, même si cela n'est pas écrit d'une façon explicite. À propos de sa façon de vivre, il est écrit : “Hanokh marchait avec D-ieu” (Béréchith 5:24). Cela signifie qu'il accordait beaucoup de temps à l'errance et à la solitude.

Notre patriarche Avraham dit à ses deux serviteurs : “Moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas, nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous” (ibid. 22:5). Un lecteur attentif déduira qu'Avraham avait déjà l'habitude de se séparer de temps à autre, même des membres de sa propre maison. Il est clair que notre patriarche Yits'haq continua cette pratique spirituelle, tel qu'il est dit : “Yits'haq était sorti dans les champs pour se livrer à la méditation” (ibid. 24:63).

La seule raison pour laquelle les patriarches et leurs enfants – qui suivaient leurs voies – choisirent de garder les moutons, plutôt que d'autres occupations, était que cela leur donnait l'opportunité d'une retraite dans la nature, loin des villes.

Chaque personne dotée de bon sens peut méditer sur la situation de notre patriarche Ya'aqov. Il endura quatorze année à mener des moutons, lorsqu'il travailla pour Ra'hel et Léa, tel qu'il est dit :

“Je t'ai servi quatorze ans pour tes deux filles” (ibid. 31:41). Pourtant, lorsque Lavan lui fit face et lui demanda de quelle façon il désirait recevoir son salaire – “Dicte-moi ton salaire, je le donnerai” (ibid. 30:28) – Ya'aqov ne choisit pas l'argent, l'or ou quelque chose d'autre. Il préféra choisir l'opportunité de retourner mener les moutons – “Tu ne me donneras rien. Accordes-moi la chose que voici : je recommencerai à conduire ton menu bétail, à le surveiller” (v. 31). Il [adopta la vie de berger] malgré les privations, tel qu'il mentionna : “J'étais, le jour, en proie au hâle, et aux frimas la nuit, et le sommeil fuyait de mes yeux” (ibid. 31:40). Cette occupation convenait à son chemin spirituel, tandis que tout autre effort s'y serait opposé, ou empêché.



À suivre...

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Danielle bat Renée Léa.