Soupirer à en mourir


Soupirons-nous souvent ? Soupirer profondément en regrettant ce que nous avons fait, dit ou pensé fait-il partie de notre vie ? Soupirer est précieux car au moment précis où sort de notre bouche un souffle de regret, nous tuons le mal que nous avons fait, dit ou pensé. Cela paraît simpliste ? Pourtant…

Le souffle du regret est l'équivalent de la rougeur qui transforme notre visage en tomate humaine… lorsque personne ne nous voit. Rougir lorsqu'on est pris la main dans le sac n'est pas très méritoire. Il en va autrement de la personne qui rougit – en étant seule – lorsqu'elle réalise la gravité de son action. Celle qui parvient à rougir de sa propre honte atteint un niveau spirituel extrêmement élevé.

Honteux... tout seul

Imaginons la scène : une personne – au beau milieu de la nuit – se lève et réfléchit à ce qu'elle a fait, dit ou pensé au cours du jour précédent. Soudainement, un geste, une parole ou une pensée malencontreuse refait surface à sa mémoire et elle en éprouve une gêne immense. Un soupir sort de sa bouche, une larme peut même couler au coin de son œil. En quelques secondes, cette personne a transformé sa faute en mérite. Ce soupir, cette larme éventuelle, sont tout ce qu'attend D-ieu de nous.

S'il ne faut certainement pas fauter pour soupirer ensuite, il ne faut pas pour autant croire que D-ieu se désespère de nos erreurs et autres détours plus ou moins fréquents. En fin de compte, n'est-ce pas D-ieu Lui-même qui nous a créés avec notre mauvais penchant ? Ainsi, l'essentiel de notre travail consiste à s'opposer à ce dernier et à regretter – au plus haut point – les nombreuses occasions où il a été plus fort que nous.

Voici ce que nous devons crier à D-ieu : “Maître du monde, je Te désirais tellement ! Comment ai-je fait pour chuter, pour me tromper ? Quelle force possède ce mauvais penchant pour m'avoir attrapé-e si bêtement ! Je Te promets que je ne désire plus tomber. Viens à mon aide ! Sans Toi, que puis-je faire ? Ne suis-je pas un vers de terre devant la force extrême du Satan ? Ne m'abandonne pas, je T'en supplie !”

Si cette prière fait suite – ou précède – un soupir véritable, nous pouvons avoir la satisfaction davoir remplit à la perfection le rôle que nous a confié D-ieu. Sans faute, le soupir n'existe pas. Sans soupir, il devient impossible de se rapprocher de D-ieu. Faites vous-mêmes l'équation : sans faute, il est impossible de se rapprocher de D-ieu. Ceci est une des contradictions que l'entendement humain ne peut saisir, comprendre. C'est cela aussi l'émouna (la foi) : croire avec certitude que nous pouvons transformer nos fautes en mérite.

Gardons-nous cependant de soupirer pour le décor : D-ieu connaît le fond de nos pensées. Il n'est pas honteux de se plaindre gentiment au Créateur de notre manque de sensibilité et d'exprimer notre volonté de parvenir – un jour ou l'autre – à sentir au fond de nous cette gêne. Cela aussi fait partie de notre vie. Nos imperfections nous ont été accordées par D-ieu, ne l'oublions pas !

En naissant, chaque personne obtient une garantie à vie : celle d'un service de dépannage immédiat – 24 heures sur 24 et sept jours sur sept – à la condition de saisir le téléphone spirituel que représente le soupir du regret. Le service est impeccable, éternel et gratuit. En quelques secondes, il efface les fautes et les transforme en mérite. Nous aurions tort de ne pas y faire appel !