Paracha Vaéra - Rabbi Nathan de Breslev

Moshe Rabeinu

Dédié à la réfoua chéléma d’Israël Chalom ben Julie Rzala, Alice Aliza bat Maïssa, Lévana Taïta bat Kreina, Rina Brakha bat esther et le rav Mordékhaï Tséma’h ben Mazal.

« Et D-ieu/Elokim parla à Moché et lui dit : je suis D-ieu/Avaya » (Exode 6:2)

Le contexte : à la fin de sa première rencontre avec Moché, non seulement Pharaon refuse-t-il de laisser partir les enfants d’Israël mais il alourdit sévèrement leurs tâches de travail, provoquant ainsi un mécontentement du peuple. Ce mécontentement est orchestré et amplifié par deux sinistres personnages qui ne cesseront de s’opposer à Moché : Datan et Aviram. Ils poussent tellement Moché à bout que celui-ci va vers D-ieu et demande à son tour pourquoi la situation a autant empiré. La réponse se trouve dans les quelques mots de notre verset :

« Et D-ieu/Elokim parla à Moshé et lui dit : je suis D-ieu/Avaya ».

Rabbi Na’hman enseigne dans le quatrième enseignement du Liqouté Moharan : « Lorsqu’un homme sait que tout ce qui lui arrive est pour son bien, il est à un niveau où il goûte au monde futur, comme il est écrit : "je louangerai Avaya et je louangerai Elokim" (Psaumes 56:11). Ceci est un avant-goût du monde à venir.

Nos sages ont objecté à partir du verset "En ce jour D-ieu sera Un et Son nom sera Un" (Zékharia 14:9) : "D-ieu n’est-Il pas Un aujourd’hui ?" Et ils ont répondu : "Aujourd’hui sur une bonne chose on récite la bénédiction hatov véhamétiv (qui est bon et qui fait du bien) tandis que sur une mauvaise on dit dayan haémet (béni soit le juge de vérité). Mais dans le futur il n’y aura que hatov véhamétiv et les noms d’Avaya et d’Elokim seront réunis dans une parfaite unité ».

Avaya, le tétragramme, correspond à D-ieu lorsque la manifestation de Sa bonté est dévoilée. Elokim est le nom de D-ieu qui correspond au fait que Sa bonté est cachée derrière le voile de la stricte justice, génératrice des décrets rigoureux et source des problèmes de la vie. Néanmoins la foi du juif peut lui permettre, déjà dans ce monde, d’unifier ces deux aspects du Nom divin et d’avoir un avant-goût du monde futur, en d’autres termes d’être heureux. Et comment fait-on cela ?

Rabbi Nathan enseigne à partir de notre verset de référence :

« Si tout le monde écoutait la voix des justes authentiques et suivait leur chemin en croyant toujours que ce que fait D-ieu est pour le bien et en Le louant constamment, que les choses soient bonnes ou mauvaises, ainsi qu’il est écrit : "je louerai Avaya et je louerai Elokim", alors il est certain que disparaitraient complètement tous les malheurs et tous les exils, et nous aurions déjà eu la délivrance finale. Mais l’empêchement essentiel de la délivrance collective ou individuelle provient de la multiplication des opposants au Tsadiq, à l’image de Datan et Aviram qui attaquèrent Moché Rabénou » (Liqouté Halakhoth Prika vé té’ina 4:14).

Datam et Aviram représentent des forces négatives qui se trouvent en chacun de nous. Lorsque les choses semblent aller mal elles nous démoralisent en nous faisant croire que D-ieu nous a abandonnés ou que nous ne sommes pas assez importants à Ses yeux pour mériter le bonheur. Ces forces sapent la foi fondamentale que tout ce que fait D-ieu est pour le bien et que je suis Son enfant aimé.

Et comment vais-je exprimer cette foi ? En continuant à louanger Hachem, constamment, même si parfois tout semble s’écrouler. En m’habituant à faire ainsi parce que j’ai confiance dans les paroles du tsadik qui m’apprend que tout est pour le bien, j’ouvrirai la porte à la délivrance et je verrai rétroactivement que toutes mes louanges étaient justifiées.

Prendre un instant…

Parler à D-ieu en commençant par lui dire merci pour tout, quoi qu’il en soit. Car la vérité vraie est que si l’on pouvait voir le bien exceptionnel contenu dans les pires situations, que D-ieu nous en préserve, on louerait Hachem à n’en plus s’arrêter. Mais si l’on pouvait voir cela on n’aurait plus de libre arbitre et ce n’est pas ce que désire le Créateur. En outre, il faudra toujours se rappeler que D-ieu ne désire pas de nos souffrances, elles ne sont généralement que le produit de notre mauvaise utilisation du libre arbitre.

Et puis si j’ouvre les yeux je peux voir aussi de multiples raisons de dire merci, seulement on s’habitue et on oublie. Alors forçons-nous à ne jamais oublier, never again…

Merci Hachem.

Rav Éliyahou Haviv

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Élisa bat Sara.